‹ Alexandre Ier et le prince Czartoryski; correspondance particulière et conversations, Czartoryski, avec une introdChapitre 21 sur 22 · LE PRINCE ADAM CZARTORYSKI AU GRAND-DUC CONSTANTIN · texte numérisé non relu

LE PRINCE ADAM CZARTORYSKI AU GRAND-DUC CONSTANTIN

18/30 mai 18^23.

Le recteur de runiversité de Viliia m'a mandé, qu'ayant informé de tous les détails de l'événement qui a eu lieu à Vilna le 3/15 mai Son Excellence M. le gouverneur général de Lithuaiiie, celui-ci en a l'ait déjà son rapport à Votre Altesse Impériale. Je n'ose pas, en conséquence, occuper les moments de Votre Altesse Impériale par un nouveau récit sur le même objet ; mais je crois de mon devoir de faire parvenir à sa connaissance les circonstances survenin^s poslérieurefnciil.

:i.-;2 i;i:Mi'i:in;iu ALKXANimi: !■

Ili('iil("il ;i|)ii'S (juc le |)r(>C(''.s-v('i'l);il rlo l'cnqurlp (Ircssôc par les iiislilulours du Gymnase eut éiù envoyé ;\ M. le i^oiivernenr f^én(';ral, en ori!,Mna], conformément ;i s;i (Iciiiaiidi', ladministration de l'Université reçut de nouvelles pièces concernant cette aiïairo, et, ayant exaniiiie plus à loisir et ces papiers et le procès-verbal liii-inènic, elle a décidé, snr la in'oposition du recteur, (|iie la pi-eniiènî eiKpiéte avait (■'(('' iiisii(lisniil(;, que de nouvelles n^clierclies devaient élre exécutées, (|u'il lallaiteu charger des professeurs choisis dans le sein de ITniversité elle-même, et inviter les autorités civiles à prendre part à l'enquête. Cet arrêté fut pris par l'administration à la séance du 11/23 mai. Je prends la liberté ùo joindre ici l'extrait du protocole de ladite séance.

Le recteur de ri'niversité m'ayant donné connaissance de cet ai-rèté, son rapport me fit jujicr que l'événement du .'5/'"» ni'^i ^^''"lif P^"'^ ^^'^ aspect infiniment plus grave qu'il ne paraissait l'avoir à. son début. J'ai donc cru que les obligations de ma place m'ordonnaient d'aller sur-le-champ à Yilna, pour m'y occuper moi-même de la poursuite de cette affaire, et sévir contre les coupables.

Considérant cependant que Voire Altesse Impériale,

commanduiU suprême de ces provinces, en était déjà iiifornK'e, j'ai reconnu de mon devoir de prendre avant tout les ordres de Votre Altesse Impériale, pour m'y

conformer,

3Si L'E.Ml'EUliUH Al.KXAMtHK I'

LE PRINCE ADAM f'.ZARTORYSKI AU GRAND-DTC CONSTANTIN

J'ai eu rhonnour do recevoir les ordres qui me prescrivent, en réponse à mon rapport du IF/IjOniai, d'attendre ici le retour du comte Nesseirode de Vilna. Je remercie Votre Altes.-c Iniiériale pour !a l;outé qu'elle â eue de me comuiu:ii(iuer son rapport à Sa Majesté l'empereur, et les instructions données à M. le général gouverneur de Lithuanie.

Après avoir lu ces deux pièces avec toute Tatlention qu'exigeaient les devoirs de ma place, rimpuriance du cas, et la contlance dont Votre Altesse Impériale a dai-

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gné m'honorer, je me vois obligé par ma conscience de soumetti'o à Votre Allesse Impériale ce qui suit :

Quoique je n'aie pas connaissance des rapports faits à Votre Altesse Impériale, par M. le général gouverneur de Lilluianie, je dois cependant conclure, d'après la teneur des ordres qui ont été donnés, que ce général, induit sans doute lui-rnème en erreur, abusé ses rapports sur des informations inexactes.

\o 11 a confondu le Gymnase avec l'iniversité, en-, déclarant celle-ci directement cou|)able des désordres du premier,

2o 11 a accusé l'Université d'avuir procédé dans l'enquête d'une manière illégale.

.'5" H accuse aussi l'Université d'avoir rendu une sentence trop indulgente, et de s'être hâtée de la nii'tlre à exécution sans en piévenir M. le gouverneur général.

