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UNE NOUVELLE POSITION DU PROBLÈME ALSACIEN-LORRAIN

l'alsace et la lorraine (1).

Nous allons penser ensemble à l'Alsace et à la Lorraine. Je ne chercherai pas à vous émouvoir par des sensibleries qui sentent l'esthétique de café-concert et qui, trop souvent, déshonorèrentce grave thème national ; je me propose devons mettre devant des réalités.

Si nous pouvons, sans déclamation, comprendre ce soir l'état des choses en Alsace-Lorraine, nous aurons sensiblement grandi en dignité intellectuelle et fortifié notre jugement social.

Je ne comprends pas que des Fran-

(1) Conférence faite à la « Patrie française en décembre 1889.

A hiice-Lorra Ine

çais puissent écrire comme un reproche: « Vous restez hypnotisés par la trouée des Vosges. » Il y a, épars à travers la France, des milliers d'Alsaciens et de Lorrains arrachés tragiquement de leur terre : il y a, sur le sol annexé, une population encore unie à la France par des liens moraux dont une administration brutale s'acharne à détruire les fibres. La question d'Alsace-Lorraine n'est pas le système de quelques patriotes, une vue de l'esprit: elle est un fait, une plaie. Et quand on vous dit que cette plaie est fermée, on vous trompe pour faire le jeu de l'empereur allemand et pour lui permettre d'écarter l'Alsace et la Lorraine des négociations qu'il rêve peut-être d'ouvrir avec nous.

Allons à Metz, messieurs : quel silence ! quel enchevêtrement de lignes stratégiques et de travaux d'art sur un sol bosselé encore par les tombes de 1870 !

La Lorraine messine n'est plus qu'un glacis. J'ai vu la campagne de Rome et ses fièvres, les marécages de Ravenne où siffle la vipère, la plaine du Maroc

a n'empoisonnent des charognes abanonnées, les sierras de Castille systématiquement dénudées de leurs arbres; rien d'aussi triste pour un Lorrain, fils de Lorrains, que ce qu'ils ont fait de la vallée mosellane à Metz.

Les Allemands, qui brûlèrent, rebâtirent avec magnificence des quartiers de Strasbourg, n'ont ici rien modifié. Metz, une fois franchis les travaux qui l'enserrent, apparaît dans sa servitude identique à elle-même. Elle émeut d'autant plus, esclave qui garde les traits et l'allure que ses amis et ses fils aimaient chez la femme libre. La reconnaissant encore française, lorraine et messine, nous sentons, avec une vivacité qui nous trouble, une nuée d'impressions se lever des uniformes, des visages prussiens, des inscriptions officielles. Tout signifie clairement que nous sommes des vaincus chassés et, désormais, des étrangers suspects. S'il vous est arrivé de passer, après des années, devant l'appartement où vous vécûtes, avec vos parents, votre petite enfance heureuse, et si vous avez donné suite à la pensée qui certainement vous vint de visiter ces chambres, occupées maintenant par des inconnus, vous les avez traversées avec cette contrainte, ce malaise qu'éprouvent des Lorrains revenant dans leur ville de naissance, et comme eux vous disiez: « Quoi ! c'était si petit, l'endroit où je place des souvenirs si nombreux et si grands ? »

Tout l'univers, gêné par cette ville, s'étonnerait de la voir basse et resserrée, avec ses rues étroites et cerclées

par l'ancien système de ses murailles françaises, comme un vieux bijou mérovingien monté sur fer.

Les femmes de Metz touchent par une délicatesse, une douceur infinie, plutôt que par la beauté. Leur image, quand elles parcourent les rues étroites, pareilles aux corridors d'une maison de famille, s'harmonise au sentiment que communique toute cette Lorraine opprimée et fidèle. Quelque chose d'écrasé, mais qui éveille la tendresse ; pas de révolte, pas d'esclaves frémissantes sous le maître, mais l'attente quand même, le regard et le cœur tout entier vers la France. Avec cela, un parfum, une manière vieille province. Depuis 1870, la France a reçu des transformations profondes, mais ici, où ne sont restées que les classes moj'ennes, et dans des conditions qui les soustraient à l'influence de Paris comme à celle des centres allemands, on trouve cette douceur et ce calme que l'imagination prête aux temps passés.

