L. — SÉRUM NORMAL DIGÉRÉ PAR LE BACILLE PROTÉE
Après 24 heures de séjour à l’étuve à 37°, le bacille dysentérique ensemencé dans ce sérum ayant subi l’action du bacille protée donne des repiquages sur gélose et en bouillon, absolument normaux.
Au troisième jour : on obtient sur gélose : quelques colonies, plates, déchiquetées;
en bouillon : un trouble de tout le milieu avec dépôt grumeleux.
A l’examen microscopique, après coloration, on
observe à côté de quelques formes jeunes, de nombreuses formes longues enchevêtrées.
Au quatrième jour : on retrouve les mêmes aspects des repiquages sur gélose : colonies très déchiquetées. Après coloration sur lame : prédominance des formes longues, nombreux éléments bacillaires, granuleux, -“dés de leur protoplasme.
Au sixième jour : le bacille dysentérique réensemencé sur les milieux ordinaires ne donne pas de culture : ni sur gélose, ni en bouillon.
Nous remarquons que le bacille dysentérique ensemencé dans nos milieux albumineux donne des cultures sensiblement égales à celles du bacille typhique dans les mêmes milieux.
Nous retrouvons ici, avec le blanc d’œuf pur, dilué au 12, le sérum normal pur et dilué, ces formes d’ectylose et d’endolyse : bacilles très allongés, formes granuleuses; ces repiquages après 24 heures de séjour à l’étuve donnant sur gélose de rares colonies déchiquetées, et en bouillon, des cultures agglutinées. Et les mêmes milieux coagulés fournissent par contre, au bacille dysentérique, un terrain de culture extrêmement favorable où nous le retrouvons après un mois de séjour à l’étuve, sans modifications.
Le blanc d’œuf et le sérum normal digérés par le bacille Protée agissent moins rapidement sur le bacille dysentérique, qu’à l’état purs. Les repiquages des premiers jours donnent des aspects sur gélose et en bouillon, normaux. Ce n’est que vers le troisième jour
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qu’apparaissent les colonies déchiquetées sur gélose, et le sixième, septième jour, le bacille ne pousse plus sur les milieux habituels.
Nous avons vu que dans les dilutions au 142 d’albumine et de sérum, avec l’eau physiologique, il n’y avait aucune modification dans l’action bactéricide de ces milieux, ni sur le bacille dysentérique, ni sur le bacille typhique. Monsieur le Professeur Binet et Mme Jeramec ont étudié laction des solutions de blanc d'œuf diluées au 1/:0 : le pouvoir bactéricide de l’ovalbumine est conservé et ces auteurs ont observé les mêmes formes d’attaque de l’ectoplasme et de l’endoplasme de la cellule bactérienne. « Le séjour en eau physiologique avec 1/10 d’albumine d'œuf, nous a donné après trois ou quatre jours, des altérations nettes ». « M. le Professeur Binet et Mme Jeramec ont, de plus, tenté par des passages successifs dans les filtrats de dilution d’ovalbumine d'obtenir la lyse transmissible : Ces passages en filtrat n’ont donné aucune transformation des bactéries, aucune lyse, même partielle ». L’attaque du blanc d’œuf sur la bactérie n’est donc pas une lyse transmissible.