I QUININE
' La découverte de la quinine est due à Pelletier et Caventou, et remonte à 1820. La composition centésimale de cette base a été établie par Liebig et Régnault. Strecker a proposé la formule admise aujourd’hui :
Elle existe dans les écorces de quinquinas, particulièrement dans celles des quinquinas jaunes; les quinquinas rouges contiennent un mélange de quinine . et de cinchonine ; les quinquinas gris renferment surtout de là cinchonine ; les quinquinas blancs donnent de l’aricine et presque pas de quinine et de cinchonine.
Les écorces dec cinchonas {Calisaya Pitaijensis et Leclgeriana) sont spécialement recherchées pour l’extraction de la quinine.
Propriétés chimiques et physiques. —La quinine est anhydre ou hydratée.
La quinine anhydre peut être obtenue cristallisée sous forme de longues aiguilles brillantes ; quand on dissout l’hydrate de quinine très pur dans de
l’alcool dilué et que l’on maintient la liqueur pendant une huitaine de jours dans une étuve à 30°, les cristaux se ,déposent alors lentement.
Lorsqu’on opère sur de l’hydrate -de quinine imparfaitement purifié, on n’obtient pas ce résultat. On obtient de la quinine anhydre en traitant par le ; chloroforme la quinine hydratée. i
La quinine anhydre fond à 177°. Elle se dissout très bien dans l’élher et assez bien dans l’alcool dilué, l’éther de pétrole et la benzine. Ces deux derniers dissolvants l’abandonnent cristallisée par évaporation. L’eau chaude la laisse déposer en cristaux par le refroidissement.
On a indiqué quatre hydrates de quinine. L’existence de deux paraît dou- i teuse. Celui qui-est le mieux connu a pour formule C''“H'‘As'0^-|-3 IPO". Il | cristallise dans l’alcool chaud en cristaux ressemblant à ceux du sulfate de ' ; quinine; il fond à 57° en perdant de l’eau de cristallisation et en se transformant en quinine anhydre ; il est soluble dans l’éther. Il se forme quand on ajoute un excès d’ammoniaque ou de soude diluée à un sel soluble dequinine et qu’on laisse le précipité un certain temps en contact avec l’eau mère.
L’hydi’ate C'‘°H^'^Az^O''-j-11^0^ s’obtient, d’après Van Heijningen, en abandonnant à l’air de la quinine récemment précipitée et bien lavée, et; selon Hanamann, en précipitant par l’ammoniaque une solution chaude de qui- . nine. .
Un grand nombre d’auteurs ont examiné la solubilité de la quinine dans divers dissolvants. Les chiffres indiqués sont en désaccord, ce qui lient évi-
demment à ce que les observateurs ont opéré sur des quinines plus ou moins hydratées ou même anhydres et peut-être d’une pureté douteuse. Nous nous contentons d’indiquer les chiffli’es donnés. .
D après Pelletier et Caventou, l’eau bouillante ne dissout que S/1000 I de quinine desséchée. L’eau froide en dissout encore moins. D’après d’autres chimistes, cette base est soluble dans 400 parties d’eau froide et ISO parties d eau bouillante. Fausto Sestini affirme que 1 gramme de quinine exige ! 166.7 c. c. d’eau à 20“ et 90.2 c. c.’ à 100° pour se dissoudre, ou que
1 gramme d’hydrate de quinine avec SH-Q- en exige 142.8 c. c. à 20° et 773.4 G. c. à 100°. D’après le même auteur, les alcalis diminuent la solu- ; bihté de la quinine, la soude plus que la potasse. Une lessive de soude renfermant 1/6 d’alcali ne dissout pas la quinine.
^ Draggendorf admet que 1 partie de quinine se dissout dans 1,167 parties d’eau distillée bouillie et froide, dans 2 parties d’alcool bouillant, dans 60 parties d’éther sulfurique et dans 1 partie 818 de chloroforme.
Selon Régnault, 1 partie de quinine chimiquement pure se dissout dans 2,266 parties deau à 15‘’ et dans 760 parties d’eau bouillante; la même quantité de quinine se dissout dans 1 partie 33 d’alcool à 13°, dans 22 parties 032 d’éther sulfurique pur à 13°, et 1 partie 9,239 de chloroforme à 13".
