FLORÉAL AN VU
988. — Le 9 dudit, j'adresse au ministre un tableau général des dépenses faites par les entrepreneurs et des à-comptes qu'ils ont reçus, pour les travaux faits dans la salle du xv^ siècle. Je lui adresse en même temps un tableau des dépenses à faire dans le courant de l'an YIII, en y ajoutant les devis des entrepreneurs.
989. — Le 17, reçu de madame veuve de Wailly le buste en plâtre de feu son mari, modelé par Pajou *.
990. — Nota. — On observera que je n'ai nullement participé au déplacement des monuments, des marbres et des tableaux qui se trouvoient ou qui ornoient les paroisses de Paris. La trop célèbre commune de Paris, de 1793, toutepuissante alors, les fit déplacer et détruire en quelque sorte par des ouvriers à ses gages ou à sa solde, à la tête desquels était un artiste, mon contemporain d'étude, qui, à ma sollicitation, fit transporteries morceaux les plus marquants au dépôt des Petits- Augustins. Plusieurs ont été brisés et vendus à des marbriers. Enfin les monuments, amenés sans
1. Le 17 floréal aa VII, qui correspond au 6 mai 1799, est la dernière date du journal chronologique de Lenoir. Quelle que soit l'époque de la confection matérielle du manuscrit, j'établirai, dans une dissertation spéciale, le moment précis où furent définitivement rédigés les États nc 1 et no 2. Mais dès maintenant il importe de biëh constater l'instant où s'arrêtent la récapitulation et la revue coordonnée de toutes les opérations du conservateur des Petits-Augustins. En l'an VII, Lenoir avait déjà publié quatre éditions de sou catalogue. Son établissement était en pleine prospérité. 11 annonçait, depuis nivôse an VI, la publication d'un ouvrage in folio avec de nombreuses planches dont les premières livraisons ont seules paru. Il eét permis de supposer que c'est en vue de l'imprimer dans ce livre que Lenoir composa l'historique chronologique de la formation du Musée des Monuments français. Des circonstances l'empêchèrent sans doute de réaliser ce projet. 11 ne songea que beaucoup plus tard à continuer le récit, au jour le jour, de tous les événements de sa carrière administrative. Quand il se remit à cet examen rétrospectif, il ne pensa plus à classer aussi méthodiquement toutes ses opérations. A partir de l'an VII, au lieu de recoudre à l'État n» 2 la suite des faits dans leur ordre de date, il mélangea à l'énumération de toutes ses restitutions, objet de l'État n» 3, le récit des principaux événements et des acquisitions nouvelles de son musée. Il en est résulté une regrettable co:ifusion que nous avons dû cependant respecter et conserver pour ne pas altérer le texte d'un témoignage et ne pas enlever au Journal de Lenoir la valeur d'un document historique.
ordre et pêle-mêle sur des charrettes, ont trouvé place dans le Musée où ils sont aujourd'hui conservés et restaurés par mes soins. On n'ignore pas que plusieurs ont été rachetés ou échangés contre des marbres ou d'autres pièces considérées comme inutiles à l'étude des arts ou à celle de notre histoire.
Etat n° 3