-'lo Enfin, Son Excellence parait dénoncer l'administration de rUniveisité et surtout sou recteur, pour avoir agi dans cette atlaire avec faiblesse et mauvaise volonté.

Je vois, d'après cela, que la pénétration et la justice de Votre Allesse Impériale ont été surprises par des rapports entièrement inexacts, et (ju'ils ont dû mecs-

:I86 L'RMFEHEL'n A l-i: X A.M)lt K I'

saircMiicnl l'iiirc naître (laii> mui iv)iiU le jh^'ciim'IiI \r

plus déravorahlc a I l iiivcisilc.

Confiant cependant en celle mènu' in'iiriralioii et en celte même juslice, je me Halte; (pie Voire Allesse Impériale daign(^ra me pardonner, si, punr pnniver le pcn de l'ondemenl des poinls d'accusation de M. Je gouverjieur général, j'entre dans quelques détails qui paraîtront peut-être fastidieux, mais qui contiendront uniquement des faits, dont révidence découle des rapports mêmes qui ont été présentés à Votre Altesse Impériale.

Premier point. M. le gouverneur général ne pouvait ignorer que la régie du Gymnase est entièrement distincte de celle de riniversité. Celle-ci est occupée de Tadministration générale de toutes les écoles de Tarrondissemenl de Vilna et ne saurait suivre les détails de chaque école j)arliculière. Ces détails sont confiés dans le Gymnase à un chef distinct et à son supi)léant, qui sont responsables de tout ce (\u\ s'y passe, et de tout ce qu'ils n'annoncent pas à temps au recteur de ri niversité.

On ne saurait non plus conruiidi'e les étudiants de riniversité avec les élèves du Gymnase. La diiréience de leur âge, de leur instruction, et du genre de leurs occupations, les sépare par une ligne de démarcation

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très-nette. Ceux ([ui ont vu de près les écoles savent parfallement que les étudiants de TUniversité ne forment pas une société et ne se mêlent jamais avec les élèves du Gymnase, parce qu'ils les regardent comme trop au-dessous d'eux.

Les jeunes gens qui entrent à Tlniversité ont déjà terminé les cours du Gymnase, qui durent ordinairement six ans; ils sont, par conséquent, déjà plus développés et plus formés par l'inslruction qu'ils reçoivent pendant ce temps, tandis que les élèves qui entrent au Gymnase sont, au contraire, pour la plupart, des enfants qni viennent tout droit de la maison paternelle, rjui en apportent souvent des habitudes et des principes mauvais, qu'on ne parvient à déraciner aux écoles qu'an bout de plusieurs années, et par des soins très-assidus. J'ajouterai enfin que les élèves du Gymnase sont d'ordinaire si jeunes, qu'on ne saurait leur supposer facilement de la préméditation et de mauvaises intentions.

Second chef d'accusation. — La première enquête a-t-elle été réellement faite d'une manière illégale et contraire aux formes prescrites?

1" Le reiîteur, dès qu'il eut connaissance de ce qui s'était passé dans la cinquième classe du Gymnase, or-

388 I/KMl'l'Itl.l 1( .\I,i:X.\M>lU': I

donna loulde ?uil(' iiiio cnijin'lc aux picposrsdu in(''inc insliti]!, (l';i[)n''s l'ordrn (-(tristammciit suivi dans los écoles. On nomma pour cctlo cnqucMc; cnii.x (pii les j»remiors avaient doiiiir avis de révéncmcnl. — l'ar une connaissance particulière du caractère, des défauts, des habitudes de cliaque élève, ainsi que des petits rapports qui peuvent exister entre eux, les instituteurs du (iymnasc semblaient les plus propres au commencement pour découvrir la vérité.

2" I/admiiiislralion n'était endroit de confier l'cnquéte à des membres de l'Iniversitè que bjrsqu'clte se fut convaincue que les professeurs du Gynina-ey étaient eux-mêmes impliqués. Nous verrons plus bas quelle a agi de la sorte.

3° Les statuts de l'Iniversitè prescrivent, dans le cas où une enquête rigoureuse aurait démontré que le délit est d'une nature criminelle, que le coupable doit être livre aux tribunaux, mais toujoui'S après l'enquête préalable terminée... Or, renquéle, dans rafTaire en question, n'étant que commencée (ainsi qu'il sera prouvé plus bas), on n'a pns pu encore renvoyer les accusés par devant l'aulorilé compétente.

4° De plus, dans le cas où des personnes étrangères se trouveraient impliquées dans un délit, la loi veut

qu'un fonctionnaire de la police fasse l'enquête conjointement avec les autorités de l'instruction publique. Celte formalité a élé également remplie.

