Allocution de Mgr. l'évêque de Montréal aux zouaves canadiens [microforme]
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MONTREAL Imprimé par Plinguet $ Laplante, 80, Rue St, Gabriel
MONSEIGR. L'EVEQUE DE MONTREAL AUX ZOUAVES CANADIENS, A LRUR DBPART POUR ROME (19 FavRixr 1868).
Braves et dévouës Enfants de la Religion et de la Patrie,
C'est avec un sentiment d'émotion indicible que je vous vois, dans ce moment solennel, réunis au pied de cet Autel, tout prêts à partir pour Rome, et bien déterminés à surmonter toutes les difficultés, à endurer toutes sortes de maux, à faire les plus pénibles sacrifices, à affronter les plus grands dangers, et à souffrir même la mort, s’il le faut, pour la défense de l'Eglise et | me immortel Pontife. |
r arriver ici aujourd’hui, il vous a fallu vous mettre au-dessus de tout respect humain, fouler aux pieds les railleries de ceux qui sont incapables d'apprécier votre dévouement à
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sa juste valeur, risquer votre avenir d’après certains calculs humains, renoncer à des espérances plus ou moins flatteuses, vous séparer de vos pères qui vous aiment etque vousaimez,vous arracher à la tendresse de vos bonues mères dont les larmes ont vivement touché vos cœurs sans pouvoir ébranler votre constance, faire vns adieux à des parents, amis et conciroyens chéris, avec la pensée que peut-être vous ne les reverrez plus, au sein de la es
r, pour rompre tous ces liens si sensibles pour des enfants bien-nés et pour des cœurs nobles et généreux, il vous a fallu du dévouement, de l’héroisme et du patriotisme religieux.
Que Dieu soit béni de vous avoir inspiré ce généreux sentiment dont la Religion et la Patrie ont bien droit d’être fiers ! Qu'il daigne, dans son infinie bonté, achever ce qu'il a si heureusement commencé, en vous igspirant un tel dessein. .
Cest pour obtenir une si grande faveur que nous nous sommes réunis ici, pasteurs et brebis, afin d'adresser à Dieu tous ensemble la belle prière que
la Sainte Eglise a faite pour ses enfants en voyage : Tout à l’heure donc, nous nous prosternerons au pied du saint Autel de Marie, la brillante étoile de la mer, en face de la vénérable irnage de son très-saint et Immaculé Cœur, source intarissable de grâces, dans ce temple dédié à l’Apôtre St. Jacques qui, le bourdon à la main, passa par les lieux que vous allez bientôt parcourir, pour supplier humblement le Seigneur de diriger vos pas, dans le grand voyage que vous entreprenez, et de vous donner ses bons Anges pour vous éclairer, vous garder, vous conduire et vous gouverner, sur terre et sur mer, dans les villes et les campagnes, dans les camps et dans les com.
bats. Et pour que nos prières soient plus sûrement exaucées, nousles ferons passer par le Cœur de son Immaculée Mère, en lui consacrant les vôtres, pour qu’ils lui soient toujours fidèles.
Mais le dévouement, qui a ses sacrifices, a aussi ses consolations. Vous les‘éprouverez, sans doute ces consolations, en pensant à la splendide démonstration qui eut lieu hier dans l'Eglise de Notre-Dame, et dont vous
étiez l’objet précisément parce que vous vous êtes dévoués à la défense d’une cause qui est celle de tout le Catholicisme. Mais inutile de vous en dire ici quelque chose, puisque vos cœurs en sont tout imprégnés.
Qu'il me suffise donc de vous faire vbserver que c’est ainsi que la Divine Providence entremèle ïici-bas les maux et les biens, faisant succéder la joie à la douleur, le repos au travail, l'honneur à l’opprobre, le centuple enfin au dévouement qui porte à tout sacrifier.
