‹ Alexandre Lenoir (volume 3)Chapitre 55 sur 207 · Procès-Terbal de la séance do 9 germinal an II · texte numérisé non relu

Procès-Terbal de la séance do 9 germinal an II

LXXIt JOURNAL DE LENOIR.

la Paix brûlant les armes de la diyision et de la gaerre civile, l'antre le Courage qui terrasse i^'hydre des divisions. Il est arrêlé que ces deux tablaaux seront placés aux deux angles de la travée dont il est question. Arrêté encore par amendement que les raisons qui ont déterminé le Conservatoire seront déduites officiellement au Comité d'Instruction publique et que, de plus, il sera fait une analyse du tous les tableaux de la ci-devant galerie du Luxembourg peinte par Rubens, dans laquelle analyse on exposera au Comité d'instruction publique la nécessité de fermer les yeux sur les signet désagréables de féodalité qu'ils peuvent rappeler au public pour ne songer qu'aux grands moyens d'instruction pour les artistes dont ces tableaux sont remplis. La demande du Conservatoire sera faite au Comité d'instruction publique aussitôt après son organisation nouvelle. 11 lui sera proposé en outre de faire effacer, autant qu'il sera possible sans les endommager, de tous les tableaux de Rubens, par les plus babiles restaurateurs, les signes de féodalité qui s'y rencontrent '. Le nouveau drapeau sera attaché à la voûte pour l'ouverture prochaine. »

L'œuvre d'épuration ne porta pas sur les seuls tableaux, mais fut appliquée en même temps aux peintures murales qui recouvraient quelques parties du Louvre. On corrigea ce qui, dans les fresques de Romaneili, pouvait offusquer la vue des patriotes '•

1. Qu'aurait pensé Grégoire s*il ayait connu ce fait^ lui qui disait, le S brumaire an in, dans son second rapport sur le vandalisme p. 5 : « A Thorigny, district de Coutances, plus de trois cents tableaux ont été dégradés sous prétexte qu'ils contenaient des signes proscrits. L'agent national a soutenu, diton, que tel était le vœu de la loi. Si cet homme avait en main les chefsd'œuvre du Muséum, Lesueur et Bubens seraient bientôt anéantis. *

2. a Le Conseil s'occupe de la restauration des fresques de Romanelli, peintes dans la galerie des antiques et principalement de celles de la salle des philosophes. Avant la Révolution les trois figures allégoriques du plafond représentaient Mars, Mercure et Minerve tenant chacun une fleur de lys, lesquelles étaient couronnées par des génies. Depuis et sous l'ancien Conservatoire^ lorsque, d'après une loi, on effaça les lys de tous les m(»nument8 publics, on substitua à ces trois fleurs une équerre ou niveau. Cette opération ayant été mal faite alors et n'ayant aucun rapport avec l'allégorie qui avait pour but de représenter la France heureuse par la force, le commerce et la sagesse du gouvernement, le Conseil arrête que ce niveau sera effacé et qu'on y substituera une banderolle sur laquelle seront écrits en lettres d'or quelques moti» relatifs à la République et aux Arts. Le citoyen Berthélemy propose et le Gon-

INTRODUCTION. LXXIIl

Régénérer les arts par le triage des œuvres exposées, pnrifier les collections nationales de tout alliage devint une> idée fixe dans l'esprit du Conservatoire nommé en pluviôse an n : ce fut le but unique qu'il assigna à ses efforts. Ses membres, absorbés déjà par diverses occupations, comme celles de juger les concours et d'organiser les expositions annuelles, cherchaient par tous .les moyens à se soustraire aux autres obligations que la Convention leur avait imposées, parmi lesquelles figurait en première ligne la formation des collections nationales par voie d'acquisitions nouvelles. On ne saurait croire avec quel acharnement les membres du Conservatoire luttèrent contre la volonté trèâ-ferme . et très-positive de la Convention. On leur avait donné plein pouvoir pour prendre partout ce qui leur paraîtrait convenir aux collections publiques. Ils furent, comme leurs prédécesseurs, déclarés membres de droit de la Commission ten^poraire des arts. Mais cela compliquait leurs fonctions, qu'ils prétendaient exercer sans déplacement et traiter en sinécure. A peine installés au Louvre, le 26 pluviôse an H, ils s'assemblent pour délibérer :

