III. — Oudjda , ville de commerce
Note du secrétariat de Louis Say :
Car Oudjda est une cité marchande, entourée de
200.000 pieds d’oliviers, peuplée par 10.000 iraficants, dont Thabileté commerciale est proverbiale et a fait de leur ville, depuis l’antiquité, le grand marché central où viennent s’approvisionner le Maroc oriental et les nomades du Sahara.
Oudjda fait 40.000.000 d’affaires par an. — Ces 40.000.000 passant par Port-Say produisant le 1/10 de frais ou de manutention et laissent 4.000.000 nets au port transitaire.
IV. — Sur V intelligence commerciale du consommateur marocain.
Un sophisme nous est opposé toutes les fois que nous souhaitons un effort du commerce français pour l’ouverture d’un marché nouveau. « A quoi bon! répondent beaucoup de gens. Il y faudra camelote bon marché et puisque vous posez la condition d’une importation de produits français, nous devrions vendre trop cher un produit trop bon. Et nous ne vendrions rien. Alors, à quoi bon des sacrifices pour ouvrir et outiller un marché, alors qu’il ne serait point pour nous. » Et ces gens retombent dans leur inertie.
Eh bien! le sophisme de la camelote bon marché ne saurait jamais être une excuse à la paresse routinière de nos capitalistes, de nos industriels, de nos commerçants, principalement pour ce qui est du Maroc oriental.
Tout ce que j’ai déjà dit sur le compte des marocains prouve surabondamment qu’ils ne sont point des imbéciles.
Pour le commerce particulièrement leur intelligence dans le choix de la consommation en fait des clients dignes de tout notre effort.
Méditez le petit fait suivant.
Il y a plusieurs marques de sucre qui se disputent le marché marocain.
J’étais chez un négociant importateur de Port-Say, M. Attias. Et je voyais que la marque demandée par les acheteurs marocains était celle qu’ils payaient le plus cher.
Le négociant me dit :
— Les consommateurs font la différence entre le goût des divers sucres, et entre leur capacité de sucrage. Ils connaissent bien la marque de celui dont l’arôme plaît, et c’est cette marque qu’ils exigent bien qu’elle coûte plus cher.
... Et il serait inutile de mettre cette bonne marque sur un sucre inférieur, l’acheteur ne serait trompé qu’une fois...
Cela n’est qu’un petit fait.
D’accord.
Je le crois néanmoins digne de retenir la méditation des gens qui pourraient douter encore de l’avenir français du commerce dans le Maroc oriental.