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INTRODUCTION
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k est incontestable que le langage ordinaire ne suffit pas à exprimer ou à décrire les mouvements que nous pouvons observer autour de nous. Les expressions vulgaires qu’on emploie pour caractériser les phénomènes du mouvement sont en général trop vagues ou trop méthaphoriques pour donner une idée précise des mesures exactes et bien définies des mouvements. Ce ne sera pas une exagération de dire, que les mouvements sont presque aussi difficiles à exprimer par des mots que les sons musicaux. Cela devient évident lorsqu'il s’agit de mouvements plus ou moins complexes, comme le sont presque tous ceux du corps humain. Ce sont surtout les physiologistes qui, en décrivant les fonctions motrices des divers organes, ont bien senti les
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regrettables lacunes qui existent à cet égard dans notre langage. Pour vaincre ces difficultés et suppléer à l’absence d'expressions, la science emploie la méthode graphique par laquelle on peut enregistrer les phénomènes du mouvement sous une forme saisissable. C'est l'organe du corps en mouvement lui-même, par exemple, le cœur, qui fait enregistrer ses mouvements par un appareil ingénieux, /e cardiographe; les tracés donnés par cet appareil sont pour ainsidire le langage du corps en mouvement; il trace d’une façon exacte et très saisissable tous les détails des mouvements, l’ordre dans lequel ils se présentent, leur énergie, leur durée, leurs relations avec les phenomènes de la pulsation artérielle etc. Un grand nombre d'appareils analogues servent aux médecins et aux physiologistes pour étudier toutes sortes de mouvements physiologiques et pathologiques. Ainsi, pour étudier plus particulièrement le mouvement du pied pendant la marche et la course il existe un appareil construit d’après le même principe que le cardiographe - c’est l'odographe. Cet appareil communiquant avec les chaussures, spécialement preparées pour l'expérience, enregistre tous les détails des mouvements du pied. En faisant parcourir au sujet un trajet d’une distance unique à des allures différentes, on obtient par l'odographe des tracés qui expriment tout ce qui est relatif au transport du pied dans la marche: le mouvement du pied à l’appui et au lever, ainsi que les phases de ces mouvements. | Il est certain que cette méthode graphique est
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d’une exactitude merveilleuse et presque mathématique, mais malheureusement elle ne trouve son application qu’en de très étroites limites et elle restera sans doute encore longtemps un pur procédé de laboratoire pour constater certaines phases et certaines particularités du mouvement, Les appareils enregistreurs, du moins dans leur forme actuelle, ne pourront jamais former la base d’un vrai langage exprimant le jeu varié et complexe des muscles du corps humain. Les tracés qu'ils donnent restent, dans le plus grand nombre des cas, incompréhensibles. Les savants les plus compétents eux mêmes sont très embarrassés quand il s’agit, par exemple, de décrire les mouvements complexes d’un malade:
Voici, par exemple, une description de mouvements choréiques faite par M. Charcot, l'éminent maître de la Salpêtrière:
,, Les bras simulent le jeu d’un joueur de tambour, la jeune fille frappe sur le parquet à des intervalles réguliers, comme sielle battait la mesure; en même temps la tête tourne rapidement de droite à gauche”. (Charcot. Leçons du Mardi. p.150)
Cette description pleine d'expressions métaphoriques montre bien l'impuissance de notre langage pour décrire les mouvements du corps humain.
Dans ce cas les appareils enregistreurs ne disent pas non plus grand’chose. Ils ne font que constater certaines régularités, un certain rythme et c'est tout. Dans d’autres cas ,, les représentations graphiques ne fournissent aucune formule précise; les tracés sont absolument irréguliers, sans logique,