‹ Alexis Vrithoff, compagnon des capitaines Jacques et Joubert au lac TanganikaChapitre 36 sur 94 · CHAPITRE TROISIÈME. 8l · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME. 8l

Dimanche, 2 août. — J'ai quitté Kilossa à six heures du matin pour arriver à une heure après midi à Moumim-Sagara. Beaucoup de villages sur la route, tous situés sur le versant des montagnes ; on suit une magnifique vallée remplie de bananiers et de palmiers et arrosée d'une rivière, la Condoa, que l'on traverse deux fois; c'est bien autrement joli que la vallée de la Meuse ! Un Père de la mission de Loulonga vient nous retrouver avec le capitaine vers deux heures et demie. Il restera avec nous jusque demain matin et il couchera dans ma tente. On ne pourrait pas avoir meilleure compagnie, et nous aurons la messe.

Lundi, 3 août. — Le Père assiste au départ, qui s'effectue seule nent à sept heures et demie au lieu de cinq heures et demie, car les porteurs ne voulaient pas lever le camp ; ils fuyaient dans la foret ; on en arrête quelques-ur.s à qui on donne de la chicotte. A onze heures et deir.ie, on arrive au pied de la fameuse montagne près de Kirassa. — Comme le capitaine est indisposé par le commencement d'un fort rhume, on décide de camper à Kirassa au pied de la montagne et de la gravir demain au lever du soleil. On a posté douze sentinelles pour la nuit, car l'endroit n'est pas très sûr, par suite du voisinage des Wahéhés qui pillent les caravanes; mais comme la nôtre est grande, il est probable qu'ils n'oseront pas se montrer. Pour la première fois, je suis de garde la nuit, de minuit au lever du soleil, afin de faire la ronde près des sentinelles ; le camarade Docquier veillera de huit heures à minuit.

Mardi, 4 août. — Je n'ai pas eu froid la nuit, mais mon pardessus m'a rendu beaucoup de service. Tout s'est passé pour le mieux : pas d'attaque. A cinq heures et demie, on escalade la montagne, dont l'accès n'est pas difl&cile. Après une demi-heure de repos, on traverse le pori rocailleux de Kidété, et on arrive au camp de Kidété à deux heures, après avoir traversé la rivière Condoa.

Le village de Kidété n'existe plus : il a été détruit par les Wahéhés. Maintenant, je suis à peu près toujours à l'arrière-garde : la marche y est plus facile, mais on arrive très tard au camp.

Alexis Vrithoff. f,

Mercredi, 5 août. — Je pars pour Tambi vers six heures du matin, et après avoir traversé à dos d'âne un grand marais, j'arrive au camp avec Renier à quatre heures après midi. En me mettant en route, j'avais un commencement de fièvre, mais cela ne m'a pas empêché de bien manger à l'arrivée, ce ne sera donc pas grave. Imaginez-vous que j'ai fait tout le trajet avec mon par'!» dessus, car il ne faisait pas du tout chaud. Demain, on partira à sept heures pour Toubokoué. Le pays a manqué de charmes pendant deux jours, mais le pori redevient magnifique. On se trouve dans un endroit entouré de marais et de grandes herbes. Nous venons de tuer trois pintades.

Jeudi, 6 août. — Le voyage d'aujourd'hui n'est pas long. On quitte Tambi à huit heures, et à onze heures on arrive à Toubokoué. 11 y a peu d'eau ici. Je n'ai plus rien de la fièvre; il est vrai qu'étant le médecin de la caravane, je dois soigner tous les malades.

Page 1