‹ Alexandre Dumas. [Edité par] Hippolyte ParigotChapitre 86 sur 95 · ON SECTIONNAIRE · texte numérisé non relu

ON SECTIONNAIRE

Quoi qu'il dit?... quoi qu'il dit?

MAURICE

Il dit que, si Tépaulette ne l'ait pas respecter l'officier, le sabre fera respecter l'épaulelte... (n saisit

Rocher par le collet de sa carmagnole, lui fait, en le séparant de sa troupe, faire trois pas en arrière, et lui appuie la pointe de son sabre

sur la poitrine.) La!... Maintenant, causons comme deux bons amis.

RUCHER

Mais, citoyen!...

MAURICE

Ah! prends garde, l'ami! car je te préviens qu'au moindre mouvement que tu fais, qu'au moindre geste que font tes hommes, je te passe mon sabre au travers du corps... Tu m'as demandé qui j'étais; je vais te le dire. Je me nomme Maurice Linday; je demeure rue de la Monnaie, n° 10; j'ai commandé une batterie de canonniers au 10 août; je suis lieutenant de la garde nationale et secrétaire des Frèreset Amis. Cela te suffit-il?

ROCHER

Ali! citoyen, si tu es réellement ce que tu dis, c'est-à-dire un bon patriote...

M WltICE.

Je te le disais bien, que nous finirions par nous

entendre. Maintenant, réponds à ton tour! Pourquoi cette femme criait-elle, et que lui faisiez- vous?

rocher.

Nous la conduisions au corps de garde.

MAURICE

Et pourquoi la conduisiez- vous au corps de garde?

no CHER.

Parce qu'elle n'a point de carte de civisme. Oubliestu que la patrie est en danger et que le drapeau noir flotte sur l'hôtel de ville?

MAURICE

Le drapeau noir flotte sur l'hôtel de ville, et la patrie est en danger, parce que deux cent mille esclaves marchent contre la France, et non parce qu'une femme court les rues de Paris passé dix heures!... Mais n'importe! puisqu'il y a un décret de la Commune, citoyens, vous êtes dans votre droit... Si vous m'eussiez répondu cela tout de suite, l'explication eût été plus courte et moins orageuse. Maintenant, emmenez cette femme si vous voulez, vous êtes libres.

GENEVIÈVE, qui. profilant de la liberté, s'est approchée peu à peu de Maurice, et lui saisit le bras.

Ah! citoyen, au nom du ciel! ne m'abandonnez pas à la merci de ces hommes grossiers et à moitié ivres!

MAURICE

Soit; prenez mon bras, et je vous conduirai moimême au poste.

Au poste! au poste! et pourquoi, puisque je n'ai fait de mal à personne?...

MATRICE

Non; niais on suppose que vous pouvez en faire. D'ailleurs, un décret de la Commune défend de sortir sans carte, et, si vous n'en avez pas...

CENE VI EVE

Mais, monsieur, j'ignorais...

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