PONT. MAX. TRIB. POT. XXIIII
Après une route de deux lieues (8 kilomètres), dans ladirection du sud-ouest, on arrive à Toubersôk , l’ancien Thibursicum-Bure : c’est une petite ville, entourée d’une muraille, bâtie sur le penchant d’une colline, et au centre de laquelle on voit une belle fontaine, qui est située près des ruines d’un temple, dans lequel elle était autrefois renfermée.
Les murailles de ce temple avaient été construites avec d’anciens matériaux, où l’on peut encore lire plusieurs inscriptions , entre autres les deux suivantes :
VRBI ROMAE AETERNAE AVG.
RESP. MVN1CIPI SEVERIANI ANTO NIN1AN1 LIBERI THIBVRSICENSIVM BVRE.
La seconde inscription paraît dater de la construction même des murailles où elle est encastrée :
SALV1S DOMINIS NOSTRIS CHR1ST1ANISSIMIS ET INVICTISSIMIS IMPER ATORIBVS IVSTINO ET SOFIAE AVGVSTIS HANC MVNITIONEM THOMAS (5) EXCELLENTISSIMVS PRAEFECTVS FELICITER AEDIFICAV1T (6).
La fontaine du centre de la ville a aussi cette inscription :
NEPTVNO AVC. SAC. PRO SALVTE IMP. CAESARVM . (7).
l’an i38 de notre ère, et régna vingt-deux ans sept mois et vingt-six jours.
(4) Marc-Aurèle succéda, l’an 161 del’ère chrétienne , à Antonin le Pieux , et occupa vingt-neuf ans le trône impérial.
(5) Le préfet Thomas, gouverneur de l’Afrique, dont cette inscription porte le nom, est cité avec honneur par Corippus Africanus , dans le premier livre de son poëme De laudibus Justini minoris, où on lit le vers suivant :
« Et Thomas Libycœ nutantis dextera, terrœ. »
(6) Justin IIe du nom, ou le Jeune, succéda à son oncle Justinien Ier, l’an 565 de notre ère, et occupa pendant treize années le trône de Constantinople avec Sophie , son épouse, qu’il avait associée à l’empire.
(7) On trouve souvent dans les inscriptions les noms des princes qu’elles offraient effacés, non par les effets du temps , mais par la
TUNIS
Mais l’endroit où l’antiquaire pourrait faire la moisson la plus abondante est la petite ville de Douggah ou Touggah, l’ancienne Thugga , assise à l’extrémité d’une petite chaîne de montagnes, à environ deux milles au sud de Toubersô/t : on y remarque encore plusieurs beaux tombeaux antiques, les restes d’un ancien aqueduc qui fournissait la ville d’eaux abondantes, et surtout les portiques d’un temple orné de belles colonnes : le fronton de ce monument est décoré d’un aigle les ailes éployées, audessous duquel on lit cette inscription :