Il vous a donc fallu du dévouement, pour vous préparer au départ. Eh bien ! il vous en faut encore et beaucoup pour partir et faire le voyage, que vous êtes sur le point de conmmnencer. Oui, l'heure de ce départ est arrivé ; le bruit de la vapeur vous l'annonce ; et vos vœux ardents vont enfin être accomplis. Mais de nouveaux sacrifices s'offrent à votre dévouement.
Et, en effet, vous partez, non pour chercher des honneurs, des places, des dignités, car vous n'avez d'autre am bition que d'êtres soldats. Ce n'est pas non plus pour chercher à faire
fortune par de grandes spéculations, car vous allez vous engager au service d'un Roi qui a été sacrilègement dées de la plus riche partie de ses
tats, et pour lequel l’univers Catholique se met à contribution pour lui envoyer des secours dont il a un pressant besoin.
Que prétendez-vous donc faire en allant vous enrôler sous l’étendard Pontifical? Vous prétendez, d’abord, vous exposer aux fatigues, aux ennuis, aux dangers du voyage, sur terre et sur mer et à traverser des pays qui vous sont inconnus, ce qui entraîne nécessairement des. misères et des souffrances qui révoltent la nature. Vous n'ignorez pas de plus ce qui vous attend, au terme de votre voyage savoir : tout ce qu'il y a de dur dans une vie de caserne et de camp, dans les longs exercices de l’art militaire, dans la privation des douceurs de la famille, dans le régime de vie auquel vous n'êtes pas accoutumé, dans le changement de climat qui va vous obliger à vous faire des habitudes toutes nouvelles, dans la nécessité de vous plier à toutes sortes de caractères
lus ou moins bizares, pour le bien de a paix. Ce que vous ambitionnez, c’est de verser votre sang dans cette terre sainte qui a été arrosée de celui de plusieurs millions de martyrs. Ce que peut-être vous rêvez dans vos préoccupations de Zouaves Pontificaux, c’est de mourir pour Dieu, pour l’Eglise, pour le Pape, dans le champ de a victoire, Ce que du moins vous voudriez, ce serait de revenir, dans votre patrie, couverts u2 glorieuses blessures.
J'ai donc raison de dire que, pour partir, sous de telles circonstances, il vous faut un grand dévouement. Or, grâces à Dieu, vous en donnez des preuves éclatantes.
Mais si, d'un côté, le dévouement vous présente, dans un avenir prochain, tant et de si grands sacrifices, il vous fait apercevoir en même temps les charmes qui en adoucissent toute l'amertume. Voyez-vous, braves jeunes gens, comme toute cette ville, ou plutôt tout ce pays est sous l'empire d'un enthousiasme inoui? Notre histoire nous offre-t-elle un départ qui se soit jamais accompli avec des circons-
tances si émouvantes? A-t-on jamais vu une population toute entière se porter si spontanément à des démonstrations si éclatantes ? S'il vous était permis de voir tout ce qui se passe à l'heure qu'il est, vous vous convaincriez que vous êtes entourés des plus vives sympathies; que les cœurs se livrent à des impressions inexplicables; que sur les visages rayonnent des émotions inconnues jusqu'ici; qu'il s’échappe de tous les yeux des larmes qui ne sont pas ordinaires, des larmes d’attendrissement, d’admiration, de joie et d'espérance.
Tous, prêtres et laïques, vieillards et enfants, compatriotes et étrangers, vous comblent de bénédiction. Il n’y a pas, jusqu’à nos frères séparés, qui ne donnent de justes éloges à votre dévouement, et qui ne disent tout haut que vous faites très bien d’aller au service du Pape.
