‹ Alexandre Lenoir (volume 5)Chapitre 88 sur 124 · III · texte numérisé non relu

III

Deux colonnes rostrales en marbre de couleur, hautes de 3°, 50 environ. Venant du château de Richelieu en Poitou.

Fragment d'une colonne de granit antique provenant de la fontaine de la Malmaison et auparavant de Metz.

Vase de porphyre en forme d'amphore, surmonté de deux anses, d'une hauteur de 0™91. Venant de la même fontaine.

iVew/'zjases de marbre blanc, de style Louis XIV, dont un très grand et très beau.

Deux piédestaux en bleu turquin.

Les jardins publics de Paris, comme les Tuileries et le Luxembourg, peuvent être assimilés aux résidences nationales puisque les sculptures qui les décorent sont inscrites sur les inventaires du Louvre.

Ils ont, depuis 1870, rendu aux Musées nationaux quelques ouvrages très importants comme le Faune fiûteur de Coustou, \q Mercure en plomb de Pigalle, qui est passé, sinon par le Musée des Petits-Augustins, au moins par le dépôt de Nesle et qui provient d'Anet*, \^ Soldat de Marathon de Cortot, Thésée et le Minotaure de Ramey, la Jeanne d' Arc de Rude, etc. Ces jardins ont encore à nous restituer quelques bonnes pièces, par exemple le petit David en marbre du

1. Commission temporaire des arts, registre des délibérations, f» 96, verso : (i Dagomet donne avis à la commission de l'envoi qu'il a fait de plusieurs meubles provenant du ci-devant château d'Anet, estimés à la somme de mille soixante livres, et transportés au dépôt national, rue de Beaune. La Commission arrête qu'il en sera fait mention au procès-verbal, ainsi que de l'envoi d'une figure de Mercure en plomb, de grandeur naturelle, provenant du même château. » D'autre part, sur le « Registre de réception des objets d'art et antiquités trouvés chez les émigrés et condamnés, et réservés par la Commission temporaire des arts », Naigeon a écrit : « Du IG du même mois (prairial), reçu du citoyen Dagomet, commissaire surveillant la vente des meubles du même lieu (Anet, district de Dreux), par le citoyen Lecomte, messager, un Mercure en plomb, de grandeur naturelle, par Pigalle. » Naigeon a mis eu note : « La tête de cette figure a été sciée en partie et quelques parties mutilées. » Une seconde note marginale indique que celte sculpture fut portée au Directoire, c'est-à-dire au Luxembourg.

parterre du Luxembourg dont j'ai montré récemment, dans la Gazette archéologique^ ^ toute la valeur. Les jardins des

David. Statue de marbre, seizième siècle, f Jardin du Luxembourg. )

Ministères sont dans le même' cas. Pendant son passage aux affaires étrangères, M. Waddington a fait transporter

1. Le David de bronze du château de Bnry, sculpté par Michel-Ange. Paris, 1885, 10-4», planches.

au Musée du Louvre le groupe de l'A moz^?' et r Amitié de Pigalle, qui se trouvait dans le jardin du palais du quai d'Orsay. Yoici l'histoire de ce marbre signé de son auteur et daté de 1758 : Il fut payé 10,600 francs par Louis XV en 1760 ^ et destiné au château de Bellevue. L'Amitié est représenté sous les traits de la marquise de Pompadour. Saisie en 1793 sur « l'émigré Condé » qui en était alors propriétaire, cette sculpture entra le 7 floréal an II au dépôt de la rue de Beaune et fut inscrite par Naigeon sous le numéro 47 des articles provenant de « Condé, maison de la Révolution )>. Une note marginale consignée sur le registre de Naigeon constate que V Amour et l'Amitié fut porté au palais du Directoire, Or, ce palais du Directoire était le palais du Luxembourg. En 1816^ le 4 mai, le marbre fut restitué au prince de Condé. On lit dans les Nouvelles archives de ï art français'^ : « Note des objets d'art appartenant à S. A. S. M^*" le prince de Condé, lesquels ont été enlevés de son château de Chantilly par le fait de la Révolution et se trouvent maintenant au palais du Luxembourg, etc., 3^ article. — La figure de X Amour et de V Amitié par Pigalle (à rendre). » Le groupe rendu au prince de Condé fut installé au palais Bourbon, et c'est sur le jardin de ce palais qu'a été édifié le ministère des affaires étrangères.

1. Licre-Joumal de Lazare Duvaux, bijoutier ordinaire du roi, introduction p. ccv. Voyez également sur ce marbre un article de M. Cbabouiilet^ intitulé : Louis XV et iJ/™* de Pompadour, statues de Pigalle, publié en juin 1886 dans la Revue les Lettres et les Arts, p. 218 et suiv.

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