TOTALE
1. Par rapport à la population française : 559 contre 2.750, en 1926. Les Espagnols dominent (395), mais les Italiens, ouvriers et jardiniers, sont relativement assez nombreux (227).
2. Vallée des Consuls : 191 habitants en 1921, 381 en 1926 ; Notre-Dame d'Afrique : 76 en 1921, 211 en 1926.
Soit une augmentation totale de 325 habitants. À Saint-Eugène, elle a été de 388. Le nombre des maisons est passé de 40 à 78.
3. Pointe Pescade avait 847 habitants en 1911, 866 en 1921, 1.306 en 1926.
4. Bains Romains : 435 habitants en 1911, 442 en 1921, 456 en 1926. Mais
On doit enfin signaler, pour la commune entière, l’accroissement rapide du nombre des Musulmans, qui a plus que doublé depuis 19061. L’examen détaillé des dénombrements de 1921 et 1926 montre que les Kabyles ne négligent pas cette commune et trouvent à s’y employer comme journaliers. Ils étaient moins de 100 en 1921 ; en 1911, nous en avons compté — estimation minimum — 250 ; en 1926 nous en reconnaissons 575.
Aucun territoire de la banlieue d'Alger n’est aussi accidenté que celui de la commune de Bouzaréa. Il n’existe aucune route carrossable qui en unisse directement le centre à l’agglomération de Saint-Eugène, et 1l y a une vingtaine d’années encore, on n’y accédait de Bab-el-Oued que par le chemin escarpé du Beau Fraisier ? ou par l’ancien chemin turc, improprement dénommé « chemin romain », raidillon aussi abrupt que pittoresque, qui du ravin du Frais Vallon et de la célèbre maison « du Médecin maure », escaladait les pentes du versant Nord. Aussi ne trouve-t-on que des groupes d'habitations insignifiants au débouché de ces deux vallées encaissées. Le Beau Fraisier (96 mètres) est d’ailleurs une dépendance de Bab-el- Oued bien plus que du village de Bouzaréa qui le domine de 275 mètres. C’est la section la plus peuplée de la commune #,
le nombre des maisons est passé de 79 en 1921 à 96 en 1926 ; à Pointe Pescade, de 149 à 233.
1. Population indigène de la commune de Saint-Eugène, de 1881 à 1926: 1881.. 454h. 1891.. 547h. 1901.. 624h. 1911.. 1060h. 1926.. 1.631 h. 1886.. 622 1896028570 19062755 1921.. 4.298
2. Route dite des Carrières dont les pentes étaient presque inaccessibles à une voiture chargée.
3. Population totale de la commune de Bouzaréa en 1926 : 2.333 habitants, au Beau Fraisier, 611 habitants, au Frais Vallon 341.
où se rassemblent autour d’une vingtaine de cultivateurs propriétaires une population d'ouvriers et de journaliers européens et indigènes. Le Frais Vallon n’est habité que d’une manière éparse par des laitiers Maltais, des Espagnols jardiniers et maraîchers, dont les produits s’écoulent sur Alger. Dans de telles conditions on hésite à considérer comme un prolongement d’Alger le petit village de Bouzaréa, assis, à quelques mètres au-dessous du sommet, sur le col qui unit le ravin des Beni-Messous à celui du Beau Fraisier. C’est une agglomération bien maigre de 286 habitants !, dont l’unique chance de développement réside dans la salubrité de son climat et la possibilité d’y créer une station d’estivage.
De là rayonnent aujourd’hui quatre routes carrossables, le chemin forestier de Baïnem vers les Bains Romains et le littoral, celui qui relie Bouzaréa à la route d'El Biar à Cheragas, la nouvelle route de Bouzaréa à El Biar, celle du Frais Vallon sur Bab-el-Oued, enfin la route stratégique du fort et de la batterie Sidi ben Nour. C’est certainement en bordure et aux alentours de celle-ci que l’on observe à l’heure actuelle, près du Village Céleste (Observatoire) et au-dessous de la batterie, les progrès les plus notables de la construction. Les communes de Saint-Eugène, de Bouzaréa et le quartier de Bab-el-Oued se touchent dans la partie basse des pentes et prennent chacune leur part de ce développement que nous avons déjà signalé
1. Si les chiffres des derniers recensements sont exacts, il y aurait une régression marquée ; mais 1l nous est impossible de savoir si, en 1906 et en 1911, on n’a pas compté comme agglomérée la population du Village Céleste qui en 1925 était de 235 habitants ou celle de la Vigie qui était à la même date de 157.
à deux reprises . D'un autre côté Bouzaréa finira peut-être, dans un avenir assez proche, par se relier à El Biar, le long du chemin où se trouve l’École normale. Mais, par dessus tout, des perspectives nouvelles s’ouvriraient le jour où l’on réaliserait un des projets de funiculaires étudiés depuis longtemps avec l’idée d’unir directement au sommet du massif Bab-el-Oued et Saint-Eugène. Sur le trajet d’une voie de cette nature, on conçoit parfaitement l'installation de nombreuses villas où des estiveurs pourraient jouir à la fois de la fraîcheur du climat et de la beauté incomparable des horizons ?.
El Biar, situé à une plus faible attitude (240 mètres) sur un plateau dominant Alger du côté de l’Ouest #, offrait de meilleures conditions naturelles pour devenir une annexe de la grande ville : en fait il en fut ainsi, même antérieurement à la conquête 4. En outre, notre occupation et la mise en valeur par la colonisation des riches terres du Sahel en firent dès le début la clef des routes qui l’unissaient à Alger et consacrèrent ainsi l’importance de cette remarquable position. El Biar se trouva en effet sur le trajet de la première route, commencée en 1832, d'Alger à Blida par Dely Ibrahim et Douera, voie dont un embranchement conduisait à Coléa, et bientôt (1846) sur la nouvelle route de Coléa par Cheragas et Staoueli 5. Aussi l'Administration n’eut-elle pas besoin d'intervenir pour