‹ AlgérieChapitre 80 sur 140 · PARTI!. ARAB. ADIABEN . DD. PP · texte numérisé non relu

PARTI!. ARAB. ADIABEN . DD. PP

(jc) Yitr. lib. I, cap. 2.

(2) On sait que Jules César prétendait tirer son origine de Ténus, mère d’Ëuée.

Cette inscription , la seule bien conservée de Hyblah , ne nous apprend ni quels furent les fondateurs au monument ni quel était le nom ancien de la ville où il fut érigé, quoique, à en juger par l’étendue de ses ruines , on puisse conjecturer que c’était une des principales cités de la Byzacène.

Nous sommes dans la même ignorance sur plusieurs lieux de cette province dont, faute de renseignements, nous ne pouvons déterminer l’identité avec les positions anciennes ; tels sont Nabhanah a huit lieues (32 kilomètres) à l’ouest d eHerklah; Djelloulah,a cinq lieues (20 kilomètres) au sud-sud-ouest de Nabhanah; Foussanah , à huit lieues (32 kilomètres) de Hydrah ; Zouâryn, Sbybah, l’une à six lieues (24 kilomètres) à l’est-sud-est de Qeff, l’autre à sept lieues (28 kilomètres) au sud-sudest ; Mansous, à trois lieues (12 kilomètres ) au sud des ruines de Yousef, etc.

Dans les débris de Mansous on lit encore sur une pierre tumulaire l’inscription suivante :

. VSVRVS PONICINNVS .

YERECVNDIA INCOMPARAB1LIS

. ET INGENIO CLARVS .

OMNI S1MPLICITATE 1VCVNDVS.

Mais avant de pénétrer dans l’intérieur du Quartier a’Hiver , il convient d’explorer la portion de la côte du golftr qui s’étend au sud-sud-est, et qui dé pend de cette division territoriale.

Sous ou plus vulgairement Soussah, située à cinq lieues (20 kilomètres) ai sud-est de Herklah , est la position la plus remarquable de toute cette côte, et mérite d’être regardée comme une des principales villes de la Régence (3); c’est là en effet que se fait le plus grand commerce des huiles , des toiles , qui s’exportent dans tous les ports de la Méditerranée : mais les seuls vestiges d’antiquités qui y attestent son ancienne grandeur se réduisent à quelques voûtes , à quelques colonnes de granit , et

(3) Une autre ville du même nom se trouve dans le royaume de Marok : pour distinguer l’une de l’autre ces deux villes , les Arabes ont ajouté au nom de la dernière l’épithète de êl-Aqsd , c’est-à-dire T ultérieure , la plus reculée. (J. J. M.)

L’UNIVERS

à d’autres débris sans importance.

La ville est ceinte de murailles , et bâtie à l’extrémité septentrionale d’une chaîne de collines qui se prolonge jusques à Soursef , l’ancienne Sarsura, et derrière laquelle on a la vue d’une vaste plaine qui a plusieurs milles d’élendue.

A une lieue et demie (6 kilomètres) de Sous on traverse une vallée qu’arrose un ruisseau dont les eaux sont fraîches et claires ; puis à une demi - lieue (2 kilomètres) plus loin, sur le penchant d’une des collines qui se rattachent à celle sur laquelle la ville de Sous est bâtie, on rencontre, à environ un mille du rivage d’une petite baie, le village de Sahalyl, qui offre quelques ruines antiques.

Sur l’extrémité d’un petit cap , à cinq milles de Sahalyl, s’élève la petite ville de Monastyr. C’est une ville florissante et murée comme celle de Sous ; mais on n’y rencontre que peu de marbres , de colonnes, et d’autres restes d’antiquités : cependant elle a dû être construite par les Romains, peut-être même par les Carthaginois, dans une position qui commande à la fois le golfe de Sous et celui de Lemptah.