Je crois donc, d'après cet exposé, que, sous le rapport de la légalité, on ne peut rien reprocher à la marche suivie dans cette affaire par l'administration de l'Université.

Le troisième reproche que l'on paraît avoir fait à l'Université, est :

« Qu'elle a porté une sentence trop indulgente, et qu'elle Ta mise en toute hâte à exécution, sans en prévenir M. le gouverneur général. »

A cela je réponds :

L'Université, il est vrai, a fondé ses premières décisions sur l'enquête laite au Gymnase; mais il faut considérer :

1° Que les inscriptions aperçues par la police sur les murs des Dominicains, et d'autres circonstances qui ont augmenté la gravité du cas, n'avaient pas encore eu lieu, ou n'étaient pas encore connues.

2° L'Université fut forcée par l'insistance du gouverneur général à précipiter toutes ses décisions.

3° Elle n'avait pas encore reçu les papiers qui montraient l'insuffisance de la première enquête, tels que

neo I.'KMI'KHKIMI ALF.XANOHK 1"

les oxplicalions des ciiiployf'S du l'iviiiniisc, cl l;i Ictlrc do M. IMahT.

■'i" I,"l iiivcisih- s'iiiiai-'inait aiis.-i (pi'il clail a piupos d'('vit('r d'iiliDi'd luiil celai, hiiilc apparence de pcrséculioii on iralaniics, (pii (piclipiciois peuvent exciter dans la j(Minessc un intérêt commun, ipi'il ne l'allait [)as éveiller, et cpii pcnt rcndr(> pins dillicile la déconverte de la vérili'. — irailleiirs, dans un cas de ce i^eni'e, elle croyait (|n"il était convenable lYw/w surtout avec réscrv(\ et sans bruit, et que c'(''tait au g'ouvernemcut à donner ensuilo à celte affaire la marche qu'il jugerait nécessaire.

5° Au reste, ce n'est pas sur une seule circonstance que l'on peut juger l'administration de l'Université, mais sur l'ensemble de sa conduite dans toute cette affaire. Or, l'Université, dès qu'elle a reçu les papiers mentionnés ci-dessus, qui lui ont fait voir l'insuffisance de la première enquête, s'est hâtée de suspendre ses premières décisions. Elle ouvrit sur-le-champ une enquête nouvelle, la confia à trois professeurs de l'Université, pria M. le gouverneur général de leur adjoindre, d'après la règle, un fonctionnaire de la police, et elle suspendit de leurs fonctions le directeur du Gymnase et son adjoint, ainsi que l'atteste le procès-ver-

J)al (le radministration de rLiiivcrsiU'. que j'ai eu rboniieur de soumettre à Votre Altesse impihiale avec mon rapport du IS/MO mai. Toutes ces dispositions furent prises dès quo!i ent un instant de loisir pour se reconnaître. L'L'niversité y a été porîée par son propre mouvement, et sans en être requise; car M. le gouverneur général, quoique informé le 9 mai de la première décision de l'I'niversité, ne lui a pas cependant communiqué aloi'S sa désappi'obation.

Quant au rcprfK'ln' : « que la première scidciice était trop indulgente, et qu'on s'est hâté de la mettre à exécution sans j^révenir M. le gouverneur g(Miéral, » il est vrai que, dans le décret porté a la suite de la première enquête, l'Université n'a pas déployé assez de sévérité. Je vfens déjà d'en indiquer les raisons, et je dois ici faire observer seulement à Votre Altesse Impériale que l'administration de l'Université, et surfont les autorités des écoles subalternes, n'ayant à faire qu'à des enfants, n'ayant à juger que des délits auxquels, par égard pour l'âge des coupables, et l'irréflexion naturelle à la jeunesse, les lois même attachent moins d'importance, ces autorités, dis-je, ne sont aussi revêtues du droit d'infliger que des peines légères, parmi

;}(•.-> i; i; M l'Kiti; ru Ai.KXANitiu" i-

Icsiincllcs les plus IdiIcs ,->niii r('iii[)ri.sonnemonl et

rcxchision.

Pour rv (|iii csl de l.i mise a ('.\»''(iili(jii du ducrel, saiis(|iril CM ail (ic donne avis a M. le ^--oiiverneur gênerai, d'alioid je dois i-(''i)étf'r en passant qiii^ .M. Ju gouvrrncnr j^'-éiiéral a é(é informe! du proniier décrcl, aussitôt (pi"il fut rendu, savoir le 0 mai.