D’après liesse, la quinine'anhydre fusible à 177° se dissout à 13° dans 1,960 parties d’eau. La quinine anhydre ou la quinine hydratée a la même solubilité dans l’éther. La quinine anhydre séparée de la solution éthérée est très soluble dans le chloroforme; 100 parties de chloroforme en dissolvent 37 parties 47 ; elle est soluble dans 30 parties de benzine bouillante et 200 parties de benzine à 13°.
La quinine po.ssède aussi la propriété de se dissoudre dans certaines huiles essentielles et dans cértaines huiles grasses.
La solution aqueuse dévie à gauche le plan de polarisation de la lumière. Ge pouvoir rotatoire diminue avec l’élévation de température et augmente en présence des, acides.
En solution alcoolique (80°) à 3 p. c.„le pouvoir rotatoire dépend de la nature du sel en solution et de la proportion d’acide employé. La quinine dans sa combinaison à . molécules égales avec l’acide sulfurique possède le | même, pouvoir rotatoire que la quinine en dissolutic lans l’acide concentré. ' (Otto.) Par dissolution du sel neutre dans l’acide sulfurique, ou a cru constater que le sel neutre no passe pas immédiatement à l’état de sel acide* La transformation s’opérait peu à peu, et ce n’est qu’au bout d’un certain temps que l’on constate une augmentation de la déviation.
G. Bouchardat na point obtenu ce résultat. Il admet au contraire une : diminution du pouvoir rotatoire.
La quinine en solution chlorhydrique donne une déviation moindre qu’en solution-sulfurique.
Le pouvoir rotatoire de la quinine dépend donc de la nature et de la quantité du dissolvant, ainsi que de la température. (0. liesse.)
On doit partager pleinement l’opinion de Hesse :
Les déterminations des pouvoirs rotatoires des alcaloïdes du quinquina ne présentent aucune garantie dans le cas de mélange d’alcaloïdes; pour des alcaloïdes purs, elles doivent être effectuées dans des conditions en tous points identiques pour conduire à un résultat utile.
La quinine se dissout dans les acides étendus en donnant des liqueurs qui possèdent une belle nuore.scence bleue quand les acides employés sont les acides sulfurique, azotique, pliosphorique, acétique ou tartrique. Cette fluorescence disparaît par addition d’acide chlorhydrique, bromhydriquc, iodhy- , drique, ferrocyanliydrique, et par l’action des hyposulfites.
I Action des acides. — L’acide azolique dissout la quinine sans la colorer. ; i A chaud, la solution donne de l’acide pyridinodicarbonique. , -
i Lorsqu’on traite la quinine en hnblc quantité par un mélange à volumes égaux d’acide sulfurique monobydraté et d'acide azotique concentré, en'ayant soin d’opérer dans un mélange réfrigérant, on obtient la dinitroquinine après quelque temps de contact et addition d’eau, si on précipite par l’ammoniaque; c’est un composé amorphe, soluble dans l’alcool, très peu soluble dans l’éther et dans l’eau ; il ne donne pas avec le chlore et l’ammonuaque la coloration - verte de la quinine.
■ Quand on chauffe à 140-150", pendant huit à dix heures, 10 grammes de ^ chlorhydrate de quinine avec 50 c. c. d’acide çhlorhydrique de densité de 1.25, il se forme l’apoquinine en même temps, que de l’éther méthylchlorhydrique. L’apoquinine est une poudre amorphe, fusible en se colorant à 160", assez soluble dans l’alcool, l’éther, le chloroforme,.à peine soluble dans l’eau froide et très soluble dans l’eau bouillante. Ses solutions acides ne sont pas fluorescentes; elles possèdent une amertume marquée et donnent faiblement , avec le chlore ,et l’ammoniaque la coloration verte de la quinine. Les sels qu’elle forme avec les acides sont généralement amorphes. En traitant l’apo- : i quinine par l’anhydride acétique à 60-80", on obtient la diacétylapoquinine, - ! qui est une poudre amorphe possédant en solution sulfurique une fluorescence' bleue et donnant avec le chlore et l’ammoniaque la réaction de la quinine, j Si on chauffe pendant six à dix heures à 140-150" de la quinine et de l’acide chlorhydrique, on forme Yhydrochlorapoquinine. On obtient la même base en chauffant pendant six à dix heures à 140-150" de l’apoquinine et de l’acide chlorhydrique saturé à — 17 ". L’hydrochlorapoquintne traitée par l’anhydride acétique à 60-80" donne la diacélylhydrochlqrapoquinine qui cristali lise en prismes.
