I.a flpur de la j#»nn«*s«^ pst-elif* refï<»uri
lit vicnl-il, 1 cluuiJi, r;uilci" ma rcvwic '.'
Par la chutf* ■''■< w.'ir-< m,... ii,,,. ...>.i,.i,>r.;.. A lai^sr s;-s . '
Du fardeau ui;i.. j .. ,„....,,
J'ai vécu, j'ai souffert, et je me suis guérie.
(!) II lui écrivait an mois de mai de cette ann«'e iRi3 : « Vous atreztort de croire que le silrnc<« v.c dit rien; il en dit ;s beaucoup, el
m^me trop, et rm'me pas as<.^z .. » '-fEavm / , p. a43.)
(a) Dans l'aUjum de Marie " ' ; contient 1 oritçinal de ce son-
net et des suivants, au lieu d.- t Musset a écrit Paal Foacher.
1^ variante est amusante, Pt do:i '.n; unson à ceux qtii prétendaient que Paul Foucber songeait à demander la mam de Marie.
Hclas ! qu'il est donc loin le printemps écoulé ! Que d'étés ont séché son vert çazon foulé ! Que de rudes hivers ont refroidi sa sève l
Mais de votre amitié le doux germe envolé A retrouvé sa place, et mon cœur consolé En recueille les fleurs au chemin que j'achève.
A quoi Musset répondit sur-le-champ :
Quand par un jour de pluie, un oiseau de passage Jette au hasard un cri dans un chemin perdu, Au bord des bois fleuris, dans son nid de feuillage Le rossignol pensif a parfois répondu.
Ainsi fut mon appel par le vôtre entendu,
Et vous me répondez dans notre cher langage ;
Ce charme triste et doux, tant aimé d'un autre âge.
Ce pur toucher du cœur, vous me l'avez rendu.
Etait-ce donc bien vous, si bonne et si jolie ?
Vous parlez de regrets et de mélancolie ?
— Et moi peut-être aussi, j'avais un cœur blessé.
Aimer n'importe quoi, c'est un peu de folie... Qui nous rapportera le bouquet d'Ophélie De la rive inconnue où les flots l'ont laissé ?
Nouvelle réponse de Marie Nodier :
Ce doux bouquet mouillé qui s'effeuille à nos yeux Et nue jamais la main n'a pu reprendre ou suivre, Ne le regrettons pas ! J'ai lu dans un vieux livre Que son nœud détaché voulait parler d'adieux.
Du foyer paternel, vous, l'esprit radieux, Dans l'ardente mêlée où le triomphe enivre. Vous vous souvenez donc qu'en esssayant de rirre Ensemble nous étions partis d'un vol joyeux ?
Nous avons traversé la merveilleuse plaine Où la fleur du jeune Age, amicale cl sereine, Dit : « La vie est charmante et l'avenir béni. »
Puis je vous vis monter quand je perdis haleine. A la cime des monts votre aile souveraine Allait chercher son aire, et je gardais mon nid.
l'ahsenal et le ck.naci.e 89
Musset, piqué au vif, rt^pliqua séance tenante :
^'ous les rei^rettiez presque en me les envoyant
Ces vers, beaux comme un rr-ve cl purs comme l'aurore.
« Ce malheureux ^aryou, dibicz-vous eu riant.
Va se croire obligé de me répondre encore. »
Bonjour, ami sotmot, * ' -i bienveillant.
Poésie, amiti '• ij;u' S* \ nore,
Gentil houtjuct de (leurs d;; l;iniics tout bril'.inl, Que dans un noMc cœur un soupir fait ce! '■.
Oui, nous avons ensemble, i peu près, commencé A sons^er ce ^rand sonçc où le monde c:>l bercé. J'ai perdu des proct-s bien chers, cl j'en appelle.
Mais en vou-^ tout rejcret a cessé.
