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Alger: Étude de Géographie et d'Histoire urbaines

Lorsque nous avons publié, en 1925, une esquisse de géographie urbaine sur Alger, notre préoccupation première était de répondre au désir de la Municipalité de cette ville : elle attendait de nous en effet une introduction au plan d’agrandissement et d’embellissement qu’elle élaborait conformément aux prescriptions de la loi de 1919. Aujourd’hut, notre objectif principal est différent ; et, comme conséquence, nous avons estimé que les horizons de ce livre devaient être plus étendus.

Sans doute on y trouvera, de par la nature même du sujet, beaucoup de faits, de détails et de réflexions que l’on pourrait rapporter à cette scrence nouvelle que l’on appelle l’« Urbanisme» ; mais la pensée directrice qui nous a guidé dépasse les limites des questions proprement municipales. Il y aura, dans quelques mois, un siècle que la France a préludé à son œuvre, déjà longue, dans l’Afrique du Nord : il s’est trouvé que l’occupation d'Alger en a été le premier acte. Et depuis, l’ancienne capitale de la Régence, qui nous avait été livrée dans un état de déchéance complète, s’est transformée en une grande cité, des plus prospères, qui est la véritable tête de l’ Algérie. Faire l’histoire d’une sulle, rechercher les conditions naturelles, raconter et expliquer

les phases et les vicissitudes de son développement, définur ses diverses fonctions, déterminer le rôle qui lui est dévolu dans l’économie générale d’une contrée plus ou moins étendue, c’est assurément une tâche qui ne manque pas d’intérêt. Mais une étude de ce genre prend une signification particulière quand il s’agit de l’œuvre d’un peuple de civilisation ancienne dans un pays d'outre-mer, nouveau pour lui, et barbare, de son point de vue.

L'histoire d’ Alger est un chapitre de celle de la colonisation en Algérie. La prise de possession et l'exploitation du sol et du sous-sol, le peuplement français et européen des pays arabes et berbères, le réveil et l’activité croissante de la vie économique, ont déjà fait l’objet de nombreux travaux. Peut-être était-il opportun de rappeler aussi la part qui revient dans cette histoire à la colonisation urbaine. On ne saurait d’ailleurs l’en isoler ; tout au contraire, ne sera-t-on pas amené sans cesse, au cours de cette étude, à signaler des relations intimes entre les progrès et les crises des deux colonisations? Ce fut précisément la grande nouveauté et le grand mérite de l’œuvre française d’avoir réalisé cette union, cette collaboration et cette solidarité étroite de l’arrière-pays et des ports de la Méditerranée : Alger en est le plus éclatant témoignage.

Le titre de ce livre suffit, nous l’espérons, à prévenir le lecteur que la géographie et l’histoire y trouveront également leur place. Il eût été umpossible de négliger l’une ou l’autre. Nous avons essayé de leur faire, à chacune, la plus juste part, et dans la géographie en particulier, les circonstances physiques ont mérité notre attention, dans la mesure où elles pouvaient intervenir pour provoquer, faciliter ou contrarier le travail de l’homme. Tout est dit sur cette conception de la géographie humaine ;

nous nous estimerons heureux, s’il apparaît que nous y sommes toujours resté fidèle.

Les sources d’information étaient nombreuses et très-variées : documents d’archives, publications et statistiques officielles, ouvrages généraux et spéciaux, cartes et plans, gravures même. Il en est une à laquelle nous avons dû recourir ; 1l ne nous vient pas à l'esprit de nous en excuser. Les enquêtes personnelles sur des faits d’ordre économique et social s'imposent plus qu'ailleurs dans un pays tel que l’ Algérie, où beaucoup de sujets n’ont pas encore été abordés par les auteurs, où l'étude des villes est encore à ses débuts, où l'inventaire détaillé de toutes leurs ressources en hommes, en capitaux, en richesses de toute nature est à peine ébauché. Nous nous sommes adressé aux sources les plus sûres : on en trouvera la preuve dans les notes de ce livre. Nous avons dû parfois aussi, pour les dénombrements de population par exemple, compléter par notre travail personnel le travaul officiel, insuffisant pour nos recherches.

Nombreux sont ceux qui nous ont secondé dans notre tâche, soit en nous guidant dans les bibliothèques publiques et les archives diverses, soit en nous fournissant des renseignements pour notre documentation, soit en nous faisant profiter de leur expérience technique et de leur compétence spéciale. On trouvera leurs noms au bas de ces pages. Mais nous tenons à dire ic que nous avons rencontré dans tous les Services de la Colonie et de la Métropole, civils et militaires, auxquels nous nous sommes adressé, l’accuerl le plus sympathique et le concours le plus empressé ; nous leur adressons tous nos remerciements.

Qu'il nous soit permis de témoigner particulièrement notre reconnaissance à M. Esquer, archiviste du Gouvernement général de l’ Algérie, dont l’aide nous a été plus d’une fois précieuse

cieuse pour la publication de ce livre, à M. Braibant, archiviste du Ministère de la Marine, à M. Bourgin, archiviste des Archives Nationales, à M. Du Bus, bibliothécaire de la Brblrothèque Nationale, à M. Brincat, archiviste de la Préfecture d'Alger, à M. Cornetz, bibliothécaire de la Ville, à M. Pasquier- Bronde, adjoint au Maire d'Alger, à M. E. Poulain, chef des Travaux Municipaux, à M. Marcel Poulain, géomètre-opérateur, qui a bien voulu se charger de dessiner les graphiques, les croquis et plusieurs plans contenus dans cet ouvrage, à MM. les Officiers des Archives du Comité du Génie qui nous ont st obligeamment facilité la consultation de nombreux documents 1ntéressants, à M. le Lieutenant-Colonel Chatel, du I Groupe d'aviation d'Afrique, à M. le regretté Commandant Le Maitre, chef du Service topographique de la XIXe Région, qui a bien voulu présider à la mise à jour du Plan d'Alger dont le Service géographique de l'Armée a fait pour nous un tirage spécial, et enfin à M. Augustin Bernard, professeur à l’Université de Paris, à qui nous sommes redevable de ses encouragements et de ses conseils.

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