‹ Alexandre Lenoir (volume 3)Chapitre 21 sur 207 · INTRODUCTION. XXVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXVII

de ce vaste édifice qui peut-être dans deux siècles n'offrira plus que des débris. M. de Marigny a depuis peu exécuté la plus importante de ces choses, la conservation de l'édifice. »

L'ignorance persistante de la foule est sans excuses, dans cette matière, puisque la vérité a été proclamée depuis longtemps dans des livres tirés à très-grand nombre d'exemplaires. Dès 1853, M. Villot, dans Tintroduction de son excellent catalogue, après avoir, rappelé la part de Lafont de Saint-Yenne ^ à cette grande innovation de la publicité des collections, disait (p. xxxi) : « En 177S, le comte d'Angîviller conçut à son tour le projet de rassembler tout ce que la couronne possédait de beau en peinture et en sculpture dans la grande galerie où étaient exposés alors les plans et modèles des forteresses et des villes de France. »

« Les plans transportés aux Invalides », s*écriait d'Argenville, en 1778 S « cèdent la place à la riche collection des tableaux du Roi que M. le comte d'Angiviller a résolu d'offrir aux yeux du public. La réunion des chefs-d'œuvre des écoles anciennes et modernes dont elle est composée, formera un spectacle aussi imposant pour les étrangers qu'intéressant pour la nation et utile aux artistes. Quel Muséum, quel Lycée où le génie doit s'échauffer du feu des grands hommes que leurs ouvrages ont immortalisés ! Je m'empresserai d'en donner une description, lorsqu'il sera ouvert, aux amateurs des beaux-arts, pour joindre à ce Voyage. »

Dans son même catalogue ' , M. \ilIot a encore constaté

1« Voici ce que Lafunt de Saint-Yenne disait^ dès 1747| dans la 1^* édition de ies Réflexions sur quelques causes de Vétat présent de la peinture en France .* « Le moyen que je propose pour TaTantage le plus prompt et en même temps le plus efficace pour un rétablissement durable de la peinture^ ce serait donc de choisir, dans ce palais ou quelqu'autro part, un lieu propre pour placer à demeure les chefs-d'œuvre des plus grands maîtres de l'Europe et d'un prix infini qui composent le cabinet des tableaux de Sa Majesté, entassés aujourd'hui et ensevelis dans de petites pièces mal éclairées et cachées dans la ville de Versailles, inconnus ou indifférents à la curiosité des étrangers par l'impossibilité de les voir, etc. » Réflexions, 2* édition, 1752, p. 227.

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