SCÈNE PREMIÈRE
ARSINOÉ, TÉLÉNUS.
ARSINOÉ
V/uELLE infortune, ô ciel! A quelle destinée Voîs-je de mes malheurs la course terminée? A peine unie à lui, je possède un époux, Je le vois contre moi déchaîner son courroux. Il me prend en horreur, et pour moi ne s'empresse Qu'il n'ait par d'autres nœuds démenti sa tendresse. Callirhoè bientôt l'objet de son amour , Ne respire, ne vit que pour m'ôter le jour. Vous-même à ses destins promis par l'hyménée L' allez à d'autres nœuds voir sans honte enchaînée. 0 ciel ! Se pourrait-il ? L'horreur de mon affront Devrait d'un frère aimé faire rougir le front? Je vous ai rappelé pour revoir la princesse, N'arrêterez-vous point un espoir qui vous blesse?
TÉLÉNUS.
Je l'ai vue, et malgré mes soins pour l'ébranler N'ai vu que sa hauteur prête à vous égaler.