‹ AlgérieChapitre 74 sur 140 · MVST1CENS1VM DD · texte numérisé non relu

MVST1CENS1VM DD

En continuant de marcher au sudouest on arrive à la frontière qui sépare de ce côté la Régence tunisienne du territoire de l’Algérie , et qui est à 24 lieues (96 kilomètres) ouest-sud-ouest de Tunis.

La ville frontière est celle de Qeff ( l’ancienne Sicca-Veheria), située à cinq lieues (20 kilomètres) au sud-ouest de Lorbous : cette ville est réputée la troisième de la Régence pour la richesse et la force, quoique sa citadelle ait été démantelée, il y a environ un siècle, dans les guerres civiles. La ville elle-même est bâtie sur le penchant d’une colline, comme son nom même semble l’indiquer (l), et presque au milieu de son emplacement elle possède une fontaine qui lui fournit une eau abondante. Les seules antiquités que possède la ville de Qeff sont deux inscriptions, dont je citerai seulement la suivante :

IIERCVLI SACRVM. TITAC1VS PROGVLVS PROCVRAT. AVGVSTl SVA PECVNIA FECIT.

En partant de Bazil-Bâb pour se rapprocher de Tunis on suit la direction de l’est à peu près dans le même parallèle; et, quittant la vallée arrosée par la Medjerdah, on se jette dans un pays montagneux; la première position remarquable qu’on y rencontre est Bouchah, qui n’est qu’un monceau de ruines, à environ six lieues (24 kilomètres) au sud-sud-ouest de Tunis.

On peut croire que Bouchah était autrefois la cité nommée Turza ou

(i) Le mot Qeff ou Qoff signifie une colline, un monticule, en langue arabe. ( J. J. M.)

L’UNIVERS

Turceta ; du moins cette induction doit se tirer des fragments d’une inscription qu’on y lit encore , quoiqu’elle soit presque entièrement détruite : ce que l’on peut déchiffrer des restes de cette inscription indique que le monument auquel elle appartenait avait été érigé en l’honneur de Cælius Alcinus Felicianus, qui paraît être natif de cette ville, et elle se termine par les lignes suivantes ;

OB EXIMIVM AMOREM IN PATRIAM SPLENDIMSSIMVS ORDO TVRCET. PATRONO SVO.,

De là le chemin de Tunis laisse à droite Mechergah, ou Mecherkah , qui est dans une plaine entourée de montagnes, à trois lieues (12 kilomètres) à l’est de Bouchah.

Cette petite ville s’appelait autrefois Giuf ou Municipium Giufitanum ; elle a aussi porté en même temps les titres d e Aurelium, Alexandrianurn, Augustum , Magnum : cette dernière épithète aura sans doute été donnée à cette cité, pour la distinguer de la bourgade nommée Giuf Minus, située dans la montagne de Zaghouân , et qu’on appelle encore aujourd’hui Zyouf-éz- Zaghouân :

on n’y trouve d’autres vestiges d’antiquités que cinq inscriptions, dont je citerai de préférence celle qui prouve que la ville de Giuf a porté simultanément à la même époque, et non successivement , les divers surnoms que je viens de rapporter :

LVCINIAE SATVRN1NAE AVRELI DIONISI PATRONI CONIVGI MVNIC1PES MVNICIPI AVRELI ALEXAN DRIANI AVGVSTl MAGNI CIVF1TANI.

C’est de Mechergah qu’une route tournant vers le sud-ouest conduit directement à la montagne de Zaghouân, dont il a été fait une mention détaillée dans le chapitre V ci-dessus (1). Une autre route, partant du même point à l’est-sud-est, se dirige vers Toubernôk (2) située dans une position centrale entre la petite ville de Souleymân et Qassr-

(1) Voyez ci-dessus , pages 16 et suivantes.

(2) Il faut prendre garde de ne pas confondre Toubernôk avec Toubersôk, dont il a été question ci-dessus, page 26.

éz-Zéyt, à l’entrée de la péninsule qui forme la partie orientale du Quartier d’Été, et que nous allons rapidement parcourir.

Section Troisième.

Partie orientale du Quartier d’Été ; — Beled-êl-Hadarah ; — Rhadès, Hâmmâm-êl- Ayn , Souleymân, Toubernôk, — Péninsule, Gourbos ,lSydy-Dâoud , Lowaréak, Grottes antiques; — Cap Bon, Dakboul, Klybéah, Gourbah , Nabal, Hamâmét, Qassr-êz-Zéyt, Minârah , Farâdys, Herklah.

Pour se rendre dans la partie orientale du Quartier d’Été et visiter cette péninsule, qui doit nous offrir une moisson d’antiquités plus abondante que notre exploration de la côte septentrionale, on sort de Tunis par la Porte du Sud, et on traverse les faubourgs.

D’abord, dans celui qui est nommé Beied-êl-Haddrah, on rencontre un Bagno, où un beau fût de colonne, apporté probablement de Carthage ou de ses environs, offre l’inscription suivante :

IMP. CAES D1V. NERVAE NEP.

D1V. TRAIANI PARTHIC. FIL.

TRAIANVS IIADR1ANVS AVG.

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