Lemptah est l’ancienne Leptis parva, gui avait reçu cette épithète , non comme indication "de son peu d’importance , mais pour la distinguer d’une autre ville de la Cyrénaïque, qui portait le nom de Leptis magna , et qui est maintenant connue sous le nom de Lebidah(i) .

Cette ville paraît avoir eu autrefois plus d’un mille de circonférence , mais maintenant on n’y voit plus que le château , et un amoncellement de pierres qui paraissent avoir formé autrefois un môle , du côté du nord.

Les ruines d 'Agour sont à quelques milles de Lèmptah , vers l’ouest ; la situation de cette petite ville sur un rocher, et l’immense quantité de pierres

(i) Les ruines de Leptis magna ont été visitées en 1806 par mon ancien ami et collègue J. D. Delaporte , qui y a recueilli une riche moisson d’inscriptions latines, grecques , phéniciennes et puniques : il a publié ces inscriptions en i836. (l'oyez Journal Asiatique, tome Ier de la IIIe série, page 3o5 et suivantes.^ (J. J. M.)

qu’offrent ses débris > lui a fait donner par les Arabes modernes le nom de Bou-Hadjar, c’est-à-dire la pierreuse (2).

Entre Bou-Hadjar et Demâs , et à environ quatre milles de cette dernière position, on rencontre un grand lac d’eau salée, qui s’étend jusqu’à une demilieue ( 2 kilomètres ) de Toboulbah, petit village bâti au bord de la mer.

Demâs est l’ancienne ville de Thapsus ; elle est située sur une langue de terre fort basse, à environ trois milles au sud-est de Toboulbah. La grande quantité de ruines que l’on y trouve pourrait faire croire que c’était, après Carthage, la ville la plus considérable de ces parages, si d’ailleurs tous les renseignements fournis par les historiens ne concouraient à prouver son importance très-secondaire sous les Romains.

Le cap de Demâs et celui de Monastyr forment entre eux la baie de Lemptah, dans laquelle on rencontre plusieurs îles remarquables.

La première de ces îles, située parallèlement à la côte, s’étend dans sa longueur presque depuis Demâs jusqu’à Toboulbah, puis les îles Djoury (les anciennes Tarichiæ), en face de Lemptah et de Toboulbah, puis encore une autre île qui se prolonge depuis Monastyr jusqu’à moitié chemin de Lemptah.

A cinq milles au sud de Demâs, est assise dans une péninsule la ville d ’él- Medéah, ou plus correctement Mahadyah , que les géographes modernes nomment Africa , et qui paraît avoir été autrefois une place forte et importante. Son port est creusé dans l’enceinte même de la ville, et s’ouvre du côté de Kapoudyah ; mais maintenant les eaux sont si basses qu’elles ne peuvent qu’à peine recevoir les plus petits navires.

Léon l’Africain nous apprend que cette ville doit sa construction au khalyfe

(2) Le mot hadjar signifie en arabe pierre, rocher; nous avons déjà vu que le mot bou, altéré par les Maures de celui de àbou (père), entre dans la composition d’un grand nombre de mots pour former des adjectifs vulgaires. ( Voyez ci-dessus , la note 4 de la page 29.)

TUNIS

Mahady, prince de la dynastie des Fatimites(l),qui régnait d’abord à Qayrouân , et que la ville a pris sou nom de celui de son fondateur. Les beaux chapiteaux , les colonnes , les fragments d’entablements , et les autres débris d’arèhitecture antique qu’on trouve à Mâ hadyah pourraient faire croire que cette ville a été non fondée, mais reconstruite sur les ruines d’une ville plus ancienne ; mais il paraît que ces débris antiques ont été apportés des villes voisines par l’ordre du khalvfe fondateur, pour embellir sa nouvelle ville.

