CVIII JOURNAL DE LENOIR
Bonvoisin n'était pas parfaitement informé. On eut, au Louvre, un jour de répit. L'arrivée si redoutée des bronzes n'eut pas lieu le 27, mais seulement le 28. Ce jour-là, en effet, le citoyen Madaye s'arrêta avec ses chariots à la porte du Muséum et exhiba le pouvoir suivant :
Commission executive de l'Instruction publique.
« Paris, vendémiaire an III.
« La Commission nationale de l'Instruction publique aux membres du Conservatoire du Muséum, a Citoyens, a Nous avons chargé le citoyen Madaye, l'un de nos employés, de faire transporter au Conservatoire du Muséum divers objets provenant de la démolition des statues qui se trouvaient sur les places publiques. Vous voudrez bien en conséquence disposer un local propre à recevoir tous les objets désignés dans le rapport de la Commission temporaire dont nous vous envoyons l'extrait. Nous vous invitons, en outre, à dresser procês-verbal du dépôt et à nous en transmettre la copie. Salut et fraternité.
a GiNGUENÉ. — ClÉMENT DE RiS. »
D'un autre côté, les membres du Conservatoire étaient informés directement de la persistante volonté de la Commission d'instruction publique par la lettre suivante :
(c La Commission nationale de l'Instruction publique au Conservatoire du Muséum, 28 vendémiaire. — D'après les renseignemens que nous nous sommes procurés, nous avons chargé le C" Madaye de Ifaire transporter, dans le jardin cidevant de l'Infante, tous les objets désignés dans le rapport du citoyen Le Brun dont nous vous avons transmis l'extrait. Nous vous invitons à les y faire placer de manière à ce que nos concitoyens puissent jouir de la vue de ces monuments et à vous concerter à cet égard avec le citoyen Hubert. Quant aux bordures, elles seront aussi déposées provisoirement au Muséum et nous nous réservons de statuer ultérieurement sur l'objet de la demande contenue dans votre arrêté du 26 vendémiaire. Salut, etc.
« GiNGUENÉ. »