CL JOURNAL DE LENOIR
On a certainement remarqué ci-dessus, parmi les objets exposés sur l'épine, c'est-à-dire au centre de la galerie, une pipe indienne. Il y en eut même deux, à un moment donné ; car, entre les rares pièces jugées dignes du Muséum et extraites par se^ membres des innombrables richesses mobilières des Condé et des Gonty, figuraient deux pipes orientales. Apparemment ce genre d'objets d'art était, alors, tout particulièrement apprécié. En voici la description :
« Une pipe indienne avec ses deux fioles et plateau décorés de filigranes. Le tuyau est garni en fil d'or.
» Autre pipe en filigrane, dont le plateau est écrasé. Le tuyau et les pincette sont de même travail. Il paraît manquer à cette, seconde pipe un double plateau et les deux bouteilles. »
Ces pipes eurent un tel succès, qu'elles tentèrent les voleurs ^ Il dut y avoir une grande joie, parmi les amateurs spéciaux, le jour oîi la collection des pipes indiennes du Stathouder fut envoyée à Paris.
Au milieu des préoccupations les plus graves, le 29 floréal an III, les hommes de goût du Conservatoire employaient ainsi leur séance et recommandaient au Comité d'instruction publique les travaux de « patience » suivants :
« Le citoyen Corraière, artiste-sculpteur d'ornements, demeurant à Paris, barrière de Fontainebleau, maison du citoyen Olivié, commune de Gentilly, se présente au Conservatoire. Il met sous les yeux des conservateurs deux de ses ouvrages en marbre propres à recevoir des cylindres de pendules. Ces ouvrages représentant des feuillages annoncent un travail de patience, le marbre y étant légèrement évidé. Le citoyen Gormière remet au Conservatoire un mémoire tendant à obtenir un jugement favorable de ses talents. Le président lui répond, au nom de ses collègues, que le Conservatoire répondra à la demande que le Comité d'Instruction publique Ir.i a faite à cet
1. « 19 fructidor an TV. — Le citoyen Cornu, fonHé de? pouvoirs du citoyen Bourbon-Conty, présente la lettre du Ministre de l'Iutérieur, en datte du