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LE PRINCK ADAM CZARTORYSKI A L i:MI>ERELR
Sire,
Le prince Galilzin u \non voulu m'inlormcr que la volonté (le Voire Majeslé Impériale était de ne m'accordcr ma démission qu'après la fin de l'allaire de Yilna.
Je sais combien je dois obéir à tout ce qu'il plaira à Votre ]\lajeslé Impériale d'ordonner ; cependant, qu'il me soit permis de lui soumettre que les enquêtes enlamées à Yilna peuvent encore se prolonger fort long-
temps et qu'à l'égard de cet objet je ne suis, dans ma position, d'aucune utilité au service de Votre Majesté. Il y aura bientôt un an que je suis séparé de ma femme malade et de mon fils; l'état de sa santé ne lui permet pas de hâter son retour. Je prends donc la hardiesse d'en appeler aux gracieuses assurances de Votre Majesté Impériale, et de lui soumettre de nouveau ma demande, pour qu'elle veuille bien, dans sa bonté, m'accorder mon entière démission du service, et me permettre de rejoindre ma femme à l'étranger. Paidonnez-moi, sire, mes respectueuses sollicitations, et daignez les accueillir.
Je suis, etc.
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LF; PRINCE ADAM CZARTOHVSKI A l'EMPERELII
Jaloux (le l'()])inioii si précieuse de Votre Majesté Impériale, j'ose, au inonieiit où je reçois ma démission, supplier qu'il me soit permis de reiitretenir pendant quelques instants de moi-même. — Sans aucune prétention de conserver ma charge, j'aspire seulement à conserver une place favorable dans le souvenir de Votre Majesté Impériale.
Je ne veux parlei- que de mon service comme curateur, qui seul parait expos(:' à diverses interprétations.
Votre Majesté Impériale daigna me nommer à celle ciiarge en 1803. — Mes fonctions au collège des affaires étrangères et mon séjour constant à Pétersboiirg (sauf rintervalle de quelques mois que je passai auprès de mes parents) ne me permirent pas de m'occuper exclusivement des affaires de l'arrondissement de Vilna. Cet objet, quelque important qu'il fût, semblait alors (Yim intérêt secondaire relativement à mes autres occupations.
Les événements des années 1805, 1806 et 1807 n'étaient que trop de nature à distraire de tout autre objet.
Je quittai Pétersbourg dans l'année 1810. Les circonstances impérieuses du temps me retinrent depuis lors à l'étranger. Mes voyages et mes occupations dans les années 1814 et 1815 sont connus de Votre Majesté Impériale.
Je ne repris les fonctions de curateur qu'en 1810. Votre Majesté Impériale me permit, toutefois, de re-ter à Varsovie pour y vaquer aux obligations qu'elle avait daigné me confier dans le royaume. Celles-ci cessèrent et j'ai visité, eu 1817, l'Université et plusieurs écoles de l'arrondissement.
Le temps écoulé depuis 1803, où les premiers statuts
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l'uicnl icdigôs, avait d('^;i dnvclopix' de nouveaux bcsuiiis dans les écoles ot fait scnlir riii>u(lisaiic(' (\("> anficiis W'gloiiieiils. Les imoiivéniciits n'ont pu toutelois rire apeiTus ni appréciés entièrement (pi'à mesure que les circonstances les découvraient. Aussi, si l'on examine les actes de mon service, l'on sera amené à reconnaître que cet objet important ne m'est jamais sorti de la pensée et qu'à dater de 1817, j'ai introduit ou proposé, presque tous les ans, des mesures propres à améliorer la police des écoles, — car je ne veux parler ici que de ce seul objet. En 1817, j'ai enjoint aux étudiants de ne porter d'autre babil que runifoj'me qui leur est prescrit, et je leur délendis entièrement de fréquenter les spectacles ou d'autres rassemblements publics. — En 1818, j'insliluai au sein de l'Universilé un comité spécial, cliargé exclusivement de la surveillance des écoles et des livres élémentaires. En 1819, l'ancien règlement sur la conduili^ et la réception des étudiants à l'Université lui rclail, et l'on prescrivit les devoirs et les obligations des gouverneurs qui surveillent la conduite journali(''re des élèves dans les écoles.
Sans doute, ces mesures pourront paraître aujourd'hui faibles et insuflisantes; mais il faut les juger selon
le temps et les circonstances pour lesquelles elles ont été introduites.
(l'est vers ce temps que j'obtins de Votre Majesté Impériale la permission d'aller à l'étranger, où je lus obligé de séjonrner pendant denx ans pour la saidé de ma femme.
Durant mes dilTérentes absences, l'L'niversité et l'arrondissement de Yilna restèrent sons la direction immédiate du ministère sans ([ue le système d'enseignement ait jamais subi aucune altération, ni encouru aucune censure.
Jusque-là, et pendant toutes les époques de mon service, la régie des écoles et le développement des lumières avaient été sans doute des olijels d'un extrême intérêt ; mais les travaux et la surveillance qu'ils exigeaient pouvaient être conduits avec plus de loisir cl sous des points de vue moins pressants.
Après mon retour, vers la fin de l.S-21, je trouvai des circonstances bien plus graves et plus didiciles.
Les ailaires des écoles avai(Mil (Mitierenient cbangé d'aspect et de nature. —L'esprit turbulent qui s'était réveillé dans diverses universités allemandes et la funeste manie des sociétés secrètes parmi les étudiant^ de ces universités avai(Mit attiré l'animadverslon des gou-
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vci'iKjrncnts. I,;i («(iitii^iioii jM)ii\;iit rinilciiiciit s'f'lciidiij jusqu'à nos écoles. Bionlùt après iikui rchiiir, j'écrivis encore, on lS21,aii nifùs do novembre, au recteur d'alors, un oflicc; jxnir lui recommander la vii^ilance la plus soutenue et pour défendre strictemeul les sociétés secrètes.
