‹ Alexandre LenoirChapitre 93 sur 143 · Inscriptions de la France, U I»»", p · texte numérisé non relu

Inscriptions de la France, U I»»", p

2. On lit sous le numéro 441, dans le Musée des Monumens français, U U» 2* édil., p. 155 : <( De l'église Saint-Père, de Chartres. — Deux colonnes triomphales en pierre de liais^ ornées d'arabesques, posées sur un piédestal décoré dans le même goût. Tune supportant la statue en albâtre de François de Paule^ religieux calabrais, appelé en France par Louis IX, et Pautre une statue de dévotion. Ces colonnes sont de l'exécution de ce même Marchand. En 1543, les religieux de l'abbaye de Saint-Père de Chartres firent construire le jubé de leur église et beaucoup d'ouvrages de sculpture arabesque. Si l'on consulte les mémoires de ces travaux, conservés dans les archives de cette ville, l'on apprend que tout ce travail est de la main de François Marchand, sculpteur, né à Orléans, qui fut par suite chargé de plusieurs travaux importans, tant dans cette basilique que dans la ville même. » La sculpture des bas-reliefs du jubé était seule l'œuvre de Marchand. Voyez les Archives de Vart français (loc. cit.).

ment à un texte supprimé par les mêmes éditeurs *. Il résulte d'un document publié dans les Archives de fart français^ t. IV, p. 384, que ces colonnes sont l'œuvre de Jehan Bénardeau, d'Orléans.

Personnage improprement désigné sous le nom de Guillaume de Rochefort. Buste de marbre, à l'École des Beaux-Arts.

En 1878, j'ai signalé pour la première fois à l'attention publique une œuvre de sculpture importante injustement dédaignée, ou, pour mieux dire, oubliée dans la seconde cour de l'École des Beaux-Arts *. C'est le buste que nous

i. Voyez le Bulletin critique du 15 juin 1885, p. 228 et 229.

2. Bulletin de la Société des antiquaires de France, année 1878, p. 208.

apercevons ici. Il était, depuis la suppression du Mui^ée des Monuments français, exposé dans la cour à toutes les intem* péries et condamné à une prochaine destruction. Ce buste est regardé, sans preuves suffisantes, comme un portrait de Guillaume de Rochefort; car l'attribution de Lenoir n'a jamais été appuyée ni contrôlée par aucun document, et le monument ne vient pas, comme on l'a cru, des Célestins ^ Il est très admissible, quand on considère le costume du personnage, que ce soit là le portrait d'un Français, mais française n'était pas, à mon avis, la main qui nous l'a conservé. Ce travail, d'une sûreté d'allures si complète, émane d'une école savante professant des doctrines nettes et absolues. Il n'a pas les qualités de naïveté ou les défauts d'hésitation et de tâtonnements qui distinguent la première période de la Renaissance française. Pour se convaincre qu'il n'est pas exclusivement français, il suffit de le comparer au médaillon d'homme, sculpté sur un des trumeaux de l'hôtel de La Trémouille, à l'École des Beaux-Arts, ou bien au beau buste de Dordet de Montai qui, quoiqu'un peu postérieur, est beaucoup plus simple, d'un ciseau moins hardi, tout en demeurant magistral. C'est pour nous, jusqu'à plus ample informé, une pièce à rattacher sans trop d'invraisemblance, un groupe d'ouvrages dus à l'influence et même au ciseau de la colonie italienne, établie à Paris sous Louis XII. A côté, une œuvre importante attire les regards; c'est le cadavre de Catherine de Médicis, sculpté par Jérôme délia Robbia. Ce marbre précieux a déjà une longue histoire. Il a été connu et visé par Sauvai dans son Histoire et recher^ ches des antiquités de la ville de Paris, où il est désigné, sous le nom de Corps mort d*Anne de Bretagne, comme se trouvant, au Louvre, dans le magasin des marbres du roi- Mais, on s'aperçoit immédiatement que Sauvai a dû se

1. Voyez la Gazette des Beaux-Arts, septembre 1884, 2* période, t. XXX, p. 251 et 252.

tromper dans sa désigoation et nommer Anne de Bretagne au lieu de Catherine de Médicis, puisqu'il indique en même temps que ce marbre avait été sculpté pour le « sépulchre des Valois » . Tout le monde sait que le tombeau de Louis XU, terminé longtemps avant les premiers travaux de la chapelle de Catherine de Médicis, n'était pas destiné à reposer sous la rotonde de Saint-Denis. Tout s'explique, au contraire, s'il s'agit de Catherine^ et nous allons entrer, au sujet de cette figure célèbre dans quelques détails capables d'en déterminer l'origine et l'auteur.

D semble qu'en 1572, au moment o£i fut dressé l'inventaire de Médéric de Donon, publié par M. de Boislisle', quand l'atelier de. Germain Pilon est <( rompu )>, le tombeau proprement dit de Henri II était terminé. En effet, à la date de 1570-1S71, on lit dans la Renaissance des arts à la cour de France^ p. 352 : « Somme de la dépense de la sépulture du feu roi Henri, que Dieu absolve, 8,038 1. 18 s.; » et l'inventaire de Médéric de Donon ne contient que des objets destinés à la décoration de la chapelle et non pas au tombeau proprement dit, à l'exception d'une seule j)ièce. Parmi les débris de marbres décoratifs^ les bouts de chapiteaux et de corniches, les tronçons de colonnes dans un coin, et à la fin de l'énumération on trouve « un gisant d'une femme en marbre blanc, YI pieds de haut sur II pieds de large ». Étant établi que le tombeau était terminé, que pouvait signifier la présence de cette statue parmi tous ces fragments et ces morceaux de rebut ? A ce moment, elle n'était certainement plus destinée au monument achevé et parachevé avant le licenciement de l'atelier*. Rappelons-

1. Mémoires de la Société de Ihistoire d^ Paris, t. Ul, p. 250 et 251.

2. Plus tard^ vers 1583, quand on se remit à travailler à la rotonde, on ne toucha plus au tombeau primitif. Les deux statues gisantes et habillées du roi et de la reine, exécutées en 1583 par Pilon, constituèrent une addition nouvelle, mais n'altéraient et ne complétaient en rien l'ordonnance primitive du tombeau. Cf. Mémoires de la Société de l'histoire de Paris, t. III, p. 272.

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