SCÈNE IV
|RSINOÉ, ALCMÉON.
ALGMÉON.
Au temple protégé par mon ordre sévère , Vous attaquez des droits qu'il faut que je révère. Qu'y venez-vous chercher? quel ordre inattendu Soulève le tumulte en ces lieux répandu ? Expliquez-vous enfin.
ARSINOÉ
OÙ la lutte est égale , Je viens ou couronner ou perdre ma rivale. Elle règne par vous, je régnerai par moi. Si je suis forte assez pour vous faire la loi.
ALGMÊON.
Vous êtes disposée à vous armer contre elle ? A combattre les vœux d'une ardeur mutuelle ?
ARSINOÉ
Dites : aux plus constants et plus justes efforts, Pour repousser des nœuds suivis de prompts remords.
ALCHÉOli.
Epouse indigne ! Eh quoi 1 la colère céleste M'opposera toujours la chaîne de l'inceste , Pour étouffer l'orgueil du penchant vertueux Dont j'ai conçu l'amour dans vos horribles nœuds ? Mais, pour en triompher, où donc est votre mère ? Qui vous donna le jour? L'assassin de mon père. Et vous osez braver et votre souverain , Et l'époux que l'horreur chasse de votre sein? Cessez de l'espérer.
ARSINOÉ
Fils, époux infidèle, Reconnais, il est temps! ta chaîne criminelle ; Après que ta vertu s' armant , quoiqu'à regret , A des ordres d'un père étouffé l'intérêt. Retrouvant aujourd'hui la fierté dans ton âme , Tu viens prier le ciel pour ta nouvelle tlamme. Prévenu jusqu'ici de tes faits immortels , Pour un crime plus noir il t'appelle aux autels ; Et je le poursuivrai, fils ingrat et parjure. Jusqu'à ce que la honte ait lavé mou injure , Et que de tes remords mes désirs satisfaits , Aient enfin de la mère expié les forfaits.