Cet écrit, qui ne m'était inspiré qiw par une crainte vague, n'a pas été sans quelque eflét. H est permis, du moins, de s'en flatter, quand on rapproche sa date de l'époque dans laquelle, d'après même les dernières enquêtes de Vilna, certaines menées secrètes et les premiers germes d'association ont été rompus et dissous.
J'entrepris bientôt après, dans le mois de mars 1822, la visite générale de rrnivorsité,d'où j'avais été absent pendant près de trois ans, et mon séjour à Yilnadura jusqu'au mois de juin.
Éclairé sur la situation des instituts d'éducation en Europe, sur le changement d'opinion et sur le gouvernement, j'employai, depuis celte visite, tout mon zèle et tous mes etTorts pour tâcher de répondre aux intentions de Votre Majesté, et pour sauver l'arrondissement de Yilna des malheurs dont toutes les universités de l'Europe ont été successivement menacées.
Mon [)roinier soin devait être de me procurer pour la régie de l'Université un aide zélé et capable, un instrument sur lequel je pusse compter.
Le retard que j'ai éprouvé avant d'obtenir la démission de l'ancien et la confirmation du nouveau recteur, retard qui m'a fait perdre plus de six mois, a été cause que, dans ces derniers temps, quelques réformes déjà préparées n'ont pu être exécutées d'urgence, ce que je crois être une des premières causes des malheurs qui ont fondu sur rUniversité.
Sans cette perte de temps, le gymnase de Vilna aurait été réformé et l'événement du 3{ir) mai, n'aurait peut-être pas eu lieu, ou aurait pris une tournure bien plus naturelle (1).
Cependant, depuis le rectorat de M. Zvardovski, on a entamé beaucoup d'améliorations, surtout dans la partie de l'administration et de la police, que je lui recommandai particulièrement au moment de son entrée en fonctions, par un ollice de novembre 1822, dans
(i) Il est ici question d'une manifestation dVludiants qui devint le trop facile prétexie de tout un système de répression. M. de Novosiltzof fut envoyé à Vilna pour faire une enquête à la suite de laquelle commença une persécution qui alla chaque jour croissant. Le prince Adam lutta tant qu'il put contre ce système, jniis il fut vaincu. Cette lutle manjue le moment où i'orage s'amassait contre l'université de Vilna.
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liMliiol l;i police; des éculos nciil de imiivcaiix dovoloppomcMils. Tout cominonra ;i pro?|)CiPr, tmil ilonnait l'espoir ipio i)i(Mit('il rps iiistitiils iiuM'itoraiciil de r('f,'agiicr raiiciciiiic prol{;cliuii (;t lu hioiivelllaiice si j)r(;cicnsc de Votre Majesté.
Mais, au niomoul on le lunivcau rrcicur conHUCiicail à déployer son activité, il fut uns aux arrêts. Nos travaux furent paralysés par son arrestation, et, depuis, par l'enquête de Vilna; — de manière que, si l'on d('duit toutes ces interruptions, et si Ton veut jeter un coup d'n'il sur I(*s travaux qui m'ont occupé depuis rentrée du nouveau recteur. Ton sera obligé de convenir qu'un zèle ordinaire n'aurait pas réussi à faire autant dans un si court espace de temps.
Je dois encore ajouter une circonstance qui ne sera pas rejetée par le cœur de Votre Majesté Impériale, et qui achèvera de m'excuser à ses yeux, si mon aclivilé lui a paru ne pas être au niveau de la dilficulté des circonstances. C'est au milieu de ces difficultés, de ces désagréments que j'ai éprouvé dans ma famille les malheurs les plus douloureux, de sorte (pie je considère cette dernière année de mon service comme l'une de celles où j'ai eu le plus de chagrins dans ma vie.
Quoi qu'il en soit, je quitte ma place avec la conviction d'avoir servi Votre Majesté de tous mes moyens, avec un zèle sincère et Lien dirigé, avec la conviction que les réformes et les améliorations projetées ou entamées auraient produit dans peu de temps des résultats assez satisfaisants pour ne plus laisser aucun doute dans l'opinion de Votre Majesté sur le compte de l'arrondissement de Vilna, et que le bien aurait été produit sans bruit, sans éclat, et sans indisposer le pays. — Le rapport que je ferai au ministère, au témoignage duquel je suis en droit d'en appeler, prouvera plus au long, et par tous les détails des autres parties de ma gestion, la vérité de ce que j'ose avancer ici en peu de mots.
11 ne me reste qu'à mettre les instituts naissants et dt'jà établis, tous les individus qui remplissent avec zèle et conscience leur devoir, et la jeunesse nombreuse de l'arrondissement de Vilna sous la protection bienfaisante de Votre Majesté Impériale. — Je formerai des vœux continuels pouf qu'ils ne perdent pas cette unique sauvegarde sans laquelle les instiluls et les fonds qui les soutiennent, et l'utilité (\m pourrait en résulter dans le temps présent et à venir, échapperaient difïicilement à la ruine.
;{ii L'fv.MPEHEUn A L KX A NDIU-: I''
\jV vi'^wo (lo Volic Ma.jcîsté a (•ommciicc avec tant ircrial parla prolcclioii accoidci' au.x h'Urcs. (|ii(' celle seule pensée doil câliner loiiles les crainios, el iiis|»ii('r (•piel(|H(' coiiliaiicc.
ET LE PRhNCE (JZARTUin^Kl 3io