‹ Alger: Étude de Géographie et d'Histoire urbainesChapitre 278 sur 465 · Voici les chifires · texte numérisé non relu

Voici les chifires

Kabyles..11580/225812829/2873/28851365415704| 623114852/18171178 23702604 Mozabites.| 629) 702] 803] 710] 777112761924] 2061,2233| 86111027 1153/1322 Biskris...| 595] 861| 824] 662] 664| 861| 921] 9701038) 75611009 10201187

Nègres libres. .| 351] 351] 408] 427) 411| 441! 491! 527] 548] 563] 272 411) 418 Laghaouatis. . .| 81] 91! 116) 118) 148] 153] 247] 260] 330) 110] 248 283| 887 Mzitas ...| 146| 185] 273] 279] 313) 342] 383] 408] 468| 206! 318 466! 259

En 1851 et en 1855, pour arriver au total, on doit ajouter 250 et 807 divers.

2. Arch. Nat. F80 708 (doc. c.) 3. Idem., F89 556. Projet d'arrêté du Gouvernement général, 20 sept. 1854. Il mentionne lé nombre important des isolés non classés dans les corporations,

À dater de 1881 en tous cas, s’il faut en croire les statistiques, la population musulmane d’Alger ne cesse plus d’augmenter ; c’est-à-dire que des immigrants de l’intérieur viennent de plus en plus nombreux chercher dans la capitale des moyens d'existence. Le fait est parfaitement vraisemblable, Alger devenant de plus en plus susceptible de leur en fournir. On est ainsi tout naturellement amené à cette conclusion, que le nombre des Indigènes musulmans a varié — et ceci depuis le début jusqu’à nos jours — en fonction de la prospérité des affaires, avec cette réserve cependant que, si la population flottante, plus mobile et plus sensible aux crises passagères, a toujours été proportionnellement nombreuse, il s’est établi, dans la masse des immigrants, un noyau plus stable qui est devenu urbain, et qui, généralement après mariage sur place, s’est fixé et a fait souche. N'est-ce pas, après tout, le processus ordinaire pour les éléments étrangers d’origine européenne ?

Dès 1851, on fait cette distinction nette entre les « hadars » descendant originairement des Berranis, mais nés dans la ville, y ayant un établissement permanent, sans esprit de retour, et ceux qui sont considérés comme des nomades. En 1857, on estime que, dans les corporations, les départs sont de moins en moins nombreux, qu’il y a une tendance marquée de leurs membres à se fixer et que l’on pourra trou-

tels que les Gharabas, Chleuhs et Rifia du Maroc, des Tripolitains, des Tunisiens, des Souâfa et Rouagha de Touggourt et d'El Oued, des Châämba, des Beni-Abbas de la Petite Kabylie, des Oulad-Naïl ete. et des espèces de nomades bohémiens vivant de vols.

4. Arch. Nat. F80 556. Lettre du Ministre au Gouverneur Général, 23 mai 1851.

ver dans l’établissement d’une taxe annuelle un moyen de remédier au déficit du budget !. Aujourd’hui, on peut, dans une certaine mesure, faire ce départ, en parcourant les feuilles des recensements. C’est ainsi que nous avons pu compter dans la population musulmane d’Alger, un peu plus de 8.000 individus hommes vivant en célibataires ?, sur les 55.000 et quelques de la totalité. Pour qui connaît les mœurs des indigènes, la plupart de ces habitants sont en réalité des chefs de famille des tribus de l’intérieur venus pour ramasser un pécule : c’est l’élément instable. Mais par ailleurs on en trouve quantité d’autres nés dans Le « bled », mariés dans leur pays ou à Alger et établis avec leur famille : c’est l’élément fixé. Pour ceux-ci, la ville offre toujours plus de ressources que la terre des douars ; si l’on en veut une preuve, c’est l’afflux qu’amène dans les villes toute crise grave atteignant l’agriculture ou lélevage. Pour cette raison, la disette dans les tribus a toujours été une menace pour la santé des populations urbaines ÿ.

Ainsi, au résidu de l’ancienne population des Maures, dont on ne peut dire exactement ce qu’elle est devenue numériquement, 1l s’est ajouté tout un peuplement indigène nouveau, venu de l’intérieur ; jadis, avant 1830, c’est presque exclusivement par la mer que les musulmans d’Alger recevaient des renforts. Les travaux et les progrès du port d’Alger,

1. Idem. Lettre du Ministre au Gouverneur Général, 16 déc. 1857.

2. Ils sont en effet comptés comme chefs de ménage, mais sans famille, et par conséquent facilement reconnaissables.

3. Dr Lemaire, o. c., 1927, p. 103 et 1925, p. 95. Le fait est constant. Toutes les calamités de l’intérieur déterminent un exode vers les villes. Le mouvement inverse est exceptionnel et réduit à quelques individus.

l'accroissement des manipulations (charbons, minerais, vins etc.), la manutention des marchandises dans les entrepôts et les magasins de la ville, la prospérité de l’industrie du bâtiment ont fourni des ressources à la main d'œuvre indigène appréciée surtout comme peu coûteuse. Le mouvement vers la grande ville, favorisé par le développement des moyens de communication et par la suppression des mesures administratives qui restreignaient la circulation, s’est accentué de plus en plus, surtout chez les Kabyles dont les facultés d'adaptation aux divers métiers sont particulièrement remarquables. Depuis la guerre on a pu observer une progression manifeste de la main d'œuvre indigène à Alger. Les causes en ont été parfaitement définies par le DT Lemaire ! : C raréfaction de la main d'œuvre européenne pendant la guerre (on pourrait ajouter : © et encore plus depuis la crise des changes »), salaires élevés engageant la main d'œuvre indigène à se porter vers les grands centres, développement de la petite industrie, des petits métiers et du négoce auquel l'élément Kabyle est merveilleusement adapté, disette à l’intérieur du pays, comme en 1920, adaptation plus facile de l’Indigène aux conditions précaires du logement, acceptation du logement en commun et du surpeuplement, qui pour certains est encore une source de bénéfices. » Sans doute aussi le service militaire obligatoire et le séjour des Indigènes dans les grandes villes manufacturières de France ont-ils eu la même influence sur eux que sur les Européens des campagnes. La grande ville est d’ailleurs meurtrière pour cette population, atteinte surtout dans la première enfance ?. On s’explique

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