Mais une seule remanpie délriura eidièrement cette assertion... « Dès qu'une enquête nouvelle a été ordonnée, le décret rendu le 8 mai à la suite de la première, ne pouvait plus, par cette seule raison, être exécuté, » et il est avéré qu'il n'a pas eu même un commencement d'exécution, puisque les élèves condamnés n'ont été emprisonnés qu'après la réception de l'ordre du gouverneur général daté du 11 mai.

En résumé, je crois avoir démontré, par les faits et les résultats successifs qui ont eu lieu dans le cours de cette alTaire, que l'Lniversité n'a'pas mérité les accusations portées contre elle paj- M. le gouverneur général. Son Excellence a été constamment mise au fait de tout ce qui se passait et de toutes les dispositions de rrniversilé. Celle-ci a fait tout ce qui dépendait d'elle, pour assurer la découverte de la vérité, en ouvrant une nouvelle enquête, et en priant le gouverneur gé-

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néral d'y joindre, d'après les lois, des l'onctionnaires civils; toute exécution a été arrêtée, les instituteurs elles préposés du Gymnase, coupables de négligence, ont été suspendus de leurs fonctions. Enfin, il ne s'est passé depuis aucun désordre, aucun esclandre, et tout le monde a attendu avec la plus grande soumission ce qu'il plaira à Votre Altesse Impériale de statuer,

11 me reste à répondre aux accusations portées devant Votre Altesse Impériale contre le recteur Tvardovski. — Ce fonctionnaire me semhlo déjà disculpé par tout ce que j'ai dit plus haut.

On lui reproche de n'avoir pas mis assez de promptitude dans ses mesures, immédiatement après la réception de l'enquête faite au Gymnase. iMais le recteur est obligé par les statuts de se conformer aux arrêtés de l'administration composée des doyens qu'il préside. Sou action, par conséquent, est retardée par les formes collégiales, et il ne saurait faire marc[u:'r les afTaires avec autant de vitesse qu'un fonctionnaire agissant de son propre chef.

Plus on examinera la marche de cette affaire, plus on se convaincra que le recteur s'y est conduit avec zèle et avec une sincérité entière. La preuve en est évidente par l'empressement et la ponctualité qu'il a

■.m i;i:.MiM;in;( li am:xani)1{k !■■

mis à ifiroiiiicr de luiit ce (|ii'il r,ii-ait .M. le .iroiivcrnoiir grncral. non-sciilcinciit |iar de rrc(|ii('[ilcs (•oiiiiniinicatidiis (le vive voix, mais aussi |»ar des lappoiis rrrits, tiumiiK'iiictil les 1», 10 ot 1 1 mai.

Si lo recteur avail (raile la cliosc légèrement, aiii>i que M. le gouverneur général paraît le prétendre, il n'aurait pas ordonné aux employés du Gymnase de donner leurs explications après que la première enquête était finie et expédiée à Son Excellence.

S'il avait eu des arrière-pensées, s'il avait voulu cacher quelque chose, il n'aurait pas communiqué à M. le gouverneur général, ainsi qu'il l'a fait le 10 mai, ces explications qui renfermaient précisément la preuve de l'insuffisance de la pi'emière enquête.

Outre ces faits qui justifient entièrement la manière de procéder du recteur dans l'occurence présente , qu'il me soit permis d'exposer à Votre Altesse Impériale encore quelques remarques générales qui parlent en sa faveur.

L'événement qui a eu lieu ne saurait être en tout cas considéré que comme une suite d'abus anciens. Il est impossible d'en accuser le recteur actuel, qui, nouvellement appelé à cette place, et confirmé depuis peu de mois seulement, n'a pas pu, dans un si court espace

de temps, remédier eiitirroim'nt aux désordres, et aux abus antérieurs, (juoi (jue je Taie secondé de tous mes efforts, autant que la sphère de mon pouvoir nie le permettait.

Les désordres arrivés au gymnase de Vilna ont leur cause principale dans la mauvaise composition des autorités de cette école; mais leur choix a eu lieu bien avant la nomination de M. Tvardovski au rectorat. Depuis longtemps, on avait lintenlion de les changer, ainsi que de faire d'autres réformes absolument nécessaires; mais le désir de faire de bons cl.oix, la dilTicuIté de renvoyer d'anciens instituteurs et la l)rièveté du temps ne nous ont pas permis encore d'introduire toutes les réformes projetées.