Les anciens Lorrains sont détachés de tous intérêts vivants : pour le commerce, les troupes se fournissant dans des coopératives ne peuvent être d'aucun profit ; la vie intellectuelle est abolie ; la colonie française s'est jetée dans la piété, parce que l'évêque fit d'abord le centre de Ja résistance, parce que

c'est une opposition à l'Empire protestant, parce que chacun se sentant accablé, replié sur soi-même, trouve devant les autels espoir et consolation et que les appels à l'infini soustraient le cœur à l'écrasement de cette ville conquise.

Cette Metz charmante, c'est le château de la Belle-au-bois-dormant ; c'est plus exactement et plus tragiquement une caserne dans un sépulcre.

Des Parisiens, souvent, viennent à Strasbourg. Ils se font guider par un cocher, ou même par un Allemand à qui on les a recommandés. A leur retour, parce qu'ils n'ont pas su voir la vérité sous les apparences, et qu'ils ont accepté sans contrôle des récits intéressés, ils racontent de bonne foi que les Strasbourgeois sont devenus Allemands.

Permettez-moi de vous dire des choses minutieuses. Ces mauvais voyageurs rapportent que toutes les enseignes des magasins sont en allemand. Eh bien I avant de rien conclure de ce fait, il faut savoir

3ue les Allemands ne se contentent pas e bannir la langue française de l'école, de la justice et des administrations, mais qu'ils interdisent l'emploi des étiquettes, des enseignes françaises et imposent à toutes les marchandises un nom germanique. Ces voyageurs superficiels s'appuient aussi sur des propos qu'ils ont entendus dans les lieux

publics, ou sur le silence que des voisins de hasard en chemin de fer, au restaurant, à la brasserie, ont opposé à leurs paroles ardentes. Mais il faut connaître le système d'espionnag^e et d'agents provocateurs qui explique la défiance des annexés après tant d'années de mesures brutales, de vexations, de contrariétés et de dénonciations sans nombre. Beaucoup d'Allemands parlent le dialecte alsacien et le français, aussi les indigènes sont-ils circonspects et refusent de lier conversation avec un inconnu, quel que soit son accent. Ce n'est qu'après avoir reçu des gages sérieux qu'ils se laissent aller, peu à peu, à découvrir leurs sentiments intimes.

Les mêmes esprits légers, mal informés, argumentent sur ce que la population parle allemand et non pas français. Mais aujourd'hui, en Alsace, les indigènes savent plus de français qu'avant la guerre, ce qui s'explique parce que les hommes qui avaient dix ans en 1870 avaient tous appris le français que souvent ignoraient leurs pères. Ceux-ci parlaient leur dialecte, par laisser-aller et parce que la France tolérante ne songeait pas à l'interdire. Depuis 1870, les Alsaciens reviennent au français par esprit de protestation. N'en savent-ils que trois mots, ils les placent. Le français est devenu la langue « aristocrati-

Sue » et doit distinguer des Allemands. In vit des pères de famille, des ouvriers gagnant 150 francs par mois, se saigner pour arrivera payer des leçons. A table, il était défendu de parler patois sous peine d'être privé de dessert, etc., etc. Les Allemands, un beau jour, interdirent à tout individu des deux sexes n'ayant pas son diplôme allemand de donner des leçons particulières. Des centaines de pauvres professeurs et institutrices furent mis sur le pavé et encore aujourd hui ils forment une classe particulière d'indigents, soutenus quelquefois par leurs anciens élèves. Depuis ce temps ce sont les parents qui les remplacent, et dans les familles, le soir après dîner, il n'est pas rare de voir le pauvre employé, le contremaître, le petit commerçant, malgré la fatigue de la journée, s'ingénier à faire saisir à ses enfants les difficultés de notre grammaire.

La principale préoccupation, de l'administrateur allemand, c'est de convaincre 1 étranger et surtout les Français que l'Alsace et la Lorraine se germanisent. La phrase qui revient toujours, c'est : « Surtout tâchez que la presse française n'en parle pas. » Ne fût-ce qu'un vernis, on veut étendre sur les choses et les gens « un vernis germanique >.

Pour connaître l'état vrai, il ne faut

pas un voyageur rapide qui erre avec son cocher le plus souvent allemand, ou avec un homme aimable, directement préoccupé de nous dégoûter de nos anciennes provinces; il serait préférable de circuler sans guide, et de bien ouvrir les yeux en usant de son propre bon sens.

