DD. PP
C’est à une lieue (4 kilomètres ) au nord-ouest de Hamâmét, dans un pays montagneux et à quelque distance du rivage, qu’on trouve Qassr-éz-Zéyt (2) :
Cet endroit est couvert de ruines, que leur proximité a fait servir de carrière aux constructeurs de Hamâmét : là était autrefois une ville considérable, qui paraît surtout avoir joué un rôle important à l’époque des Antonins , et que les anciens nommaient Civitas Siagitana , ou Civitas Siagitanorum ; c’est à cette ville que se rapportent les deux inscriptions précédentes, auxquelles j’ajouterai encore le fragment suivant:
PRO SENATV POPVLOQVE.
SIAG1TANO CELER IMILCONIS ET GVILISSAE F. SVFFES.
Cette inscription nous apprend que l’ancienne cité Siagitana était gouvernée par des magistrats qui portaient le titre de Souffetes, comme ceux de l’antique Carthage (3).
Un peu au delà de ces ruines on entre dans une grande plaine, qui s’étend jusqu’à lier klah , et qui est cultivée par les tribus des Oueled-Séyd, que nous avions déjà trouvés dans la péninsule.
En reprenant la direction du sud-ouest
(a) Qassr-êz-Zéyt signifie le Château de ? Huile. (J. J. M. )
(3) Ce titre de Suffetes dans les langues punique ou phénicienne est analogue à celui d eSouffett, que laBible hébraïque donne aux Juges d’Israël. J- J- M-
on trouve bientôt sur la côte , à deux lieues environ (9 kilomètres ) de Hamâmét , une grande construction de forme cylindrique, et semblable à une haute tour, mais sans autres aménagements intérieurs qu’une voûte qui la recouvre, et une baie de porte qui y donne entrée. Les Maures ont donné à ce monument le nom de Minârah, c’est-à-dire Phare (1) , et prétendent qu’autrefois on allumait sur le sommet des feux pour guider les navigateurs.
Cependant cet édifice pourrait bien n’être qu’un monument funéraire destiné à la sépulture communede touteune famille : c’est du moins ce que Ton peut supposer en voyant la corniche de l’édifice surmontée de plusieurs cippes en forme de têtes funéraires, ou d’autels, dont les moins ruinés laissent encore lire de courtes inscriptions offrant seulement des noms propres accompagnés de titres ■de parenté : c’est ainsi qu’on lit sur un de ces cippes :
VITELLIO QVARTO J* ATR.
Sur un autre cippe :