Ces vives émotions se font sentir dans nos séminaires et nos colléges, dans nos hôpitaux et nos hospices, dans nos pensionnats et nos académies, daïis nos asiles et institutions charitables, et jusque dans nos maisons
religieuses, ces paisibles retraites où les nouvelles du monde né sauraient pénétrer. Là aussi, au bruit qui sy est répandu que vous partiez pour aller défendre le Père Ge la grande famille chrétienne et religieuse, on s’en est fortement préoccupé, pour s’imposer de généreux sacrifices, afin de contribuer à l'œuvre de dévouement que vous avezentreprise. C’est même au fond de ces solitudes qu'ont été travaillés, par des mains vierges, vos habits de Zouaves. Vous dire les transports de ces anges de la terre en travaillant pour leurs frères, chargés par leur pays d'aller à la défense de Rome, la patrie du monde chrétien, c'est chose impossible. Car la pensée que ces habits seraient un jour arrosés de vos sueurs et peut-être teints de votre sang, s’est bien des fois présentée à leur esprit et les a vivement pénétrées d’un respect religieux. Il en sera de même de vous, en vous en revêtant ; car, n’en doutez pas, ils sont tout imprégnés du parfum des prières qu’elles ont commencé à adresser au ciel pour vous, et qu'elles vont continuer à faire pour obtenir que vous reveniez victorieux au sein de la patrie.
Vous allez rencontrer partout sur votre route ces mêmes sympathies, si propres à vous fortifier de plus en plus dans le dévouement qui vous anime.
Car il sera facile de s’apercevoir que vous allez voyager en pieux pèlerins qui vont au tombeau des Saints Apô tres, en vaillants croisés qui vont se dévouer à la délivrance de la terre sainte, en braves soldats qui vont com battre pour le Seigneur et pour son Christ, en hommes de foi qui ne cherchent que la gloire de Dieu, en héros chrétiens qui vont s'associer à ces milliers de jeunes guerriers qui accourent à Rome, de toutes les parties du monde, pour s’enrûier sous l’Etendard Pontifical, enfin, en bons Canadiens qui vont faire connaître, au monde entier, que le Canada, malgré ses longs et rigoureux hivers, ne reste pas engourdi, pendant que l’universentier s’embrâse de zèle et d'ardeur pour ia défense du Père de la grande famille chrétiennes |
Avec de tels sentiments, il est visible que votre voyage, sur terre et”sur mer, sera sanctifié par la prière, par le Saint Sacrifice de la Messe, par la
communion, par le chant des hymnes et des cantiques, qui retentiront sur les vaisseaux qui vous transporteront au-delà des mers, dans les ports où il vous faudra arriver et d’où il vous faudra partir. Car c’est ainsi que voyagent les Zouaves Pontificaux, et qu'ils laissent après eux des profondes émotions. (Ce voyage, écrivait un membre du comité des Zouaves à Gand, que j'ai fait ayec 160 Volontaires HollanGo-Belges, 60 soldats de la Légion d'Antibes et plusieurs jeunés gens des premières familles de France, qui vont s'enrôler dans le régiment des Zouaves Pontificaux, restera parmi Les meilleurs et les plus précieux souvenirs de ma vie.
Voici le détail de cette traversée, de Marseilles à Civita Vecchia, la même que vous aurez bientôt à faire :
‘ On détache les ancres, un chant “ majestueux et grave s'élève. Ce ‘“ sont les passagers qui, d’une voix ‘unanime, entonnent le Magnificat.
‘ On passe devant la môle, la foule ‘y était aecourue pour saluer le : départ des suldats de l'Eglise. Sur “le rivage et sur le vaisseau re- ‘ttentissent les cris de Vive Pie IX!
‘© Vave le Pape Roi! C'est l’adieu des ‘ Catholiques Marseillais ; c’est le ‘ mot d'ordre des futurs défenseurs ‘ du Trône Pontifical.—Le lendemain, ‘en vue de Givita-Vecchia, le soir au ‘ milieu du calme des grandes eaux, ‘ de nouveaux cantiques se font en- ‘tendre. Cest par l’Ave maris stella ‘‘ qu’on salue les côtes bénies du roy- ‘ aume du Vicaire de Jésus Christ.” Tout naturellement, on se demandera de quel pays viennent ces nouveaux Zouaves. Ce ne sera pas sans surprise, que l’on apprendra qu'ils ont quitté la lointaine région du Canada, et franchi le vaste Océan, pour combattre, eux aussi, sous le Drapeau Pontifical, au nom de leur patrie, pour la défense de notre commune Mère, la sainte Eglise. Ce dévouement produira nécessairement son fruit sur ceux que l'exemple de leurs compatriotes n'aurait pas encore ébranlés.
