‹ AlgérieChapitre 120 sur 140 · TU ISIS · texte numérisé non relu

TU ISIS

rentun nouveau gouvernement de forme à peu près républicaine.

Le même système fut également adopté à la même époque par les États voisins de Tripoli et d’Alger; et il s’est conservé dans cette dernière Régence jusqu’au moment où la conquête des Français vint y mettre fin, en remplaçant la domination musulmane par une âomination européenne.

On donna tantôt le titre de Bey de Tunis , tantôt celui de Dey au nouveau dépositaire du pouvoir; mais il n’en était réellement que le prête-nom , toute l’autorité et la puissance résidant uniquement dans un Divan, composé, soit des principaux chefs de la milice, soit même de quelques simples soldats, dont les seuls titres étaient l’intrigue ou l’audace.

G’était ce Divan qui réglait toutes les affaires, disposait de tout, nommait les Beys, ou les destituait à son gré, pour remplacer le fonctionnaire disgracié par un de ses compétiteurs plus redouté, ou plus adroit et plus libéral : car ce trône éphémère et précaire du Beylyk deTunis s’achetait le plus souvent par des largesses et des prodigalités, quand il n’était pas le prix de la révolte et de la violence.

Aucune partie de l’histoire de Tunis n’est moins intéressante que cette période du gouvernement des Beys électifs ; aucune autre partie des annales de la Régence ne présente moins de faits mémorables, quoique nulle autre époque n’ait offert plus de petites révolutions intérieures , d’élections , de dépositions et même de catastrophes sanglantes ; car peu de ces Beys tirés du corps des milices sont morts de mort naturelle, et presque toujours c’était le cadavre d’un Bey assassiné qui servait de première marche au trône de celui qui, osant le remplacer, ne pouvait ignorer qu’il se dévouait au même sort.

Au milieu de tels désordres et de tels désastres cet état de choses dura à peu près un demi-siècle, jusqu’à l’époque où le Dey Mohammed-Tcheleby , le dernier des Beys ou Deys élus, suivant l’usage, par les milices, fut renversé du trône par deux frères , qui parvinrent à se soustraire eux-mêmes au joug de la soldatesque et à rendre leur pouvoir héréditaire dans leur famille.

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