‹ Alexandre Lenoir (volume 4)Chapitre 157 sur 166 · ET TRANSMISE PAR LUI AU MUSÉE DU LOUVRE EN · texte numérisé non relu

ET TRANSMISE PAR LUI AU MUSÉE DU LOUVRE EN

Aux premières heures de la Révolution^ Lenoir avait recueilli dans son DépAt, sans distinguer leur nature ou leur matière, toutes les œuvres d'art en danger. La formatiop du musée du Louvre «ous le nom de Muséum des Arts, la spécialisation des divers musées publics, ordonnée en l'an IV parle ministre Bénézech, la création du Musée des Monuments français avec affectation du couvent des Petits-Augustins aux seuls monuments de la sculpture et de la peinture sur verre obligèrent Lenoir à ne pas conserver de tableaux et même à restituer à différents étabiissemenfs on h envoyer aux bureaux de vente ceux qu'il avait sauvés. Cependant, sans que Lenoir se soit jamais expliqué catégoriquement sur , ce fait, il exista aux Petits-Augustins Un certain nombre de peintures qui ne furent pas portées au catalogue du musée et sur lesquelles Lenoir, par calcul probablement et par crainte de revendications, n'appela pas l'attention avantl' année 1809 '. \ cette époque, le caractère purement iconographique de cette collection, — caractère que personne ne comprenait alors, — et la faveur de l'impératrice Joséphine l'enhardirent et il publia, en le rattachant à son grand ouvrage en 6 volumes (depuis augmenté de deux aoti'es), un livre sous ce titre : Musée des MonumeTis français. — Recueil de portraits inédits des hommes et des femmes qui ont illustré la France sous différens

i. Lenoir a dit EeulemeDt en 1805, dans le tome IV du Musée des Jfonumem fi-ançais, p. GQ : u Les salles du rex-de^haussée eerout employée:! à un« collection de portraits des hommes célèbres de la Fraoce. »

198 JOURNAL D'ALF.XANDRË LËNUtR.

règnes dont les originaux sont conservés dans ledit Mmée; ouvrage orné de gravures, dédié à S, M. l'Impératrice et Reine, par Alexandre Lmoir, administrateur du Musée, etc. Tome I" [et unique], Paris, Hacquart, 1809, in-8 de xxxii et 192 pages, et 30 planches. Dans la préface Lenoîr, rappelant, p. 1, que Il sous les auspices de S. M. l'Impératrice, le musée a été préservé plus d'une fois de la malveillance et de l'intrigue » , disait, p, vu : q Cette collection dont j'ai recueilli les types.origiiiaux peints d'après nature par François Clouet, Corneille de Lyon, etc., fait suite à l'ouvrage que j'ai publié sur le Musée- dos Monumens français. » Il ajoutait plus loin, p. xxix : u Désirant donc compléter notre ouvrage sur le Musée des Monumens français, nous avons pensé que les gravures et la description d'une suite de portraits originaux des hommes et des femmes célèbres que nous avons réunis no seraient pas vues sans intérêt, puisqu'il s'agit, dans ce livre, de retracer les traits d'HéloïsB et d'Abéltrd [!] et les portraits du chevalier Bayard, d'Agnès Sorel, de la pucelle d'Orléans. » Pourquoi ces portraits n'apparaissent-ils pas dans les catalogues de 1810, de 1813 et de 1816? je l'ignore. Après 1809, il n'en fut plus quesUon jusqu'en 1817, époque où Lenoir traasmit sa curieuse collection au Musée du Louvre, Au moment de la remettre, il en dressa un inventaire, et c'est cet inventaire que je crois intéressant de publier comme une annexe du Journal. Le Musée de Versailles n'a été que le développement de la petite collection iconographique de Lenoir. C'est là que se con- Bervent la plupart des portraits dont nous donnons l'énuœération. M. Eud. Soulîé, dans sa Notice du Musée de Versailles (3* partie), a constaté que ces peintures portent la marque de Colbert, J'aurais désiré retrouver dans l'Inventaire du mobilier du grand ministre (Bibl. nat. ms. fr. Mél. de Colbert, 76) la preuve do l'existence et la description de cette série de portraits. Mais c'est en vain que je les ai cherchés. Trente-deux d'entre eux ontété dessinés au crayon par M. Vauzelle et ont figure, en 1837, h la vente de Lenoir, p. 44 du catalogue.