Il n’est pas en effet dans les habitudes des princes de l’Orient de reconstruire , de réparer ou de rétablir ; ils laissent tomber en ruines un vieux palais , une ville ancienne; ils aiment mieux fonder auprèsdu palais ruiné et de la ville dévastée un édifice nouveau , une ville nouvelle à laquelle s’attache leur nom de fondateur, et qu’ils enrichissent des dépouilles les plus précieuses du palais démoli ou de la ville ruinée dont ils achèvent ainsi la destruction ; et cette manière d’agir n’est pas particulière aux princes ; elle est pratiquée généralement par tous les habitants des contrées orien-

(i) Les Fatimites sont les princes d’une dynastie puissante , qui commença à régner en Afrique l’an 296 de l’hégire ( 908 de l’ère chrétienne ), et s’empara de l’Égypte l’an 302 de l’hégire ( 972 de notre ère ). Obeyd- Allah, surnommé êl-Maliady, en fut le fondateur; il était de la tribu de Ketamah, qui habitait en Mauritanie les montagnes des environs de Fez : il prétendait descendre du khalyfe Aly et de Fatimah, fille du Prophète, descendance qui valut à sa dynastie le titre de Fatimite. Êl-Maliady commença à se faire connaître dès l’an 269 de l’hégire (882 de notre ère), et le nombre de ses partisans s’étant accru, il vint à bout de s’emparer de Qayroudn l’an 280 de l’hégire ( 8g3 de notre ère ) , puis l’an 295 de l’hégire (907) de renverser la dynastie des Aglabites, qui régnait alors en Afrique. Ce prince, qui avait fait de Mahadyah la capitale de son nouvel empire, mourut à Roukadah, après avoir régné en Afrique pendant vingt-cinq années, l’an 322 de l’hégire (933 de l’ère vulgaire ), et laissa le trône du khalyfat africain à son fils él-Qdym-be-dmr-Illali. Les Fatimites sont aussi désignés par les noms d’Obéydiles , d’Alides et d’Ismaéliens. ( Voyez ci-après dans la seconde partie les éclaircissements historiques.) (J. J. M.)

taies. Un édifice menace-t-il de s’écrouler, une ville a-t-elle été ravagée par la guerre, incendiée, bouleversée par un tremblement de terre ou quelque autre événement funeste , on abandonne l’édifice et la ville , que l’on croit dès lors sous une fatale influence, et au lieu de réparer les dommages causés parle temps, ia guerre, l’incendie ou tout autre fléau , on va s’établir dans une habitation nouvelle, que l’on désertera à son tour si les circonstances qui ont fait quitter la première se renouvellent dans la seconde.

C’est ce système qui a multiplié d’une façon si étonnante les ruines qu’on rencontre dans tout l’Orient , au sein même des pays les plus peuplés et des villes les plus florissantes.

C’est ainsi qu’en Égypte à la Thèbes aux cent portes a succédé la Memphis des Pharaons , puis l’ Alexandrie des Ptolémées , puis à ces deux villes la Fostatt des conquérants arabes ; à Fostatt enfin la grande ville du Kaire, fondée immédiatement auprès de Fostatt par les nouveaux khalyfes de la dynastie fatimite.

Toutes ces villes qui se sont remplacées l’une l’autre se sont , chacune à leur tour, embellies et décorées des dépouilles architecturales des villes abandonnées auxquelles elles succédaient, et il est peut-être telle colonnade, tel portique, tel marbre précieux qui a ainsi successivement voyagé des temples de Thèbes à ceux de Memphis , puis à Alexandrie et aux mosquées du Kaire.

Namque , hotninutn instar , habenl itrbes sua Ifâta , superbæ

Pauperibus cedunt quandoquemapalibus arces.

Le point le plus oriental des domaines de la Régence est l’ile de Djerby ou Djerbih, qui, quoique située sur la côte du pachalyk de Tripoli (2) est cependant dans les dépendances du Pacha de Tunis , qui y envoie un gouverneur, au-

(2) Tripoli est appelée Tarabolous par les Arabes; il y a en Syrie une autre ville du même nom ; pour distinguer ces deux villes l’une de l’autre, les Orientaux nomment celleci Tarabolous ês-Chdrn, c’est-à-dire Tripoli de Syrie, tandis qu’ils donnent à la première la dénomination de Tarabolous êl-Gharb {Tripoli d’Occident ). ( J. J. M. '

quel il confère le titre de hâkem (1).

