Le Pays. N» du 9 février
Mme péry, M^e Lebreton, M. Paul. On n'en compte pas moins d'une douzaine dans le dossier (Iharavay, souscrits uniformément, à l'exception d'un seul, pour la somme de deux cents {rancs. Nous en avons vu un autre à la date du 1^^ septembre 1846, au nom de MM. Chapron et Dubois, dont le total de leur créance sur elle pour fournitures de lingerie était de 1.449 francs.
On ne peut assurer pourtant que cet expédient ait été désormais le moyen ordinaire de parer aux besoins d'un état qui ne se décidait pas aux retranchements indispensables.
Ainsi, quelques semaines avant sa mort, passe-t-elle à M. Marié, orfèvre, 4, boulevard des Italiens, à qui elle doit déjà 810 francs, la commande d'une parure dont le prix fixé à 2.165 francs, se soldera, à la succession, par le versement d'une indemnité de 300 francs.
Comment, sans déchoir, Marie se priveraitelle de son coupé, de son pur sang et de son poney?
Aussi, doit-elle le loyer de son écurie, 440 fr. à son grainetier, 250 à son vétérinaire, 70 à Bender, le carrossier, et 750 au harnacheur Kutier. De son service, elle supprimera bientôt la cuisinière. Voisin, traiteur rue Saint-Honoré, à deux pas de chez elle, lui mo'ntera le plat du jour. Mais, décemment, ne lui faut-il pas cocher et femme de chambre? Fidèles dans sa détresse, ces deux serviteurs Etienne et Clotilde
patienteront pour leurs gages en retard, tout près de 1.000 francs à eux deux.
Clotilde va même jusqu'à consentir des avances à sa maîtresse. Le dossier Charavay a gardé trace de quelques-uns de ses^comptes journaliers. Sur l'un, au bas du total qui est assez rond, la soubrette a écrit : « Madame me rendrait service si elle pouvait acquitter cette petite somme. )> Quand il vous faut « trente fortunes pour vivre », il arrive que l'on ait des dettes. Même en ses temps les plus prospères, Marie Duplessis les traitait pour bagatelles.
— - « Nous avons bien besoin de nous faire un peu de monnaie », suppliait le bon M. Chapron, en lui réclamant une note arriérée.
D'autres, avec lui, faisaient antichambre, leurs factures à la main : c'était M. Augrand, lui aussi, marchand de lingerie ; c'était M. Révillon, le fourreur ; c'étaient deux marchands de nouveautés, M. Cerf et M. Pichon ; c'était une modiste, M"^® Duhey de Golberg ; c'étaient ]y/[iies Poireau et Céline Amable, couturières. — Peintre, blanchisseur, horloger, coiffeur, vétérinaire tenaient compagnie à un M. Pitardeau, porteur d'un billet de 7.000 francs, et à un huissier titulaire d'une créance de 2.250 fr. Il n'était pas jusqu'à son concierge, M. Privé, lequel signera l'acte mortuaire à la Madeleine, de qui Marie Duplessis ne fût la débitrice pour une somme de 325 francs ^.