‹ Algérie nouvelleChapitre 1 sur 71 · IL A ÉTÉ TIRÉ A PART I · texte numérisé non relu

IL A ÉTÉ TIRÉ A PART I

Huit exemplaires sur papier de Hollande numérotés

et paraphés par l’éditeur.

Je dedie ce livre à un Français , à l'explorateur qui en 1886 voulait installer un établissement français au Cap de l'Eau et en fut chassé non par les marocains mais par notre gouvernement ; au politique avisé qui dès cette époque indiquait solution pratique à la question du Maroc; à l’homme de l’action qui en i go o fonda Port-Say le port français du Maroc oriental.

J'ai nommé Louis Say.

EN GUISE DE PRÉFACE UNE CITATION DE M. LE GOUVERNEUR GENERAL JONNART, ET UNE CITATION DE M. GABRIEL HANOTAUX

Celle de M. Hanotaux d’abord, car elle précise la nature de l’effort qui nous est aujourd’hui permis au Maroc par les traités.

« Comment dégager , disait V ancien ministre , la formule générale de notre travail futur au Maroc '? C’est une sorte de collaboration.

« Ce n’est, bien entendu , ni une annexion , ni un protectorat : c’est une alliance. Oui , nous allons faire au Maroc une collaboration avec un allié qui sera obligé de compter beaucoup avec

nous; c’est une collaboration d’ influence. »

(Discours prononcé au déjeuner de la fédération des industriels et commerçants français.

Compte-rendu de la Presse Coloniale , 24 mars 1909.)

Dans quelle partie du Maroc pourrons-nous pratiquer le plus avantageusement cette collaboration ?

Le gouverneur général de l’Algérie nous l’indique.

Le 30 mai 1908, devant les coupes de Rouïba mousseux que les personnages du Conseil supé- t rieur de l’Algérie allaient boire, M. Jonnart disait en effet :

... A' la longue, voyez-vous, les vieux pays s’énervent , s’anémient , con flnés dans leurs frontières.

Il faut que les vieilles races se renouvellent et se retrempent , qu'elles débordent au dehors, que les qualités qui font les grands peuples aient l’occasion de se déployer, qu’un vaste champ soit ouvert aux initiatives , aux énergies, à l’esprit d’aventures, contenus , comprimés , emprisonnés dans les limites trop étroites de notre continent européen.

Les indigènes algériens ont le même intérêt que nous à voir cesser le désordre et V anarchie qui désole l’ Empire Marocain. Ils peuvent constater qu’en dépit des jalousies et des hostilités nous maintenons nos légitimes prétentions jusqu’au Guir et à la Moulouya. Nous nous sommes chargés d’assurer l’ordre sans esprit de conquête , mais conscients de nos droits nous V assurerons .

On ne saurait mieux dire.

Jusqu’au Guir et à la Moulouya... Voilà notre Algérie nouvelle, ouverte à nos initiatives , à nos énergies , à notre esprit d’aventures.

Pour que nous ayons l’occasion de déployer dans ce vaste champ les qualités qui font les grands peuples , M. Jonnart nous a promis que le gouvernement de la France y assurerait l’ordre.

Eh bien! les gens d’initiative et d’énergie, les gens — ne disons point les gens d’aventures — les gens d’affaires ne demandent précisément que cela, tout simplement, tout bonnement, l’ordre assuré... mais pas comme en Algérie, grands Dieux !

Car si dans îe naufrage marocain nous n’a-

vious sauvé la région qui va jusqu’à l’oued Guir et à la Moulouya que pour y faire une nouvelle Algérie, ce serait vraiment à désespérer de tout.

Or, nous ne voulons pas, nous ne pouvons pas désespérer. Nous espérons.

Le gouvernement général de l’Algérie voit dans le Maroc oriental un pays destiné à nous permettre de compléter notre effort algérien.

Le ministère des affaires étrangères, me semble-t-il, y voit un pays destiné à nous payer de tout ce que notre effort marocain eut... d’inutile.

Gomment pourrons-nous réaliser tel espoir?

L’objet de ce livre est de le montrer.

Algérie Nouvelle

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