Cette collection publique de cent cinquante-trois portraits, exposée par Lenoir en 1809 etlransmise par lui au Musée du

Louvre ert 1817, doit être soigneusement distinguée d'une autre collection privée, qui lui appartenait en propre, et qui, depuis, a momentanément quitté la France. Ce n'est pas la faute do Lenoir si ces précieux renseignements iconographiques n'ont pas été assurés à notre pays dès 1822. Us furent offerts dans les termes suivants au ministre de la Maison du Roi :

H M' le chevalier Alexandre Lenoir, administrateur des monumens de TBglise royale de Saint-Deois, etc., etc., à Son Excellence monsieur le marquis de Lauriston, ministre de la Maison du Roi. ,

« Monseigneur, ^e possède une des plus belles et des plus nombreuses collections de portraits peints et dessinés des personnages illustres de la France qui soient connues.

» Cette collection, formée dans un esprit national, le résultat de trente-six ans de recherches, se compose des portraits orignaux des rois et reines, des princes et princesses, des papes et cardinaux, des connétables et maréchaux, et des nommes et des femmes les plus célèbres qui ont illustré la France sous les différens reloues de nos rois ; cinquante-cinq sontpeintsàl'huiledo différentes grandeurs par JanetjPorbus, Corneille de Lyon, Rigaud, Vanloo, Le Nain, Drouais, etc.; quatre au pastel sous glace parNanteuil, dont deux sont de grandeur naturelle. Onze sont en miniature et sous verre. Louis XV dans sa jeunesse en émail par Chatillon. Soixantehuit encadrés et aous verre sont dessinés par Janet, Demonstier et Bigaud, etc. Quatre-vingt-quinze sont en portefeuille dessinés par les mêmes Janet et Demonstier, et d'autres dessinés postérieurement. Plus, deux cent soixante-six dessins dessinés et coloriés sur peau de vélin, également en portefeuille, faits par Boullanger, graveur du roi, pour une édition

( Monseigneur, forcé de me défaire d'une collection aussi précieuse, j'ai pensé qu'elle devoit rester en France et augmenter la suite des dessins du Cabinet du Roi, puisqu'elle est en quelque sorte une nomenclature pittoresque des personnages de notre histoire. '

a Déjà, Monseigneur, plusieurs propositions avantageuses de vente m'ont été faites pour l'Angleterre et la Russie ; mais j'ai pensé qu'une suile du genre de celle-ci ne pouvoit appartenir qu'au Roi ; en conséquence je prends la liberté de prier Votre Eiccellenco do vouloir bien en faire la proposition à S. M. et me faiic comioitre ses ordres.

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200 joujtNAL d'ale;xandre: lenoir.

Cl Je suis avec respect, Monseigneur, votre très-humble et très-obéissant serviteur,

B Paris, ce... {en blanc} juin iG22.

Il Le chetauek Albxakoke Lbkoib,

s Rue d'Ëôrer, n' 34. Ecole des Mines, n

En même temps, Lenoir écri-vait au comte de Forbia, directeur général des Musées royaux :

( M' le chevalier Alexandre tenoir, administrateur des Monuments de l'Eglise royale de Saint-Denis, etc., etc., à M. le comte de Porbin, directeur général des Musées, chevalier des ordres royaux ije Saint-Michel et de la Légion d'honneur, etc.

n Monsieur le Comte, n Forcé, par suite de circonstances qui me sont particulières, de me défaire d'une collection précieuse de portraits originaux peints ou dessinés des personnages de la cour de François 1", de Henri II, de Charles IX, de Henri III et des autres coui-s plus modernes, j'ai pensé qu'elle étoit de nature à augmenter la suite des dessins du Roi, et, n'étant nullement dans l'intention de la voir passer chez l'étranger, j'ai écrit en conséquence à M. le marquis de Lauriston pour l'mviter h en faire la proposition au Roi.