Quels que soient les soupçons qu'on ait voulu inspirer à Votre Altesse Impériale conire tous les membres de ITniversité, le nouveau recteur ne saurait en être atteint. Il a été choisi hors de ITuiversité. Il n'a jamais été professeur. Citoyen domicilié, ayant une fortune indépendante, il a rempli plusieurs fonctions civiles jusqu'à la charge de maréchal à la salislacliou du gouvernement, et il a constamment fait preuve d'un zèle infatigable et du ])lus grand dévouenieni au service.

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Cos lails nioiilivnl ('vidciiiiiiciil (juc le recti'ur Tvarflovski a éir accusé injuslemenl (levant Volir Altesse inijicriale.

La coniiaissaneo inlimo (|iie j"ai de son caraetiTC, de toute sa conduite, de sa manière de penser, de son attacliomonl pour le iroînonifiiicnl, ne nie permellent pas d'en douter, ci m'imposeiil dans cette occasion le devoir de rendre hautement témoignage de ses qualités et de sou innocence.

Je ne dois pas taire à Votre Altesse Impériale une dernière considération majeure, c'est que, parTarrcstation du reclcuir, Université et les écoles de son ressort se trouvent être sans chef, ce qui pourrait occasionner des confusions fâcheuses, rouvrir la porte aux abus ot aux dilapidations, et arrêter la marche des alTaires de rinsirncli(ui puliliqne dans les sept gouvernements.

Tous ces molifs réunis nrinq)osent l'obligation de soumctlre à Votre Altesse bnpériale s'il ne serait pas urgent, p-our l'avantage même du service, que le chef de ITniversité et des écoles puisse être mis en liberté par le; ordres immédiats de Votre Altesse Impériale. Ce serait anssi une manière de rendre justice à M. Tvardovslvi. Oui, il la mérite sous tous les rap-

ports, j'y engage mon honneur et les sentiments d'attachement et (le dévouenicnl qui m'animent pour la personne sacrée de Sa Majesté l'empereur, senlimenls qui sont connus depuis si longtemps d(î Votre Altesse Impériale.

C'est ce dévouemeni, n^sté inviolalde dans tontes les vicissitudes de ma vie, qui m'a lait ressentir la plus profonde douleur à la lecture du rajjport adressé à Sa Majesté l'empereur par Votre Altesse Impériale, dans lequel elle s'est exprimée d'une manière si forte sur le mauvais esprit qui doit régner dans riJiiversité de Yilna. Dirigeant deimis vingt ans cet institut, connaissant de près chaque individu qui le compose, je serai à même de fournir des preuves multipliées de sou utilité, et de confondre ceux qui l'ont faussement accusé devant Votre Altesse Impériale d'une manière aussi grave.

Sans doute, on a pu re[irocher à ^luelques-uns de ses membres le manipie de zèle, l'apathie, la négligence, et divers abus; les étudiants aussi ont pu se rendre coupables de manque de discipline; y a-t-il une inslituti(Jii humaine où les al)us ne {larviennent quel(|uefois a se glisser? Mais l'accuser devant Votre Altesse Impériale d'int(Mili()ns peiiides, de machinations cri-

;«5H ].i:.Mi'i.iii;in am;x.\.m>hk I"

miiicllcs. (rinrHlcIili' et (riii'jialilmlc envers le iiKjiiai'- (|iic, (lui l'a cniiihle de hieiilails, une paieille inriiljialion n a pu èlre (|ij(j IVeuvro des ennemis do la IraïKinillilé du |»;vys, des lu^ninios acharnés contre rinslrnclioii [)nl)li(|ne, el con Ire les personnes (jui en sont chargées, enliii de ceux (|ui, offensés des améliorations coinmeiic('es dans n niversilé, veulent venger leurs intérêts lésés ou menacés.

Mais, puisque Votre Altesse Impériale vient d'envoyer à Vilna un fonclionnaire éclairé et honoré de sa coiiliauce, il ne me couvienl pas d'enlier pour le moment dans la défense détaillée de llniversilé, (!t je dois atleiidn^ le retour de M. le colonel de Nesselrode, lequel, pourvu qu"il ait eu assez de tem|)S pour écouter tous les intéressés, saura l)i(Mi, J'en suis sur, démêler la verih- et m'aidera à prouver comhiiMi les accusations odieuses que l'on a l'ait parvt'iiir jus(]u'à Votre Altesse Impériale contre l'Iniversité sont injustes et peu fondées.

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