Meure mon ii : , quand ma pauvre eerrelle
Ne saura plus acuiir le charme du passé I
Ainsi finit cette correspo: ' sentimentale. Quel-
ques jours après, Paul cl<- i, qui s'apprêtait à
partirpour l'Italie, faisait le voyage de Versailles pour dîner chez M"» Auhernon, femme du préfet de Seineel-Oise. N'ayant point trouvé la familleAubernon à la préfecture, il se rendit à Mcudon chez son ami Hetzel, l'éditeur, qui dînait en compagnie de M. Obeuf, maire de Bellevue. Après le repas, les trois amis décident d'aller à Pontchartrain. Obeuf attelle son cheval, les voyageurs se serrent sur le siè^^e qui contenait deux places à peine, et ainsi véhiculés, Paul de Musset, Obeuf et Hetzel arrivent dans une auberge de Pontchartrain. On soupe à peu près convenablement, puis on se couche. A Paul de Musset échoit la chambre d'un roulier; Hetzel couche dans un poulailler et Obeuf je ne sais où. Tous trois dorment mal, dévorés par les punaises, et le lendemain matin ils rentrent à Paris, où Paul de Musset trouve dans sa chambre son ami Bonnaire, de la Revue des Deux Mondes, qui exécutait des gambades fantastiques. Mis au
courant des incidents comiques de ce petit voyage, Alfred de Musset, plus jeune et plus en verve que jamais, s'amusa à les mettre envers (i). Nodier, à
(i) Les voici, tels qoe M. Lorin Fes a publies dans le bullelin de la Société archéologique de Rambouillet, année i88g :
LE VOTAGB A POXTCHAHTRAIM
Prèle ton cabriolet neuf, Obcuf I
Paul, un soir, par la çauche rive
Arrive
Croyant voir Madame Aubernon,
Mais non !
OJi faut-il, en quittant Versaille,
Qu'on aille ?
Retrouver Hftzcl à Mcudon ?
Va donc !
Hetzel, dînant sur la pelouse,
En blouse, Rég'alait un de ses amis
liiea mis.
La compagfnie offre une prise.
Surprise !
On sert au convive nouveau Du veau
Ça, dit Hetzel, cassant la croûte,
Kn roule !
Pour voir Montfort et Pontchar- [train,]
Bon train 1
Je crois, dit Paul, que l'on m'iorite
Bien vite; Ce n'est pas d'aller à Montfort
Mon fort.
Sur un cheval ou sur un âne
C'est crâne.
Mais, dit Hclzcl, nous n'irons pas
Au pas.
Je vais tirer de ma sacoche Un coche.
Paul accède, et, bravant la Parque,
S'embarque !
Il quitte pour faire sept lieues
Ces lieux.
-- Obcuf, je trouve que la hotte
Cahote;
Nous sommes comme des hareng^s
Ko rangs I
— Mais laisserons-nous dans l'at-
[tente]
Ma tante ?
Dit Obcuf; j'ai d'un souper froid
Effroi.
Hetzel, tranquille et sans rancune
Aucune,
Dit : j'ai ma foi, dans ce rechaud
Très chaud.
i3 Le coche près d'une charrette
S'arn'le I O spectacle ! on découvre au loin
Du foin 1
Mais déji sur la nappe blanche
L'cciannhc Fumait, écrasant de son poids
Des pois.
i5 Et, couvrant d'un vin délectable
La Uble,
Une jeune enfant, douce à voir
L'œil noir.
L AnSBSAL ET LE CENACLE
qui Hetzel en avait récité certains passages, voulut lire
iG Le front baissé sona ca cornette
Fort Dcltf, Faisait froufrou de son jupon Fripon.
— Mesiieurs, dit avec politesse
L'hdtcsse,
Tous «Ticx deux coussins étroits
Pour trois.
— Non pas, dit Hetsel : sar mon
[Imc,] Madame, J'ai trouvé re cabriolet .Mollet I
Mais Obcuf comme une torpille
Roupille
— Tu l'en vas di'jà le coucher.
Cocher ?
ao
Paul pourfend comme une flam-
[bergc]
L'aubcrcr ;
Hetzel va dans le |}uulailler
Bâiller.
Alors arrivent les ponaises
liien aises De pouvoir d'un jeune élranger Manger.
Mais Hetzel, trouvant CEstafette
Parfaite,
Lit jusqu'au bout ce matinal
Journul.