< Les membres du Conservatoire qui, aux termes du décret du 48 pluviôse, font partie de la Commission temporaire des arts, remarquent que déjà plusieurs de leurs membres ont été chargés, dans la séance de quintidi, en l'assemblée générale de ladite Commission des arts de différentes missions et rapports d'une très-grande importance. Le Conservatoire considère qu'aux termes de la loi les fonctions des différentes sections de ladite Commission sont de procéder aux inventaires des objets d'art, de science ou de curiosité qui se trouvent appartenir à la nation ; ce qui, dans les circonstances actuelles, procure im travail très-considérable. Le Conservatoire délibère pour savoir s'il peut remplir avec la précision nécessaire aux intérêts de la République, dans une partie

seil adopte le citoyen Gasnier, peintre en détrempe, pour exécuter cet légère changements. » (Procès-Terbal de la séance du Conseil d'administration du Mnsée central des arts du 8 floréal an VU.) •

LXny JOURNAL DR LENOIR.

aussi intéressante des richesses nationales, les fonctions importantes et sacrées de conserratenr do Moséum et les fonctions de commissaires temporaires des Arts, lesquelles fonctions peuvent les obliger quelquefois à Toyager dans les différentes parties de la République. Sur la propoeitioa d'un membre, le Conserratoire arrête en principe qu'aucun de ses membres ne pourra se charger d'aucune mission qui auroit rapport à la nature des tra^ux du Conserratoire sans qu'au préalable le Conservatoire assemblé n'ait délibéré sur l'objet de ladite mission ^ »

Le même jour, le Conservatoire décida qu'il demanderait au Comité d'instruction publique de reconnaître, pour ses membres, l'impossibilité où ils étaient d'appartenir à la fois à la Commission temporaire des arts et au Muséum '. On voulut consulter David dont tous les récents fonctionnaires étaient les créatures. Le lendemain, en sa présence, on arrêta que le Comité d'instruction publique serait prié de compléter les sections de peinture et de sculpture de la Commission temporaire des arts '.

1. Procèi-Terbal de U léanœ da Gomerratoire do 26 pltmdse an If.

2. c Le CoDaerratoire reprend la diicoMion sur lea doubles fonctioim qui lemblent lui être attribuéea par les décrets* de la GonTention nationale comme cooierfatear du Motéum des arts et membre de la Commission temporaire des arts. Le Gonsenratoire, reconnaissant rimpossibilité de remplir ces deux fonctions d'une manière digne de rintérèt de la chose publique, arrête de se transporter au Comité d'instruction publique pour lui demander Texplication de l'article du décret qui a réuni le Conservatoire et la Conmiission des arts. Il est aussi arrêté que le Gonserratoire se rendra, en masse, audit Comité pour conférer de cet objet. Le Gonserratoire arrête d'écrire au citoyen David, membre du Comité d'instruction publique, pour l'inviter à se rendre dans le sein du Conservatoire demain matin 21 pluviése afin de conférer avec lui. o (Procès-verbal de la séance du Conservatoire du 26 pluviôse an II.)

3« « La discussion est ouverte sur l'interprétation des lois sur les fonctions de comqiissaire temporaire des arts. Le Conservatoire arrête de faire un rapport au Comité d'instruction publique pour lui demander l'explication de l'art ide S de la loi relativement à la Commission temporaire des arts, rapport qui contiendra les motifs piour lesquels le Conservatoire demande ce rapport.

« Le citoyen David se rend au sein du Conservatoire et donne les éclaircissements qui lui ont été demandés. 11 est arrêté que le Conservatoire demandera au Oomité d'instruction publique de compléter les sections de peinture et scolpture de la Commission temporaire des arts. Il est, de plus, arrêté de demander au Comité d'instruction publique une instruction sur l'étendue des

Page 1