Car aucun homme de cœur n'aime à se laisser vaincre en générosité. Oui, oui, le dévouement excite le dévouement, comme le feu embrâse le feu.
Quelle consolation donc pour vous, si votre exemple peut en quelque chose
contribuer au recrutement de l'Armée Pontificale !
Maïs ce sera surtout lorsque vous serez rendus à Rome, qu’il vous faudra redoubler de dévouement, pour rem-
lir votre noble et importante mission.
n voyant de loin s'élancer, dans les airs, le dôme de St. Pierre, qui abrite la Chaire Apostolique.,en contemplant la ville des martyrs, qui se déroulera petit-à-petit à vos regards empressés de saisir ses antiquités et ses immen:
ses ruines, en fixant tous les points culminants de la Ville Éternelle, que vous allez défendre, de profondes émotions raviveront en vous le dévouement qui vous fait faire tant de sacrifices. Chacun de vous, en entrant dans cette capitale du monde chrétien, s’'écriera dans l’intérieur de son âme :
C'esi ici que je vais me dévouer, m'immoler, me sacrifier pour Dieu, pour l'Eglise, pour le Pape. Votre propre cœur vous dira ce que devra être votre dévouement.
Dévouement en vous faisant simples soldats, ce qui, il n’y a pas à en douter, répugne souverainement à la nature, pour des jeunes gens de
famille qui peuvent, par leur éducation et le rang qu'occupent leurs parents dans la société, aspirer à des emplois lucratifs et honorables.
Mais là-dessus votre sacrifice est déjà fait, et envisageant toutes choses des yeux de la foi, vous dirigez vos nobles ambitions vers un but bien plus sublime ; et, en conséquence, vous n’aspirez à rien autre chose qu'à être soldats du Pape ; parce que ce dernier grade, dans l’armée Pontificale, vous paraît plus honorable que le premier dans toute autre armée. Vos convictions seront encore plus intimes, quand une fois enrôlés, vous vous trouverez à côté de quelque noble et riche seigneur, ou de quelque officier supérieur devenu simple soldat, ou enfin, de quelque fils de famille se dévouant généreusement à la vie de soldat, au lieu d'entrer dans la vie publique à laquelle l’appellerait sa position dans le monde. Chacun de vous aura à se dire souvent, dans l’intérieur de son âme: St. Louis, Roi de France, s'appelait sergent de Jésus- Christ, et moi je suis soldat de son Vicaire. Et en effet, soldat du Pape, ce
fut toujours un beau titre aux yeux des vrais chrétiens. Mais aujourd'hui, même pour ceux qui ne voient que le côté humain, c’est une gloire incontestable.
. Dévouement en vous montrant des soldats braves et pleins de courage. Or, cette bravoure, elle coule déjà dans vos veines ; c’est un héritage de famille ; vos pères vous l’ont transmise par le canal d’une réputation sans tache ; ils l’ont acquise au prix de leur sang, lorsqu'ils sont morts en défendant la croix qu’ils avaient plantée, pour prendre possession de ce pays infidèle. Néanmoins, il en coûte singulièrement à être de braves soldats du Pape ; et c’est précisément ce qui vous fera pratiquer un noble dévouement, tout le teinps que durera votre expédition. Mais que de moyens vous aurez à Rome de vous retremper dans ce généreux sentiment !
Bientôt, en effet, vous serez sur les lieux, et vous verrez de vos yeux Valentano, Bagnorea, Subiacu, Farnese, Nerola, Monte-Libretti, Monte-Rotondo, Mentana. qui ont été les théâtres des sanglants combats qui ont signalé
l’héroïque défense du territoire Pontifical, menacé de vingt côtés à la fois.