; De la quinine anhydre se dissout dans le chlorure benzo'ique-avec éléva-,. tion de température. Par addition d’ammoniaque, on précipite de la benzoylquinine. . -i
L’acide sulfurique fumant dissout la quinine. Au bout de quelque temps,;, cette dissolution ne précipite plus par l’ammoniaque. 11 s’est formé une corn-,
binaison sulfo-conjuguée, l’acide sulfoquinique.
Sous l’influence du zinc et de l’acide sulfurique, la quinine fixe les éléments
,de l’eau et donne IV ;;Jroquinine
Lorsqu’on fait bouillir avec de la quinine ou du sulfate de quinine, addbv, tionné d’un peu d’acide sulfurique, de l’oxyde pur de.plomb, l’acide sulfurique étant étendu et ajouté goutte à goutte, il se forme un produit rouge qui e.st
i de la quinétine. ..
1 Chauffée en présence d’un excès d’acide sulfurique, la quinine se transforme ! en un alcali isomère, la quinicine.
I Lorsqu’on broie la quinine avec l’iode, on obtient une matière brune amorphe contenant 8 p. c. diode.’
Quand un courant de chlore est dirigé dans de l’eau tenant en suspension de la quinine, on obtient une solution rouge qui se décolore en déposant une substance rouge, soluble à chaud dans les liqueurs acides, et précipitant en partie par le refroidissement. Elle est soluble dans l alcool et cristallisable par évaporation spontanée en prismes microscopiques.
Si l’on prend la quinine en solution sulfurique et qu’on y ajoute de leau chlorée, puis de l’ammoniaque en excès, il se produit une coloration verte caractéristique. (Brandes.)
Cette réaction peut être faite dans des conditions différentes ;• au chlore, on peut substituer une dissolution d’hypochlorite, ou mieux d’eau bromée. ^
Il est important pour réussir de n’opérer que sur de petites quantités de quinine ; il est utile de la dissoudre dans le moins d’acide possible. Quand on verse l’eau chlorée, on remarque que la fluorescence disparaît peu à peu ; la quantité d’eau chlorée ajoutée est suffisante quand la solution sulfurique de quinine cesse d’être fluorescente. Quand on fait usage d’eau bromée, on en verse dans la solution alcalo'idique jusqu’à coloration jaune.
L’addition d’un excès d’ammoniaque donne alors le composé vert que Brandes et Leber ont nommé tKalléochine.
Si, après addition d’eau chlorée ou d’eau bromée, on ajoute au sulfate.de quinine quelques gouttes d'une dissolution de ferrocyanure de potassium, puis avec soin et goutte à goutte de l’ammoniaque, il se développe une magnifique coloration rouge groseille. Ce caractère est plus sensible encore que celui tiré de la réaction du chlore et de l’ammoniaque.
Un composé basique résulte de l’action de la potasse sur la qui¬
nine; c’est un liquide épais, à peine soluble dans l’eau.
D’après Schwarzer, la coloration rouge obtenue avec le sulfate de quinine est semblable à céllè que donne, dans les mêmes conditions, le sulfate de qui- i nidine; mais la coloration due à la quinine se détruit d’elle-même assez rapi- ^ dement, tandis que celle du sulfate de quinidine se maintient à l’état de dépôt volumineux et persistant.
Par électrolyse, la quinine est attaquée : le courant électrique n’agit que difficilement sur une solution de sulfate basique de quinine, tandis qu’il- agit facilement sur le sulfate neutre. Le compartiment positif prend une colora- i tion rouge qui finit par devenir très foncée; le gaz positif consiste en un ^ mélange d’oxygène,, de gaz carbonique et d’oxyde de carbone. (Bourgoin.) I • Une solution alcoolique de quinine donne avec un excès d’azotate d’argent ammoniacal un précipité gélatineux de quinine argentique'
Dérivés alcooliques de la qumine. - Strecker ,\n faisant réagir de la quinine sur 1 elher méthyliodhydrîque en solution éthérée à la température oîdi- ' naire, a obtenu, après quelques heures de contact, de l’iodure de méthylquinine en cristaux brillants. ^ ^
ll esl décomposé par Itayde dVgenl ea donnant une nouvelle base,
I ydiate dosyde de metliylquinine; mais parébullilion avec les alcalis, une ess.ve de potasse on de l'eau de baryte, une transposition s'opère et il se forme une niéthylquinine qui, en présence d'acide iodhydrique, donne un
corps isomère de l’iodure de méthylquinine. -
obtaneTiw l’aspect de tables jaunes, a été obtenue à létal dtodure en faisant bouillir un mélange d'iodure de méthyl-
quinine, dether méthyliodhydrique et d’alcool. ^
yiodure d'élhylqninlne s'obtient par l'action de la quinine sur l'éther éthyl-
lodbydrique. C est un sel cristallisé en aiguilles brillantes.
