INTRODUCTION. LXVII
temps inspirée par David ^ Malgré son nom, les protestations de ses membres, le peu de gravité de ses discussions, cette Société fut, ou chercha à devenir, une véritable académie, bien autrement intolérante que l'ancienne. On y entrait facilement, il est vrai ; il suffisait, pour se la voir ouvrir, .d'être artiste et d'avoir un certificat de civisme. Mais la Société rendait des qrrêts devant lesquels elle aurait voulu qu'on s'inchnât. Elle classait les genres ^, sinon les hommes, et prétendit quelquefois instituer une hiérarchie des divers talents. On a eu tort de ne pas prendre au sérieux les divagations insensées dont est rempli le yoMnia/ de Detournelle. Cette Société fut, pendant plus de dix mois, et au beau moment de la Terreur, la législatrice des arts, sinon par la force de la loi, au moins par l'autorité que les circonstances et la mode lui donnaient. C'est donc dans les procès-verbaux de la Société populaire et républicaine des arts qu'il faut chercher les règles de l'esthéiique révolutionnaire et ses principes de direction en matière de musées. Le Société déclara qu'elle était instituée pour « révolutionner » les arts. Aussitôt, elle voulut rompre violemment avec le passé, et un des premiers cris qu'elle poussa fut celui de proscription, un de ses premiers moyens de gouvernement fut le tribunal révolutionnaire, appliqué aux œuvres d'art. Dans une des premières séances, le 23 pluviôse an TI ,
mêmes vous vous êtes donné l'énergie qui convient, il est temps que je vienne partager vos travaux ; je rentre dans votre sein avec joie et je viens m'unir à vous pour contribuer à donner aux arts l'impulsion convenable au plus grand intérêt de la République. » [Journal de Detournelle, p. 351.)