Quelques-uns de ceux qui prirent part à ces glorieux engagemeuts, vous montreront où et comment les Zouaves firent ces charges brillantes et impétueuses qui firent l'admiration des vainqueurs de Sébastopol et de Solferino ; comment, en face d’un ennemi bien supérieur en nombre, ils s’élan çaient, traversaient les vignes, gravissaient les côteaux, escaladuient les rochers, gagnaient enfin la crête des montagnes où ils débusquaient l’ennemi, et le faisaient reculer, la baïonnette au dos.
C’est là où vousirez retremper votre ourage, en explorant des lieux devenus si fameux et où le sang canadien a déjà coulé. Ce sera aussi en allant prier sur les tombes qui renferment les restes des jeunes héros qui succombèrent dans ces actions mémorables, que vous vous sentirez embrasés du désir de vous immoler comme eux.
Ces tombes sont glorieuses et ornées des palmes du martyre ; elles resplendissent d'espérance et d’immortalhté.
Elles ne so:.t pas encore fermées; aussi,
font-elles entendre des voix bien touchantes, qui révèlent les brillantes qualités et le courage héroïque de ceux que vous aimerez à prendre pour modèles, afin de marcher avec une nouvelle ardeur dans la voie du dévouement.
Car ces admirables jeunes gens sont aujourd'hui l'honneur de leurs familles, la gloire de leur patrie, les héros de la catholicité, la joie du paradis ; et ils sont, par conséquent, bien dignes de nos atfectueux hommages.
Dévouement en vous esomportant toujours comme de braves soidats, c'est-à-dire selon lexpression du Comte de Maistre, comme de fervents et admirables t'atholiques. Car c'est la foi q'i doit inspirer votre dévouement, et vous rendre fidèles à tous vos devoirs religieux. Vousallez servir Pie IX, mais ce sera sans doute, et avant tout, par amour pour Jésus- Christ dont Pie IX est le Vicaire.
Il vous faut pour cela un grand dé.
vouement religieux, parce que partout, même à Rome, il en coûte à vaincre ses penchants et à se mettre au-dessus de tout respect humain. Là comme ailleurs il y a des scandales à craindre;
et il ne faut pass’en étonner, puisqu'il y a eu, dans le ciel, des mauvais anges, et dans le Cénacle un Judas, un Anostat. Il faut donc vous prémunir d'avance contre ces scandales toujours à craindre, à quelque degré de vertu que l’on soit parvenu.
Mais s’il y a des pierres d’achoppement qu'il vous faudra éviter, il y a des moyens innombrables offerts à la vertu pour se conserver. Rome est comme le paradis de la terre, par le Souverain Pontife qui y exerce la divine autorité de Jésus-Christ dont il est le Représentant, par la multitude de ses temples richement ornés, par ses fètes pompeuses, qui se succèdent sans interruption, par ses chants har monieux qui sont comme les échos des cantiques du ciel, par ses Institutions sans nombre, faites pour con server la foi, propager la piété et exercer la charité, par les admirables Quarante Heures qui font le tour des Egli ses de la Cité, dans le cours de l’année.
Il y a donc abondaument tout ce qu'il faut pour vous fortifier dans la pratique du bien. Aussi, ne négligerezvous aucun des moyens qui vous pa
raitront nécessaires pour vous faire persévérer dans la pratique de la vertu.
Vous trouverez d’ailleurs dans les Zouaves Pontificaux d’admirables modèles des vertus que vous avez à pratiquer, des chrétiens fervents qui se confessent et qui communient souvent, qui fréquentent les saints offices et visitent les églises, qui sont de pieux congréganistes de la Vierge Immaculée, établie parmi eux et à laquelle vous tiendrez à honneur d’appartenir, qui, sur le champ de bataille, sont terribles comme des lions, et doux. comme des agneaux auprès des malades quand il s’agit de leur prodiguer les soins de
la charité. Aussi a-t-on vu se reucu.
veler parmi eux cet admirable cm.
mandement, qu'on n'avait plus enten du, dans les armées, depuis les croisades. Z s'agit maintenant d'aller . mourir. Au nom du Père, rtdu Fils, et du St. Esprit, en avant, et ils s’élancent et ils meurent. En tombant, ils font le signe de la croix et crient Ave Maria.
