INTRODUCTION
En Algérie, comme dans tous les pays dont la géographie n’est pas encore écrite, la nomenclature géographique n’est pas fixée ; les rivières changent de dénomination suivant les localités ou suivant les territoires qu’elles traversent, et chaque sommet de montagne porte un nom particulier. La rivière principale d’une région est généralement Voued el keàir^ c’est-à-dire la grande rivière, le rio grande. La cime la plus importante s’appelle le nadoi\ c'està-dire la vigie, ou simplement le A'c/, le rocher.
Quelc^uefois, on ajoute la qualification de gharbi ou de chergui.^ c’est-à-dire d’oriental ou d’occidental ; de dahraoni ou de guebli, c’est-à-dire de septentrional ou de méridional. De là, une confusion très grande, résultant de la répétition fréquente des mêmes termes et de la multiplication des noms.
Les anciens avaient donné le nom d’Atlas aux grands sommets neigeux qui, au sud des Colonnes
d’ Hercule, semblaient être un des piliers qui portaient la voûte eéleste. Ce nom, d’abord restreint aux montagnes marocaines, s’est étendu à la grande chaîne qui limite au nord le Sahara et dont le Djebel- Amour et l’Aurès sont les masses principales.
Au moment de la conquête, par une synthèse trop prompte et insuffisamment raisonnée, on a appelé Atlas toutes les montagnes, inconnues encore, que Ton voyait devant soi et, plus tard, des géographes, incomplètement renseignés, en ont distingué les différents étages, parallèles à la côte, en petit Atlas, moyen Atlas, grand Atlas, dénominations qui ne se rapportent d’ailleurs à aucun groupement caractérisé.
Pour rendre possible l’étude de la géographie, il faut donc, tout d’abord, en ce qui concerne les rivières, rechercher dans chaque bassin hydrographique ]a ligne d’eau maîtresse et lui conserver jusqu’à ses sources le nom qu’elle porte à son embouchure.
Il faut de même s’efforcer d’arriver à une délimitation méthodique des massifs et des chaînes de montagnes, et leur attribuer des dénominations qui les caractérisent.
Pour obtenir ce résultat, on est obligé souvent de rompre avec les habitudes locales et même d’introduire certains noms nouveaux.
Les noms que nous proposons dans le cours de cette étude sont déterminés, soit par un sommet remarquable, comme V Ouarseiiis ou les Babor soit
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par un accident géologique important, comme les Biban; soit par la principale tribu qui habite la contrée, comme les Oulad Nayl^ les Béni Chouy rem; soit simplement par le nom d’une localité voisine : Tleencen^ Mascara^ etc. ; soit enfin, dans quelques cas où ces repères manquaient, par un nom géographique ancien, quelquefois oublié, mais historiquement connu, comme le Zab^ le Titeri.
Il est fort probable que les vieux Algériens s’étonneront de ces hardiesses de néologisme géographique, mais ils ne se sont point trouvés aux prises avec les difficultés d’un enseignement méthodique. Nous leur demanderons donc de nous ménager leurs critiques, et même de nous jmêter leur appui dans l’effort que nous tentons pour mieux faire connaître leur pays.
Nous avons indiqué les principaux traits de cette systématisation dans une petite carte schématique (au 1/5,000,000®), à laquelle il sera utile de se reporter tout d’abord, si l’on veut avoir une première idée d’ensemble de l’Algérie.
Cette carte devra se lire avec l’Esquisse sommaire suivante, qui servira ainsi d’introduction à la description de détail.