‹ Alger: Étude de Géographie et d'Histoire urbainesChapitre 377 sur 465 · Voir p · texte numérisé non relu

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ce dernier fait et les remèdes que l’on envisage pour parer à une situation qui compromettrait l’avenir du port d’Alger. La moyenne quinquennale de 1922 à 1926 est inférieure de plus de 150.000 tonnes à celle de la période de 1909 à 1913. On doit remarquer du reste que si le nombre des navires relâcheurs est inférieur de plus de la moitié, les quantités moyennes de charbon de soute embarquées sur chaque navire sont plus que doubles !. Ainsi s’explique que le stockage ait dû augmenter dans des proportions analogues ?.

Les exportations de vins sont également inférieures à celles d’avant-guerre # ; il y a moins de raisons d’en être alarmé ; elles sont en effet fonction de l’abondance de la récolte dont le relèvement est toujours possible et de la demande du marché métropolitain qui ne paraît pas en voie de diminution. Alger est le débouché principal de cette denrée pour l’Algérie, comme le département d’Alger en est le principal producteur. Depuis 1904, les expéditions avaient dépassé 3 millions d’hectolitres grâce aux vignobles du Sahel, de la Mitidja, de Médéa et de

1. 1909-1913. Moyenne annuelle du nombre des relâcheurs : 3152 ; quantités embarquées : 214 tonnes par navire.

1922-1926. Moyenne annuelle du nombre des relâcheurs : 1191 ; quantités embarquées : 414 tonnes par navire.

2. Ponts et Chaussées. Port d'Alger, 1926, p. 37. Stock au 1er janvier 1926 : 115.311 tonnes ; au 1€T janvier 1927 : 62.493 tonnes.

3. Tonnage métrique des vins exportés de 1908 à 1927 (Ponts et Chaussées, 0. c. Les eaux-de-vie sont comprises ; elles ne représentent qu’une très faible quantité) :

1910 549.526 1915 614.208 1923 313.781 1926 45k.914& (4.932.612 hl.) 1912 555.610 1918 179.397 1924 366.346 1927 (4.171.966 hl.)

Les expéditions sont influencées non seulement par la récolte, mais encore par le stockage.

Miliana. Elles n'avaient cessé d'augmenter pour atteindre en 1912 le chiffre de 4.832.,034 hectolitres. De 1914 à 1918, date à laquelle on enregistrait une baïsse très sensible due aux difficultés de transport plus encore qu’à la diminution de la récolte, les expéditions ne sont pas descendues au-dessous de 3 millions d’hectolitres et la Métropole a pu même recevoir, principalement pour la zone des armées, plus de 5 millions d’hectolitres en 1915 grâce à la récolte et aux stocks existants. Depuis 1919, les chiffres d’avant-guerre ont été peu à peu regagnés ; en 1925 il a été expédié près de 5 millions d’hectolitres. Le marché français a toujours absorbé la plus grande partie de ce trafic, par Rouen surtout, c’est-à-dire pour la région parisienne. Sète est aujourd’hui presque rejoint par Dunkerque, D’une manière générale, les ports de l'Océan et de ses dépendances reçoivent de plus en plus directement d'Alger les vins qui leur étaient jadis fournis par le Midi. Marseille n’importe guère plus que Nice; Bordeaux reçoit des quantités de plus en plus faibles 1.

Depuis 25 ans, Alger est un port exportateur de minerai de fer : c’est un des faits les plus marquants de son histoire contemporaine. Pendant longtemps, la prospection, particulièrement active dans le département de Constantine, stimulé

1. Chambre de commerce. Doc. stat. Port d’ Alger, 1913-1917-1926. Exportations, commerce spécial, p. 229, p. 143, p. 392. — Exportation des vins vers les différents ports français (hectolitres) :

Rouen Marseille Bordeaux Sète Nice Nantes Dunkerque Le Havre Brest

Les chiffres de 1917 s'expliquent par la guerre sous-marine.

par l’exemple de la Tunisie voisine, paraissait avoir négligé celui de la capitale. En 1902, on y embarquait à peine 16.000 tonnes de minerais, dont 13.000 en minerai de zinc!. Les mines de l’Ouarsenis, de Sakamody et de Guerrouma (40 et 30 kilomètres Sud-Est d’Alger) fournissaient la calamine, la blende et un peu de galène ; le fer venait d’Aïn-Oudrer (50 kilomètres Est d'Alger). Les années 1904 et 1905 furent marquées par la mise en exploitation des gisements du Zaccar de Mihiana, de Temoulga et de Rouïna. Les résultats justifièrent les les espérances. Tandis que l'exportation du zinc fléchissait, les mines de Sakamody ayant cessé de produire en 1904, celle du fer atteignait près de 100.000 tonnes en 1905, 186.000 en 1906 et dépassait 335.000 en 1907, chiffre approximatif du rendement de Beni-Saf qui avait détrôné Bône. En 1913 les expéditions s’élevaient à 540.000 tonnes. À eux seuls, les gisements du Zaccar étaient en état de fournir plus de 1.200 tonnes par jour, si les cours le permettaient. Après une baisse progressive de 1916 à 1921 inclus, les exportations ont repris avec vigueur ; plus de 600.000 tonnes ont été embarquées en 1927 ?. L’impor-

1. Chambre de commerce. Port d'Alger, 1902, p. 99-100. Voir aussi Gouvernement général de l’ Algérie. Notice sur les routes, les ports, l’hydraulique agricole et les mines en Algérie. Alger, 1906.

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