Skraup a obtenu l'iodure de diélhylquinine en chauffant de la qninine i ' ayec de léther iodhydrique et de la potasse; Cet Mure est en tables mono- ’ Cliniques jaunes. j
Pour avoir l'iodure de méthyléthyiquinine, on fait bouillir de l'iodure de ’ Mlhylquinine avec de l'éther éthyliodliydrique'et de l'alcool; il cristallise ' ’
dans 1 eau en cristaux plats, jaune d’or.
averV°'l'''‘,h"‘“ u’°ï'‘'™' d" chlorhydrate de quinine i
avec de 1 ortho ou de la paraloluidine. ’ - i
Dérivés formé, ma la mdtémxiacUes. - L'acétylquinine est un corps ! amer, polarisant la lumière à gauche et donnant avec le chlore et l'aramo- i niaqne la meme coloration verte que la qninine. On l'obtient en cliaulîanl un i mélange de quinine et d'anhydride acétique à 70 80-. L'éther l'abandonne par ' évaporation en cristaux prismatiques brillants. ^
hertl'"™?'''"!” s ^ "" P“‘' '
berger en faisant réagir la qninine et le chlorure benzoïque
à sLl?'elf''’"!"'”' "■l’a* “ S™"''* rhombiques
“r l'alcool, l'éther et le chloroforme
chWlXrdrquTnir"' ^ ««•«0»'--^Vdridepropion,quesurle
^Combi,misons formées pur h qmnme mee les carbures et avec les phéwls
toluèL’ 07 ' »" du moins à la benzine et an |
toluène, elle se combine aussi aux phénols '
La henzoylquinine crislalllsc en aiguilles qui semblent être du système i
Iriclirüqüel eile se forme par action de la benzine i)ouillante sur la (luinino. |
La toluolquinine est un composé préparé comme le précédent, auquel elle ! est tout à fait comparable par l’ensemble de ses propriétés.
L’anisolquinine est en cristaux très peu solubles dans l’alcool à froid, facilement solubles à chaud et extrêmement solubles dans l’éther. On l’obtient en dissolvant dans l’alcool bouillant et concentré 2 parties de quinine et 1 partie d’essence d’anis.
I L’eiigénolquinine se présente sous la forme de longs prismes brillants et i soyeux; elle se forme en dissolvant dans l’alcool bouillant.de la quinine et de ! l’essence de girofle.
La phénolquinine est cristallisée ; elle a été obtenue par Romei en dissol- : vant dans l’alcool 8 parties 72 de sulfate de quinine et 3 parties de pbénate ' • de potasse et en mélangeant les deux solutions. On attend vingt-quatre heures •
' pour séparer le sulfate de potasse formé et on évapore le liquide à une douce ; chaleur.
Üels de quinine. — La quinine se .combine aux acides et les neutralise parfaitement. -
Los sels de quinine sont généralement fort solubles dans 1 alcool ; quelquefois, ils se dissolvent aussi dans l’éther. Ils sont ordinairement moins solubles :
■ i dans l’eau que les sels de cinchonine corre.spondants.
I Leur saveur est amère.
i Les sels de quinine précipitent en blanc par les alcalis caustiques, les car- ;
' bonates et les bicarbonates alcalins. Le précipité est insoluble dans un excès de réactif, il est même beaucoup moins soluble dans les solülions alcalines que dans l’eau. Le tannin précipite la quinine de ses sels.
Les sels formés avec un acide contenant de l’oxygène donnent ordinaire- ] ment des solutions fluorescentes, tandis que les hydracides, les acides ferro et i sulfocyanhydriques donnent des solutions non fluorescentes. 11 en est de , même de l’acide hyposulfureux. Les chlorures, bromures, etc., amoindrissent , j ou font même disparaître la fluorescence.
