CORNICHE D*ORDRE DORIQUE
Fac-similé et réduction d'an dessin de Jean Ballant, gravé dans sa Reigle
d'architecture des cinq manières de colonnes.
6a LES DÉBRIS DU MUSÉE DES MONUMENTS FRANÇAIS
très bien sculptés, portant chacun huit pieds de long sur quatre de large.
« Citoyen ministre, les morceaux intéressants dont j'ai l'honneur de vous entretenir m'ont paru convenir parfaitement à l'exécution de la porte que je me propose de faire exécuter à l'entrée du musée donnant sur la rue des Petits- Augustins. En conséquence, je vous prie^ citoyen ministre, de vouloir bien m'autoriser à contracter, avec le citoyen Honoré, l'échange que j'ai la faveur de vous proposer pour la conservation des susdits monumens. Cette (sic) échange consiste en quelques débris de marbre à l'usage de sa maison et le modèle en bronze d'une statue équestre d'un prince étranger qui m'est inconnu, avec son piédestal en marbre blanc garni de filets de cuivre doré. Salut et respect.
((L[e] N[oib]. »
A cette lettre sont jointes l'autorisation d'acquérir, accordée par le ministre de l'intérieur, et la quittance donnée par le citoyen Honoré à Lenoir.
Notons en passant que le dessin de la frise, conservée à l'École des Beaux- Arts et « composée de patëres et de tètes de victimes », était familier à Jean Bullant ^ L'architecte du château d'Écouen s'est complu à le reproduire dans plusieurs de ses œuvres, et il nous a appris, dans sa Reigle générale d architecture des cinq manières de colonnes^ à quelle source il avait puisé ce motif si fréquent dans l'art antique. «Cet ordre dorique», dit-il en expliquant une gravure de son livre, « est à un arc triomphal qui se voit encore à présent à vingt-sept milles de Rome. »
IV. — Génie armé de l'épée de connétable. C'est un fragment des sculptures qui décoraient l'entrée du château d'Ecouen aujourd'hui démolie. Conférez la gravure publiée
1. Voyez à ce sujet notre article : Une œuvre inédite de Jean Bullant ou de son école. Paris, 1880. Iq-8.
6ÉNIB ARMÉ DE L^ÉPÉE DË CONNÉTABLE
Sculpture de l'école de Jean Goujon, provenant d'Écouen. (École des Beaux- Arts.)
Fac-similé d'une planche gravée par Baltard.
par Baltard {Paris et ses monuments^ Ecouen, pi. 6). Sur l'arrivée de ce monument aux Petits-Auguslins, voyez le numéro UI. Voilà une œuvre excellente de l'école de Jean Goujon, qu'on ne devrait pas laisser mourir en plein air.
V. — Casque. C'est un fragment des sculptures de l'entrée du château d'Ecouen. Cf. la gravure publiée par Baltard, Paris et ses monuments y Ecouen, pi. 10. Voyez ci-dessus, sous le numéro III, les circonstances dans lesquelles cette pièce entra aux Petits-Augustins.
VI et VU. — Les chapiteaux, les bases et les fragments de frise viennent d'Ecouen. Cf. la gravure publiée par Baltard, Paris et ses monuments, Ecouen, pi. 9. Lors des derniers travaux exécutés pour l'installation déGnitive de l'école des Beaux-Arts, on a sans doute substitué des colonnes lisses en marbre aux colonnes cannelées en pierre qui avaient été tirées d'Ecouen. Même provenance et mêmes cause de déplacement que pour le numéro III.
VIII. — Fragments du tombeau de Commynes ou plus exactement de la chapelle que lui et sa famille possédaient aux Grands-Augustins. Il faut rapprocher ces fragments de . ceux qui sont encastrés dans les panneaux 1 et S de droite.
La chapelle, que Commynes destinait à son tombeau et qu'il Bt très vraisemblablement ériger ou orner, de son vivant, au fond de l'église des Grands-Augustins, est une œuvre dont l'exécution peut être considérée comme presque exclusivement française dans les figures, mais dont le parti pris général et la décoration d'ensemble furent incontestablement suggérés par l'Italie. Sépulture plaquée contre le mur; sarcophage décoré sur ses angles par de larges feuilles ; champs semés de fines arabesques ; édicules à fronton demi-circulaires ; pilastres chargés d'incrustations de marbres de couleur et de morceaux de porphyre ; mélange étrange de sujets tirés de l'histoire sacrée, de l'histoire pro-
fane et de la mythologie, comme aux portes de brooze de la basilique de Saint-Pierre de Rome, ou comme sur le sarcophage du tombeau des enfants de Charles VIII : autant