‹ Alexandre Lenoir (volume 5)Chapitre 123 sur 124 · Archives de l'Art français, t. IF, p. 3o · texte numérisé non relu

Archives de l'Art français, t. IF, p. 3o

TOMBEAU DU DUC D'eSTRÉES ( Fac-similé de la gravure publiée par Millin. ]

Monument funéraire du duc d'Estrées, vice- amiral et maréchal de France. Groupe allégorique de marbre blanc. Hauteur 1"',42. — Larg. 0"92. — Le portrait en médaillon du duc d'Estrées est soutenu par un génie tenant un cœur dans la main gauche. Ce monument provient de l'église des Bons-Hommes, de Passy, et se trouve décrit et gravé dans les Antiquités tiationales de Millin.

Thiéry, en 1787, dans le Guide des amateurs et des étrangers voyageurs à Paris, p. 4 et 5, parle ainsi de ce tombeau : « L'on voit dans la chapelle de la Vierge, qui est auprès, le mausolée du maréchal ,et vice-amiral Jean d'Estrées, mort en 1707. Sur le sarcophage, terminé des deux côtés en proue de vaisseau, est un génie appuyé sur des palmes et des trophées, et tenant un médaillon contenant le portrait de ce maréchal et celui de son épouse, Marie-Marguerite Morin, morte en 1714. » Bien queLenoir n'ait pas reconnu ce monument, c'est celui qu'il a décrit ainsi dans son catalogue :

N° 307. — Des Minimes de Passy. — Un génie soutenant un médaillon, sculpté en marbre blanc par VanCleve; ouvrage du dix-huitième siècle. Les deux personnages qui sont représentés sur le médaillon sont inconnus (édition de 1810). En l'an IV le même monument portait le numéro 323.

Voilà encore une bonne recrue pour le musée de Versailles.

Quelques pièces sont encore restées à Saint-Denis, dans les magasins, mais elles viendront sans difficulté se réunir à celles qui sont précédemment parvenues au Louvre. Nous croyons pouvoir indiquer les objets suivants : un chapiteau

de marbre médiocrement conservé et complètement salpêtre, mais qui, sauf vérification ultérieure, me paraît de style mérovingien; le bas d'une robe de femme sculpté en marbre, provenant d'une statue du quatorzième siècle, comme on en voit au musée de Cluny ; et, dans la crypte de la basilique, les bas-reliefs du jubé de Chartres sculptés par François Marchand, d'Orléans, parmi lesquels un choix pourrait être fait et se porterait sur les fragments les moins mutilés.

Longue est l'histoire de ces bas-reliefs, dont nous avons déjà parlé plusieurs fois et sur lesquels il reste encore beaucoup à raconter.

Dans ce rapide aperçu, nous sommes loin d'avoir tout dit.

L'inventaire complet et l'historique détaillé des monuments rapportés au Louvre en 1881 sont beaucoup trop volumineux pour trouver place ailleurs que dans notre Histoire du département de la sculpture du moyen âge^ de la Renaissance et des temps modernes; cependant, on voit, par ce qui précède, que le fonds de Saint-Denis méritait d'entrer au Louvre, que tout ce qui a passé par les Petits-Augustins n'est pas à dédaigner, et que, sans appauvrir personne, il est facile de reconstituer, dans une certaine mesure, au siège des Musées nationaux, l'ancien Musée des Monuments français. Hélas! Tœuvre de sauvetage opérée par Lenoir, non seulement n'a pas pu être achevée, mais encore, dans bien des cas, les meilleurs de ses résultats ont été perdus, et perdus par notre faute, à une époque qui professe une admiration bruyante, sinon sincère, pour la statuaire du moyen âge, et qui ouvre à ses moulages un musée comme celui du Tiocadéro. N'oublions

et ne dédaignons pas plus longtemps les originaux qui dorment dans la poussière, ou qui, morcelés et mutilés, achèvent de mourir sous nos yeux insensibles et sous notre ciel inclément.

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