Varséniate est en longs prismes iflcolores solubles dans l’eau bouillante, j Varsénite est un sel blanc insoluble dans l’eau et soluble dans l’alcool. Il I se forme en faisant digérer de la quinine récemment précipitée avec une solu- I tion alcoolique d’acide arsénieux.
i:azotate est cristallisé en prismes rhombiques incolores. On précipite le sulfate de quinine par l’azotate de baryte. On filtre et on évapore.
Le bromhydrate de quinine basique cristallise en aiguilles blanches groupées en houppes soyeqses. H est soluble dans 60 parties deau froide, et très soluble dans l’eau chaude. Sa solution ne doit pas troubler celle d’un sulfate soluble. Pour le préparer, on opère comme suit : 10 grammes de sulfate de quinine sont délayés dans 80 c. c. d’eau, on porte à l’ébullition et on ajoute 3®''80 de' bromure de baryum cristallisé dissous dans , 20 c. c. d’eau. Le précipité formé est séparé par filtration et la liqueur limpide est évaporée et abandonnée à la cristallisation.
Le bromhydrtite neutre est en beaux cristaux prismatiques très solubles dans l’eau bouillante et dans l’alcool. Ces cristaux deviennent souvent j aunâtrès. On dissout 10 grammes de sulfate de quinine dans 50 grammes d’eau additionnéede 11 c. c. 2 d’acide sulfurique à 1/10, et on faitdissoudre 7®''60de bromure de baryum cristallisé dans 25 grammes d’eau. Les deux solutions sont mélangées, maintenues quelques instants à l’ébullition et filtrées. La solution est évaporée à 35 grammes et donne par refi’oidissement le sel cristallisé.
h& chlorate est un sel très soluble dans l’eau bouillante et se sépare par le ; refroidissement à l’état laiteux; des globules se forment, puis deviennent , vitreux et finalement cristallins. j
Chauffée avec un peu d’acide chlorhydrique, la solution de chlorate de qui- ; nine donne du chlore qui réagit .sur la quinine; l’addition d’ammoniaque |
donne alors une coloration verte.
j Ce sel s’obUenl en satiiranl de l'acide ciilorique par la quiarne II se pré i j ; sonie sous la forme de prismes déliés, fusibles par la eliaieur en un liquide • , j meolore qui. refroidi, se Iraosforme en un vernis Iransparenl. Quand on le ^ i , Chauffe trop Ibrlemeiit, il détone avec violeuce. h
: , Le chloraumte cristallise en prismes. Il est insoluble dans l’eau. ! j
Le eUorhtjdmte hmique eristallise en longs prismes soyeux, solubles dans I !
I acide ehlorliydrique, qui l'allére en le transformant en produits résineux 1 '
Une partie se dissout à 100» dans 39.1 parlies d'eau. Il est très soluble! dans 1 alcool et clans le chlorqforme. i
Le chlorhydrate basique de quinine est le plus stable de tous les sels de I quinine; il ne s’effleurit pas à la température ordinaire, mais il perd un équi ' ' va ent d’eau quand on le chauffe à 50» environ; à 100», il devient anhydre. ' ‘ Calciné sur la lame de platine, il brûle sans laisser de résidu. 100 pm-tiesi ^ renferment 81.71 de quinine et 9.08 d’eau. Ce sel doit se-dissoudre sans î ^ coloration appréciable dans l’acide azotique et dans l’acide sulfurique con-' centré. Sa solution aqueuse à 5/50 présente une réaction alcaline; elle n’est I ! pas fluorescente, meme quand on vient de la saturer, elle est lévogyre. Elle ’ doit rester limpide après addition d’acide sulfurique dilué et louchîr à peine i j quand on la traite par la solution acide de chlorure de baryum ; elle ne doit I : pas se colorer par l’eau de chlore. Chauffée avec un excès de soude diluée, | i
elle ne doit pas dégager de vapeurs ammoniacales bleuissant le papier de! : tournesol. ' h
Un gramme de chlorhydrate basique pur dissous dans 40 grammes d’eau ' distillée tiède, puis additionnée de 1 gramme d’oxalate neutre d’ammoniaque, ! ■ donne, après agitation et refroidissement à + 15», une liqueur qui filtrée ne!