« Pensant, monsieur le Comte, que ma demande vous sera renvoyée, si elle ne l'est déjà, je m'empresse de vous en adresser copie ; elle vous donnera en aperçu une idée de ce ^ue feut être ma collection. Mais, monsieur le Comte, si vous aviez extrême obligeance d'en prendre connoissance par vousmême, vous la jugerez mieux qoe qui que ce soit, et je serais infiniment flatlHË de vous recevoir. Le jugement comme le langage d'un bomme distingué dans les lettres et dans la pratique dçs arts fait toujours plaisir à entendre.

(( Je me proposais sans doute, monsieur le Comte, de vous prier moirmême de me faire la faveur que je réclame de votre complaisance; mais, me trouvant indisposé d'un mal de jambe qui me force & garder la chambre, madame Dumont De Frenays, dont j'ai l'avantage d'être l'ami, veut bien être mon ambassadrice auprès de vous; je reuds grâce à Dieu de mon indisposition, car ma cause «era bien mieux plaidée. Elle se

charge donc de m'excuser d'abord, puis de tous prier de me dooner votre jour. Je vous prie de croire, monsieur le Comte, que je me fais d'avance une ÎHe de l'honneur de voua recevoir.

« Je suis, avec des sentiments distingués, monsieur le Comte, votre très-humble et très-obéiasant serviteur,

<( Le chevalier Alexahdbb Lbnoib,

Bue d'Enler, n" 34. Ecole d«e Minei. ■

Le comte de Forbin chargea M. More! d'Arleux, conservateur des deesins, d'aller visiter la collection de Lenoir et de lui faire un rapport :

« Paria, 38 juin t!22.

« Je prie M. Morel d'Arleux de vouloir bien Faire mes

excuses à M' le chevalier Lenoir de ne pouvoir me rendre

moi-même chez lui, M. Morel voudra oien prendre jour

avec M. Lenoir pour visiter cette collection et me faire un

■ rapport à ce sujet, etc.

« Le comte de Fobbis. »

L'État ayant refusé d'acheter les portraits réunis par Lenoir, celui-ci se résigna à les vendre à l'étranger. En 1837, lorsqu'il mourut, une partie seulement de la collection ofTerte au Roi 6tait encore dans ses mains et figura au Catalogue des antiquités et objets d'art qui composent le Cabinet de M. le chevalier Alexandre Lenoir. Paris, novembre 1837 (vente le H décembre), ainsi cataloguée, page 44 : » Deux cent soixante-six portraits des rois et reines de France, des princes et maréchaux, des papes et cardinaux, etc., dessinés et coloriés sur vélin par Bellangé pour l'histoire de Mezeray; édition ordonnée par le due de Bourgogne, pore de Louis XIV. » Le reste était passé à Londres par l'entremise du marchand Colnaghi et fut, jusqu'à ces dernières années, conservé à Stafford- House. Ces portraits ont été récemment reproduits et publiés sous ce titre ; « The Lenoir Collection of original french por-

...Googlc

Mi JOURNAL D'ALEXANDRE LENOIR-

traits at Stafford-House autolithographed by lord Ronald Gower publiahed bg Maclare et Maedonald. London, 1874, . in-folio. Avant cette très-utile publication, un certain nombre d'entre eux avait été lithograpliié par A. Prieur dans le format in-folio (litti. de C. de Last), avec cette mention de provenance : " Tiré du Cabinet de M. le chevalier Alexandre Lenoir. » Quelques-uns furent reproduits dans ['Iconographie française de Delpech et dans The protestant Reformation in. France. » La collection do Lenoir, tout récemment acqujse par Mgr le duc d'Aumale, vient do rentrer on France. Une partie delacollection aétéexposée auTrocadéro en août 1878. , L. G,

ETAT D'UNE COLLECTION DE PORTRAITS PEINTS A LHULLE PAR CLOUET DIT JANET, CORNEILLE DE LYON, PORBOS, ETC., REPRÉSENTANT LES PERSONNAGES • LES PLUS CÉLÈBRES DES XV" ET XVI" SIÈCLES.

Nota. Cette collection curieuse a été formée et acquise par l'Administration pour le complément de l'histoire et pour suppléer aux monumens qui manquent an Musée.

N° 1. — Jean, duc de Bourgogne, mort en 1419.

2. — Isabelle de Bavière, femme du roi àe France Charles VI, représentée à l'âge de 14 ans, avec la coiffure à la Heinin ; elle mourut en 143S.

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