Cette grande île, qui a près de dixhuit milles de circonférence , offre quatre ports aux navigateurs de cette côte; savoir : à l’ouest Adjym , à l’est Djerdjys , et Mersat ês-Souq , enfin au sud Mersat él-Qantarah (2).

Le territoire de Djerby est très-fertile, et doit peut-être cet avantage à la

uantité de pluie qui y tombe; il pro-

uit une grande abondance de fruits de toute espèce, tels que raisins, pêches, olives, figues, grenades, amandes; mais il est à remarquer qu’on n’y trouve pas de dattiers, et que les habitants sont contraints de tirer des différents ports de la côte les dattes nécessaires à leur consommation : du reste, le marché est grand et bien fourni , et de nombreux marchands y ont établi leurs fondouqs ( magasins ou boutiques ). Les principales exportations consistent en chaux, en poteries fabriquées dans 111e et en huile qu’on y récolte.

L’île tout entière est divisée en portions séparées, et chaque propriétaire a sa maison et son jardin y attenant : ces maisons sont généralement bâties en mortier de terre; cependant on en rencontre quelques-unes construites en briques.

La population de 111e se compose de plusieurs races différentes, parmi lesquelles domine la race arabe ; cependant le district de l’ouest , dont le port est visà-vis de Gâbès, n’est habité que par une population nommée Adjym , comme le port lui-même : le langage de cette peuplade est le berbère, et leurs femmes se voilent beaucoup plus strictement que dans le reste de 111e : quoiqu’ils reconnaissent l’autorité du Koran , et qu’ils en approuvent la lecture , les doctrines de leur foi s’éloignent des croyances orthodoxes de l’islamisme, et se rapprochent de celles des Ouahâbys et des Beny-Mezzâb : quelques-uns même d’entre eux rejettent Aly-ben-Aby-Tâleb (3) : mais ils évitent en général de

(1) Hàkem signifie en langue arabe gouverneur. (J. J. M.)

(2) En langue arabe Mersat ês-Souq signifie

le port du marché , et Mersat él-Qantarah, le port du pont. ( J. J. M. )

(3) Aly , fils d ' Abou-Taleb , était cousin

manifester publiquement leurs croyances, quoiqu’ils refusent de faire leurs prières avec les partisans de la secte de Mâlek, et qu’ils aient pour leur culte des mosquées particulières.

Maintenant, après avoir achevé l’exploration de toute la côte maritime, nous allons nous enfoncer dans l’intérieur des terres, pour visiter les parties méridionales du Quartier d’Hiver.

Qayrouân, la seconde ville de la Régence pour le nombre des habitants et le commerce, est située dans une grande plaine stérile et sans presque aucune végétation, à environ neuf lieues ( 36 kilomètres) de Sous, et à la même distance au sud-ouest de Herklah.

Cette ville est entourée de murailles comme celles de Sous et de Mahadyah, et à peu de distance de son enceinte on trouve un vaste étang, auprès duquel est une citerne où se recueillent les eaux pluviales : l’étang sert à abreuver les bestiaux , et fournit l’eau nécessaire pour le lavage, l’arrosage et les autres usages ordinaires : quant a la citerne, elle paraît d’une construction très-ancienne, et elle existait déjà du temps d ' Aboul-fédah , qui lui donne le nom de él-Mâouahel :

elle est employée à la boisson des habitants; mais souvent, au milieu de l’été, l’eau y manque, ou bien elle se corrompt,

