N°s 143 et 149 du Journal de Lenoir
3. M. de Guilhermy a vainement cherché ce qu'étaient devenues les fameuses figures d'anges, exécutées eu argent par Sarrazin et par Coustou, qui soutenaient, dans l'église de la maison des Jésuites (Saint-Paul-Saint-Louis), les cœurs de Louis XIII et de Louis XIV. Ces statues furent sauvées par Lenoir au péril de sa vie. Plus tard, quand le conservateur des Petits-Augusiins s'apprêtait à les exposer au public, Denon exigea que ces anges lui fussent livrés et il lit fabriquer, avec leur matière, la statue d'argent de la Paix, par Chaudet, et diverses statuettes de l'Empereur et de l'Impératrice. J'ai eu l'occasion de rencontrer un volumineux dossier qui retrace toute cette triste affaire. J'espère bientôt le publier.
INTRODUCTION. XCllI
blanc *, que faisaient donc les conservateurs du Muséum? En accrochant les cadres préparés par d'Aûgiviller, en puisant dans tous les dépôts provisoires les tableaux qui attendaient la vente et qu'ils n'avaient eu ni la peine ni le risque d'aller chercher ^, ils avaient préparé, pour la solennité du 10 août 1793, une exhibition ' qui était loin de valoir l'ancien cabinet du Roi. A quoi les commissaires émanés de la Convention employaient-ils les cent mille francs votés par les représentants du peuple pour les acquisitions du Musée national et dont les apologistes de la Révolution font tant de bruit? Ils achetaient, comme on le verra tout à l'heure, des horloges amusantes et des joujoux par les braves sansculottes du décadi. Ils rachetaient, au double du premier prix de vente, des tables de pierres dures qu'il aurait été plus simple de ne pas laisser aliéner.
Quand on s'adressait à la Commission d'organisation du Muséum, remaniée et devenue le Conservatoire, pour lui fournir l'occasion de sauver un objet d^art , ces hommes , munis des pouvoirs immenses que j'ai détaillés ci-dessus , s'empressaient de se déclarer hypocritement incompétents % et écrivaient des lettres comme celle-ci :