XVIII AVERTISSEMENT
tribunal. Il faut dire non seulement la vérité, mais encore toute la vérité. On n'a pas le droit de garder le silence sur les crimes dont on possède le secret. Il faut que l'histoire ait toujours le courage de se proclamer la conscience du genre humain.
Continuons cet examen :
Les éditeurs des « Archives ».
Tous les documents ayant un caractère anecdotique, piquant, curieux, ont été omis. Leur soustraction les recommande et les désigne à l'attention publique. On peut dire qu'ils brillent par leur absence dans la récente publication. Il sera impossible, avec les documents tronqués q.ui ont été mis au jour, d'écrire jamais une histoire véritable du Musée des Monuments français. A quoi servent donc des archives publiées adusum Delphini? Nous ne sommes pas seuls à connaître ce qu'on croit dissimuler. Il y a trente ans que le baron de Guilhermy a pu écrire ce qui suit dans les Annales archéohgiques^ : «Les gens qui avaient jeté au vent la cendre vénérable et glorieuse de sainte Geneviève, de saint Marcel, de saint Germain, de saint Bernard, de Suger, s'étaient sentis atteints d'une sensiblerie presque bouffonne en ouvrant la tombe d'Abélard et d'Héloïse \ on n'avait pas eu de peine à leur persuader que les honneurs rendus à ces victimes cloîtrées porteraient une rude botte au fanatisme dont le fer n'extirpait point assez vite les dernières racines.
(( Une boîte, scellée du cachet républicain de la municipalité de Nogent-sur-Seine, amena jusqu'à Paris les cendres extraites de la tombe du Paraclet. Mais, avant de les placer dans le dernier asile qu'on leur avait préparé, il fallut contenter les amateurs de ces reliques d'un nouveau
L Tome IV, p. 13.