de Mahomet, et devint son gendre en épousant sa fille Vatimah ; cette double parenté ne put toutefois lui assurer la succession du Prophète , et il fut trois fois écarté du trône de l’islamisme par Aboubeker, Omar, et Olhrndn. A la mort de ce troisième successeur du Prophète, Aly tenta de ressaisir la souveraineté dont il avait été frustré ; mais il ne tarda pas à en être de nouveau dépouillé par Moaouyah, fondateur de la dynastie des Ommiades. Dès lors deux sectes s’anathémisant réciproquement se sont établies en Orient; l’une, la secte des Sounnites, admettait leskhalyfats d' Aboubeker, d ’Omar et d ’Othmdn; l’autre, qu’on appelle secte des Chyïtes, ne regardait cpi'Aly et ses descendants pour légitimes imams et successeurs du Prophète : cette dernière opinion est particulièrement professée par les Persans, mais elle a aussi de nombreux partisans parmi les peuplades de l’Afrique ;les Fatimites, qui ont conquis l’Égypte , et les Chérifs, qui se sont assis sur le trône de Marok, prétendaient également tirer d 'Aly leur origine.

causant ainsi chaque année des fièvres pernicieuses et d’autres maladies épidémiques.

Quelquefois aussi l’eau de l’étang où s’abreuvent les bestiaux est presque tarie et s’altère par les chaleurs; cependant les habitants n’ont pas remarqué dans leurs troupeaux d'épizooties habituelles : la cause probable de cette différence entre l’état sanitaire des hommes et celui des animaux, tient sans doute à ce que les eaux de la citerne, renfermées sous des voûtes , sont entièrement soustraites à l’action de l’air, tandis que les eaux de l’étang en reçoivent à chaque instant l’influence.

On trouve à Qayroudn divers débris d’ancienne architecture : la grande mosquée est réputée la plus belle et la plus sainte de toutes les côtes barbaresques ; s’il fallait en croire les habitants, le nombre des colonnes de marbre, de granit , et même de porphyre ou d’albâtre qui la soutiennent et la décorent, s’élèvent à plus de cinq cents : l’entrée des mosquées étant interdite scrupuleusement à tous les chrétiens , je n’ai pu vérifier si ce nombre avait quelque exagération.

Je n’ai pu même apprendre si parmi les matériaux antiques qui ont été employés à la construction de ce magnifique édifice, il existe quelques blocs portant des inscriptions anciennes : quant à celles qu’on peut rencontrer en d’autres endroits de la ville, elles sont tellement mutilées ou encroûtées de ciment, qu’il est absolument impossible d’en déchiffrer la moindre partie.

C’est à tort que quelques géographes ont confondu Qayroudn avec l’ancienne Cyrène , malgré la ressemblance des deux noms. La position de la ville antique est tellement différente de celle de la ville moderne, qu’il est impossible de donner la moindre vraisemblance à cette hypothèse (1).

(i) Léon l’Africain altribue la fondation ou la reconstruction de Qayroudn à lbrahymben-Aglab, fondateur de la dynastie des Aglabites, qui avait été nommé gouverneur de l’Afrique par le khalyfe Haroun àr-Rachyd, et s’y rendit indépendant l’an 184 de l’hégire (800 de l’ère chrétienne) : ce prince régna environ douze années, et mourut l’an 196 de l’hégire (8x2 de notre ère), laissant

Un des lieux les plus remarquables de cette province pour l’étendue et la magnificence des ruines qu’on y rencontre, c]est Spaytlah (l’ancienn e^Suffetula), située a environ douze lieues (48 kilomètres) de Qeff, sur une éminence entièrement couverte de genévriers, auprès d’un petit ruisseau.

Ce ruisseau coule au nord-est, se perd un peu plus loin dans les sables , et reparaît ensuite pour continuer son cours vers Guelmah.

Auprès de la ville du côté de l’est, s’élève un magnifique arc de triomphe, d’ordre corinthien, percé d’une grande arcade au milieu et de deux petites latérales : malheureusement l’inscription qui contenait la dédicace est tellement ruinée qu’on n’y peut lire que les mots suivants :

1MP. CAESAR. A VG .

. ANTONtN .

puis après une grande lacune,

SVFFETVLENSIVM . HANC.

