XX : AVERTISSEMENT
présens au dépôt qui sera fait des cendres d'Abellard et d'Héloïse dans le tombeau que vous leur préparez. Je vous prie de vouloir bien leur accorder cet avantage ; ils le méritent par leurs connoissances et leur amour pour les arts, pour ceux qui les cultivent et pour ceux qui, comme vous, conservent à la nation les monumens qui font sa gloire. Si leurs noms peuvent être portés dans le procès-verbal qui doit être fait, rien ne leur sera plus agréable.
Je vous prie aussi, s'il est possible, de me conserver quelques portions des restes d'Abeilard et d'Héloïse pour les déposer dans le monument que j'ai chez moi ; je vous les demande pour récompense des services que j*ai rendu {sic) au musée dans ce qu'il m'a été possible de faire et que vous n'avez pas oublié (sic) sans doute. Ce sera une marque de l'amitié que vous m'avez quelquefois témoignée et que je crois que vous conserverez toujours.
Je vous salue, et suis, avec tous les sentimèns d'estime et de
considération, votre citoyen,
Lesieur, Employé aa bureau de la guerre.
Les éditeurs des « Archives ».
On cherche en vain, à la date du 25 messidor an XII, le document imprimé ci-après. A quoi bon ces réticences? elles soulignent au lieu d'effacer ce qu'on voudrait laisser ignorer. 11 est impossible de faire disparaître du jour au lendemain toutes les reliques laïques distribuées pendant vingt ans aux Petits-Augustins, destinées à former le plus bel ornement des musées de province, section de l'histoire naturelle, à côté des fossiles et des animaux empaillés. Citons, comme exemple, le Musée de Bar-le-Duc, dont les authentiques sont bien en règle et qui s'enorgueillit d'une notable collection d'ossements humains célèbres. On lit dans les vitrines de ce Musée les actes suivants :
Je déclare et atteste avoir donné à M. Moët une portion de la mâchoire supérieure d'Abailard (jadis partie interne de la mâchoire supérieure près des gencives).
Paris, le 13 novembre 1831.
Le cHEVALïER Alexandre Lenoîr.