Dans son lit, Paul, dontle nez gonfle
Kl ronfle,
Donne au dinble tous ces tandis
Maudits.
»'♦ Un roulier, tenant sa chandelle
Très belle,
Le réveille avec ses sabots
Pus beaux.
Mais déjà dans la cheminée
Mince Voit ses enfants efTaroucbcs Couches,
Et sur la gouttière que dore
L'aurore Fait sa toilette un frduqast Frisquet.
Paul, se penchant à la croisée,
Huisce, Déccavre Hetzel sous un hangar
Hagard.
— Oh 1 dil-il, l'air tous enlumine
La mine;
Vous n'avez pas très bien dormi,
L'ami !
— J'ai, dit Hetzel, fait nn bon [somme] Ba somme; Biais je me suis levé matin, MâUol 3o Obeuf, devant son haridelle
Fidèle Sous renseigne d'un cabaret Paraît.
3i Adieu, vallons, coteaux, campa-
Montacnes !
Paul rentre sur ses cchalas Fort las.
Et, de retour dans sa chambrette
Proprette, II trouve, sur son canapé Campé
Bonaairc, qui. sombre, à peine ivre,
Se livre
A d'inconséquents et fréquents
Cancans.
g 2 ALFRED DK MUSSET
toute la pièce. Alfred la lui envoya et reçut un beau matin en échang-e les stances humoristiques qui figurent dans ses Poésies nouvelles, entre le troisième sonnet à Marie et la Réponse à Ch. Nodier,
Ce fut le dernier chant du joyeux conteur de l'Arsenal. 11 était déjà malade quand il jetait sur le papier ces rimes légères. Il mourut en i844, emportant les regrets de tous ceux qui l'avaient connu. Et dans la foule qui le conduisit au cimetière plus d'un récitait tout bas les vers de Musset sur l'Arsenal :
Gais comme l'oiseau sur la branche,
Le dimanche, Nous rendions parfois matinal
L'Arsenal.
La tête coquette et fleurie
De Marie Brillait comme un bluet mêlé
Dans le blé.
Tachés déjà par l'écriloire.
Sur l'ivoire Ses doigts lés^crs allaient sautant
Et chantant.
Quelqu'un récitait ({uelque chose.
Vers ou prose, Puis nous courions recommencer
A danser.
Chacun de nous, futur grand homme,
Ou tout comme, Apprenait plus vile à l'aimer
Qu'à rimer.
Alors, dans la grande boutique
Romantique, Chacun avait, maître ou garçon.
Sa chanson ;
Nous allions, brisant les pupitres
Et les vitres, Et nous avions plume et grattoir
Au comptoir.
LAHSkltAI. BT LB càNACLK g3
Hugo portait dè\h dans l'âme
Notre-Dame.
El comment-ail à s'occuper
D'y grimper.
De Vigny chantait sur sa lyre
Ce beau sire fhii mourut sans inettrc à l'envers
Ses bas verts.
Antooy battait avec Dante
Une andante; Emile ébauchait vite et tôt
Un presto.
Sainte-Beuve faisait dans l'ombre
Douce et sombre, Pour un œil noir, un blanc bonnet,
Un sonnet.
Et moi de cet honneur insigne
Trop iudigne.
Enfant par hasard adopta
Et gâté.
Je brochais des ballades, l'une,
A la lune.
L'autre à deux yeux noirs et jaloux
Andaloux.
Cher temps, plein de mélancolie.
De lolic, Dont il faut rendre à l'amitié
La. moitié i
Pourquoi, sur ces flots où s'élance
L'Espérance, Ne voit^on que le souvenir
IleviMiir?
Si jamais ta Icle oui penche Devient nlanche.
Ce sera comme l'amandier.
Cher Nodier:
Ce qui le blanchit n'est pas l'âge.
Ni l'orage ;
C'est la fraîche rosée en pleurs Dans les fleurs.
Et moi qui viens de les transcrire de mémoire, je dirai en finissant : ce sont ces petits vers pimpants et spirituels qui rajeuniront éternellement la figure de Charles Nodier.