AED1FICAVERVNT ET DD. PP.

Depuis cet arc de triomphe jusqu’à la ville s’étend une chaussée pavée en pierres noires et bordée de chaque côté par un petit mur à hauteur d’appu1.

Vers l’extrémité de cette chaussée est un magnifique portique , sous lequel on passe pour entrer dans une grande esplanade , où sont les ruines de trois temples contigus , dont il ne reste que quelques pans de murs avec des frontons parfaitement conservés.

Dans chacun de ces temples est une niche, qui a dû avoir autrefois sa statue; ce qui est particulier au temple du milieu , c’est que derrière sa niche ôn remarque une petite cellule , qui servait sans doute aux oracles.

En s’avançant à huit lieues ( 32 kilomètres ) à l’ouest de Qayroudn on arrive aux ruines de Trouzzali ( Tuzzo de Ptolémée). Ce lieu renferme plusieurs chambres souterraines et voûtées, qui sont toujours^remplies d’une vapeur chaude

sa nouvelle souveraineté à son fils Abou-l Abbds-Abd-Allah, dont les descendants se maintinrent sur le trône pendant un siècle entier, et furent renversés par les Fatimites l’an 296 de l’hégire (908 de l’ère chrétienne.)

L’UNIVERS

et sulfureuse ; ces thermes naturels, que les Arabes fréquentent , ont fait donner à l’endroit où ils sont situés le nom de Hammam Trouzzah, c’est-à-dire les bains chauds de Trouzzah.

A quelques milles au sud de Trouzzah on rencontre, sur les bords de la rivière Mergalyl, les vestiges d’une grande cité, probablement autrefois Aquæ Iiegiæ ; puis à quatre lieues (16 kilomètres) vers l’ouest, sur les bords de la rivière Défaijlah , les ruines de l’ancienne Masdianis.

La rivière Défaylah a sa source dans une chaîne de montagnes nommée Gebel- Megala (1), et qui s’étend depuis Trouzzah jusqu’à Spaytlah. Les Arabes cultivateurs des plaines que parcourt cette rivière ont coutume d ’arrêter son cours par des digues et de la faire déborder, pour opérer par ses eaux l’irrigation de leurs cultures, et subvenir au manque d’eaux pluviales dont elles sont rarement favorisées.

A six lieues environ (24 kilomètres) vers l’ouest de Spaytlah , on aperçoit la ville de Qassareyn, assise sur une éminence autour de laquelle la rivière Derb serpente d’une manière agréable, arrosant les belles prairies qui l’entourent.

Sur une éminence qui semble presque suspendue en saillie au-dessus de la rivière , et qui fait face au nord-est , s’élève un arc de triomphe plus remarquable par la masse de ses matériaux que par l’élégance de son architecture : il ne se compose que d’une grande arcade surmontée d’un attique , et d’un entablement qui semblerait appartenir à l’ordre corinthien, si les pilastres qui le supportent n’étaient évidemment gothiques.

On y lit l’inscription suivante :

COLONIAE SC1LL1TANAE

Q. MANLIVS FELIX C. FIUVSPAPERIA RECEP- TVS POST A LIA ARCVM QVOQVE CVM INSIGN1BVS

COLONIAE SOLITA IN PATRIAM LIBEIÎAL1TATE EREXIT OB CVIVS DEDICATIONEM BECVRIONIBVS SPORTVLAS CVRIIS EPVLAS .

(i) Le nom de Gebel-Megala paraît être un composé hybride, comme celui d e Bazil- Bdb. ( Voyez ci-dessus la note 6, page 25. ) Gebel-Mégala signifiera alors grande montagne , étant formé de l’arabe gebel {înontagne) et du grec peyà).*) ( grande ).

Au-dessous de cette grande inscription et au-dessus de la clef de la voûte on aperçoit encore les restes d’une autre inscription en plus petits caractères; mais on n’y peut plus déchiffrer que les mots suivants :

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