Tels sont les hommes avec lesquels vous aurez à pratiquer le dévouement religieux, c’est-à-dire, à vivre en sol
dats chrétiens et à mourir en héros intrépides. ;
Soyez donc dévoués, braves enfants de la Religion et de la patrie ; dévoués à Dieu, en l’aimant de tout votre cœvr, dévoués à Marie, en l’honorant comme la meilleure de toutes les mères; dévoués à la Religion en pratiquant fidèlement ses commardements, dévoués au Pape en le défendant vail lamme:t. Soyez-lui dévots, comme le disait un célèbre Ministre Protestant converti ; soyez-lui dévots, car Jésus Christ se perpétue, vit, agit, parle, instruit, gouverne eu lui et par lui.
Pour que ce dévouemert se soutienue, et s'élève même jusqu’à l’héroïsme, vous avez besoin de force. Or, souvenez-vous toujours que l’Union fait la force, et que la force produit le dévouement.
Soyez donc unis intimement, et ne faites tous qu’un cœur et qu’une âme, vivant comme de bons frères, qui n’ont qu’une seule chose à cœur, le bien commun de la famille. Portezvous, au besoin, de mutuels secours ; consolez-vous dans vos peines, visitezvous dans vos maladies, assistez-vous
les uns les autres par de prudents avis et de sages conseils. Qu'il y ait entre vous tous amitié, cordialité et fraternité religieuse. Pénétrez-vous bien, dans vos rapports mutuels, que vous êtes exclusivement Canadiens, c'est àdire, que vous n’appartenez pas plus à Montréal qu’à Québec, aux Trois Rivières, à St. Hyacinthe, à Ottawa. à Rimouski. Visitez ensemble et étudiez sous les habiles maîtres qui vous seront indiqués, toutes les antiquités et institutions de la Ville Eternelle. Rendez-en des comptes fidèles au comité chargé de vous diriger et de faire vos affaires ici et à Rome, afin que votre pays tout entier profite de vos recherches scientifiques, comme de votre dévouement pour la défense du Saint Siége. Que vos Chapelains vous servent de traits d'union entre vous, par les rapports de respect, d'affection, de confiance que vous entretiendrez avec eux. Vous y gagnerez toujours à ne rien faire que de concert avec eux.
Car ils vous tiendront lieu, pendant ce long voyage, de pères, de mères, de frères, d'amis et d’Anges gardiens vi sibles. Enfin, nôus tous, vos pasteurs,
présents et absents, nous vous bénissons au nom de Dieu, le Père des miséricordes, le Dieu de toutes consolations, l’auteur de tousles dons parfaits.
Cest avec toute l'affection de nos cœurs, et dans toute l’effusion de nos âmes que nous levons nos mains supliantes vers le ciel, pour demander à otre-Seigneur en qui réside la plénitude de tous les trésors célestes, par son Immaculée Mère, et par tous les bons Anges et les Bienheureux, qu’il vous accorde un heureux voyage, de Ja santé, du courage, de la bonne volonté ; qu’il vous conduise et vous protège en tous lieux; qu'il vous ramène sains et saufs dans votre chère patrie, afin que tous, pasteurs, pères, mères, parents, amis, concitoyens, aient la consolation de vous revoir, chargés de lauriers et comblés de mérites, de vous embrasser et arroser des douces larmes que fait couler la joie du retour, après les fatigues et les dangers d'un long,yoyage. :..":*: : "ru +.
Enchré-tüne fois; vos: parieé :. Mais n'oubliez: järiäis ét souvenez-vous tau-joureque la. ReligioW'et la: Patrie:s'attendent qué vous ferez votie-devir et”
que vous vous montrerez, en tous lieux et en toutes occasions, dignes du Canada qui a produit tant de bons chrétiens et de vailiants guerriers.
Au nom du Père, et du Fils et du St.
Esprit. Ainsi soit-il.
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