LXXII JOURNAL DE LENOIR
la Paix brûlant les armes de la division et de la guerre civile, l'antre le Courage qui terrasse l'hydre des divisions. Il est arrêté que ces deux tableaux seront placés aux deux angles de la travée dont il est question. Arrêté encore par amendement que les raisons qui ont déterminé le Conservatoire seront déduites olûciellement au Comité d'Instruction publique et que, de plus, il sera fait une analyse du tous les tableaux de la ci-devant galerie du Luxembourg peinte par Rubens, dans laquelle analyse on exposera au Comité d'instruction publique la nécessité de fermer les yeux sur les signes désagréables de féodalité qu'ils peuvent rappeler au public pour ne songer qu'aux grands moyens d'instruction pour les artistes dont ces tableaux sont remplis. La demande du Conservatoire sera faite au Comité d'instruction publique aussitôt après son organisation nouvelle. Il lui sera proposé en outre de faire effacer, autant qu'il sera possible sans les endommager, de tous les tableaux de Rubens, par les plus habiles restaurateurs, les signes de féodalité qui s'y rencontrent *. Le nouveau drapeau sera attaché à la voûte pour l'ouverture prochaine. »
L'œuvre d'épuration ne porta pas sur les seuls tableaux, mais fut appliquée en même temps aux peintures murales qui recouvraient quelques parties du Louvre. On corrigea ce qui, dans les fresques de Romanelli, pouvait offusquer la vue des patriotes ^.
1. Qu'aurait pensé Grégoire s'il avait connu ce fait, lui qui disait, le 8 brumaire an III, dans son second rapport sur le vandalisme p. 5 : « A Thorigny, district de Goutances, plus de trois cents tableaux ont été dégradés sous prétexte qu'ils contenaient des signes proscrits. L'agent national a soutenu, diton, que tel était le vœu de la loi. Si cet homme avait en main les chefsd'œuvre du Muséum, Lesueur et Rubens seraient bientôt anéantis.
2. « Le Conseil s'occupe de la restauration des fresques de Romanelli, peintes dans la galerie des antiques et principalement de celles de la salle des philosophes. Avant la Révolution les trois figures allégoriques du plafond représentaient Mars, Mercure et Minerve tenant chacun une lleur de lys, lesquelles étaient couronnées par des génies. Depuis et sous l'anden Conservatoire, lorsque, d'après une loi, on effaça les lys de tous les monuments publics, on substitua à ces trois fleurs une équerre ou nrveau. Cette opération ayant été mal faite alors et u'.iyant aucun rapport avec l'allégorie qui avait pour but de représenter la France heureuse par la force, le commerce et la sagesse du gouvernement, le Conseil arrête que ce niveau sera effacé et qu'on y substituera une banderoUe sur laquelle seront écrits en lettres d'or quelques mots relatifs à la République et aux Arts. Le citoyen Berthélemy propose et le Gon-