SUR LE TRA.VAIL
Monsieur, Mademoiselle,
Il est difficile d'assister à un Mariage sans se ippeler cette page de la Bible, oti nous voyons ieu créer l'homme, le placer dans le paradis rrestre pour le garder et le cultiver (i), et enn lui donner une aide semblable à lui (2), de .anière que, se complétant l'un par l'autre, à IX deux ils ne fissent plus qu'un (i).
Ce fut l'institution du Mariage, à laquelle préda Dieu lui-même, et qui, de génération en inération et de Mariage en Mariage, aboutit à
lui qui va se célébrer au pied de cet autel.
Remarquez un détail du récit biblique. Avant
1) Genèse, 11, 15.
2) Genèse, 11, 18.
l) Genèse, 11, 24.
iq4 allocutions matrimoniales
de faire d'Adam un époux, Dieu avait fait de lui un travailleur : comme s'il avait voulu chercher, dans les qualités laborieuses de l'homme, une des garanties de sa fidélité aux devoirs de mari et de père qu'il allait bientôt lui imposer.
Je suis heureux de saluer le renouvellement d( cette particularité dans le Mariage qui va s'ac complir. Certes, il nous offre déjà des garantie! d'honneur et de bonheur 1 Nous les voyons dam les conseils et les exemples que vous avez reçu; de vos parents (2), et dans la manière dont vou en avez profité : vous êtes des chrétiens couvain eus, des chrétiens complets, ayant à cœur d mettre leur foi en action et leurs théories en prd tique ; vous êtes convaincus que l'homme n peut rien sans Dieu, et vous venez ici lui deman der de vous aider à rester, dans le Mariage, fidê les au devoir. Mais, précisément, la grâce d Dieu agira d'autant plus aisément sur vous qu vous êtes des travailleurs ; vos traditions de fï mille, les exemples que vous avez eus sous 1« ■yeux, vos habitudes personnelles, ont fait d vous des laborieux, et vous apportez ainsi. Vu à l'autre, les garanties de sérieux, d'honneur, é probité, de sacrifice au devoir, que les habitua laborieuses entraînent forcément avec elles.
C'est que, par la volonté de Dieu, l'homn est fait pour travailler comme l'oiseau pour v«
(2) On pourra ici entrer dans quelques détaUs personnels.
ALLOCUTIONS MATRIMONL^LES 19O
1er, comme la fleur pour parfumer I... Et ici, je ne puis m 'empêcher de protester contre une interprétation fausse, — et trop répandue, — des leçons que nous donne l'Eglise. On se figure parfois qu'elle enseigne que le travail est, pour l'homme, la suite et la conséquence du péché. Rien n'est plus erroné !... Il suffît, pour s'en convaincre, de relire la page de la Genèse dont je parlais tout à l'heure : c'est l'homme encore innocent qui fut placé dans le jardin de l'Eden pour le cultiver I...
Sans doute, les dures fatigues qui aujourd'hui accompagnent le travail, et cette lourde nécessité de gagner son pain à la sueur de son visage, sont la punition du péché (i) : mais le travail lui-même est entré dans l'humanité encore pure et belle aux yeux de Dieu, implanté parmi nous, par notre Créateur, comme une noblesse, comme un réconfort, comme une grandeur I...
Honneur donc au travail ! Et je suis doublement heureux d'être appelé à bénir un Mariage qui constitue l'alliance d'un travailleur chréien avec une travailleuse chrétienne !...
(Avant de donner à cette allocution la concluion qui va suivre, on pourra^ s'il y a lieu, tirer, i Vaide des allocutions suivantes, quelques leçons Particulières de la profession de l'époux.)
(1) Genèse, m, 17-19.
igG ALLOCUTIONS MATRIMONLVLES
x^-près les quelques heures données à la fête de votre Mariage, vous allez reprendre le travail un instant interrompu... comme vous l'interromprez encore, je n'en doute pas, tous les dimanches, pour rendre hommage à Dieu et recréer vos forces. Travaillez par obéissance à Dieu: le travail du jour, accompli dans cet esprit chrétien, parfumera votre repos du soir, vos entretiens, votre amour mutuel, vos soins donnés aux enfants dont Dieu ornera votre foyer. Et ainsi vous gagnerez, non seulement votre pain de chaque jour, mais le droit à l'éternel repos, quand sonnera l'heure, — qui ne peut manquer de sonner, — où Dieu rappellera là-haut ses serviteurs d'ici-bas, pour leur donner la récompense qu'il leur a promise, et dont vous le remercierez pendant l'éternité : ce sera votre seul travail dans le ciel... avec celui de vous aimer sans fin sous le regard de Dieu.
Ainsi soit-il !
xxvin
Pour un cultivateur.