! se trouble pas par l’addition de quelques gouttes d’ammoniaque. ! .
Ce chlorhydrate, est obtenu en dissolvant à chaud la quinine dans un léger ' excès d’acide chlorhydrique faible. Le sel basique se sépare par le refroidisse- j ment. j
On le prépare aussi par double décomposition entre le sulfate et le chlo-j rure de baryum; ce procédé est préférable. |
Le chlorhydrate neutre est cristallisé. Il est décomposé par l’eau en acide | chlorhydrique et s^ basique.
On l’obtient en traitant la quinine par un excès d’acide chlorhydrique con- i !
centré. , '
II se forme encore en faisant absorber à la quinine anhydre deux molé- ’ '
cules de gaz chlorhydrique. j ■
Grafmghoff a obtenu une combinaison de chlorhydrate de quinine et de' chlorure de zinc. Ce chlorozincate de quinine (C^°^U^A.^^0^2IICIfZn^CF-[- I 2H^O^cristaIlise en prismes fins du système quadratique; dissous dans l’acide chlorhydrique étendu, il se transforme en (C‘‘°H®‘‘A;5^0\3HCIfZn®CP-f-3H^0® qui cristallise en fines aiguilles assez solublesdans l’eau et dans l’alcool. Ce sel a été qualifié chlorhydrate acide de chloro-zinc-quinine. On obtient le même sel en remplaçant, dans la préparation du chlorozincate de quinine, le chlorhydrate neutre de quinine par un mélange de chlorhydrate neutre de quinine et d’acide chlorhydrique.
Le chlofomercurate affecte la forme cristalline; il est très peu soluble dans l’eau froide et dans l’alcool.
Il se forme quand on dissout, dans falcool concentré, parties égales de quinine et de sublimé. Les solutions sont faites séparément et la solution,de quinine est additionnée d’un peu d’acide chlorhydrique.
Le chloroplatmate est cristallisé en prismes orangés. Il se forme lorsqu on ajoute, à une solution de chlorhydrate neutre de quinine, une solution de chlorure platiniqùe.
Le fluorhydrate, obtenu en évaporant à siccité sa solution aqueuse, forme une masse très déliquescente composée d’aiguilles groupées en faisceaux.
Lhyposulfate est cristallisé. On l’obtient en précipitant à chaud une solution de sulfate de quinine par une solution d’hyposulfate de baryte.
L'hyposulfiie, en solution dans l’alcool bouillant, cristallise en belles
aiguilles par le refroidissement. Il se forme en versant une solution d’hyposulfite de sodium dans une solution de chlorhydrate'de quinine.
lodates. — D’après Séru!las, il existe deux combinaisons de l’acide iodique avec la quinine : 1° une combinaison, assez soluble dans l’eau et cristal- ; lisant en aiguilles soyeuses, obtenue en sursaturant l’acide iodique par la quinine ; 2° une autre combinaison obtenue en ajoutant un excès d’acide ^ iodique à la solution du sel précédent et qui forme un iodate peu soluble : dans l’eau. 1
Viodhydrate acide cristallise en grandes lames d’un beau jaune et est j fort acide; il existe aussi sous forme de prismes. Il se forme en présence j d’un excès d’acide iodhydriqiie.
L’iodhydrate basique se présente sous forme d’aiguilles fines peu solubles dans l’eau, très solubles'dans l’alcool. On l’obtient en saturant l’acide iodbydrique jiar la quinine.
Le periodate dissous dans l’alcool cristallise par évaporation lente en petites aiguilles peu solubles dans l’eau. Il se forme en abandonnant, à 40”, i une solution.alcoolique d’acide périodique saturé dq quinine. |
Le phosphate forme des faisceaux d’aiguilles solubles dans 784 parties . i d’eau à 10”. 1
Sidfates de quinine. — La quinine s’unit à l’acide sulfurique en plusieurs ! proportions. On connaît trois combinaisons ; le sulfate basique, le sulfate j neutre et un sulfate signalé par Hesse et contenant une molécule de quinine i combinée à deux molécules d’acide sulfurique. Le sulfate basique est le plus i important des sels de quinine. Il constitue à peu près la seule forme sous laquelle ce puissant fébrifuge est employé en médecine. Nous lui consacrons une étude aussi complète que possible.