Entrez par exemple au cimetière Sainte-Hélène Voici la tombe du dernier maire français de Strasbourg, M. Kûss, mort à Bordeaux, frappé au cœur, peu de jours après la cession du pays qu'il représentait à l'Assemblée, Et quinze mètres plus loin est enterrée la femme du premier mairj français, Dietrich — enseveli, lui, au Petit-Picpus de Paris, avec des guillotinés — chez qui est née la Marseillaise. Le premier, le dernier I Et dans cet étroit espace, où la destinée de ce pays s'affirme d'une façon si saisissante, associée aux vicissitudes françaises, combien de tombes d'officiers français! Eh bien, regardez si elles sont soignées et comment elles le sont. Les Allemands, toujours préoccupés de servir l'honneur militaire, qui est un des fondements de leur empire, entretiennent les monuments funéraires, aussi bien de nos soldats que des leurs; il suffit de les signaler aux autorités. Mais les Strasbourgeois n'ont pas voulu recourir à des soins étrangers. Ils protègent d'une

tionnaires. Après l'annexion, ceux d'Alsace-Lorraine envoyèrent une délégation à M. Thiers pour lui demander conseil : « Accepter ou émigrer ? » Il répondit : « Restez. .» Il avait raison. Les Alsaciens- Lorrains le reconnaissent aujourd'hui. L'émigration en masse a littéralement appauvri le sang alsacien. Ce sont surtout les familles riches, celles qui détenaient la culture, qui quittèrent le sol ; la force de résistance en fut dangereusement atteinte.

En effet, ceux qui capitulent devant les avances du gouvernement allemand le font pour trouver une place, un morceau de pain. Les émigrants allemands profitent de l'abandon des situations prépondérantes, industrielles, commerciales et autres pour s'en emparer peu à peu. Il tend à se former une classe de notables allemands. Faudra-t-il qu'apparaisse une classe aristocratique allemande et que les indigènes soient réduits à l'état de caste inférieure, de parias ? La génération actuelle se révolte là contre ; sur tous les points du pays on sent de jeunes énergies grandir: la lutte recommence, non pas sournoise ou héroïque, mais diplomatique et légale.

Abandonnée dans l'ordre politique et comme méthode de résistance organisée, la protestation ne perd rien de

sa vigueur dans les consciences. L'Alsace et la Lorraine ont vécu de la vie de la France dans les bons et mauvais jours, et, bien qu'elles se troublent parfois devant nos divisions, il y a peutêtre à cette heure plus de cœurs chez elles que chez nous pour garder une invincible foi dans l'avenir. Seule la diminution même de la France diminuerait ce sentiment intime qui ne serait ruiné qu'avec notre ruine.

Tant qu'il existera là-bas un descendant aes indigènes, il se réclamera du droit des peuples et affirmera qu'il appartient aux seuls Alsaciens-Lorrains de disposer d'eux-mêmes.

Et puis, en vingt-cinq ans, l'Allemagne n'a pas su se faire aimer. La France, même malheureuse, inspire de l'amour.

On n'estimera jamais assez l'héroïsme de ces annexés. Pensez au médecin qui se passe de la vaste clientèle des immigrés, au boulanger chez qui la domestique de l'officier vient dire : « Nous ne nous fournirons plus chez vous si vous ne mettez pas le drapeau aux anniversaires. » Des jeunes Alsaciens- Lorrains qui font leur volontariat allemand, pas un qui consente à être officier, parce qu'il serait forcément en contact avec les Prussiens et resterait à la disposition de l'autorité militaire :

ils acceptent d'être suspects et renoncent à tout emploi d'Etat. Des bandes immenses passent la frontière chaque fois qu'il y a des revues à proximité sur le territoire français. Des milliers et des milliers viennent fêter leur 14 juillet en France. Le gendarme prend leurs noms : « Ah ! vous êtes ferblantier, vous habitez tel village ? eh bien ! on vous repincera. » Dans l'intérieur du

f)etit bourgeois alsacien-lorrain on cèèbre la fête nationale mieux que chez nous : gâteaux, bouteilles, petits drapeaux tricolores, cocardes, tour Eiffel apportées de France,

Vous pourrez lire dans le Temps, au printemps et à l'automne, le relevé des condamnations prononcées dans les tribunaux d'Alsace-Lorraine, contre les conscrits qui viennent s'engager avec les nôtres. De 1870 à 1890, on a compté 220, 000 réfractaires. Et maintenant encore, bien que le système de l'émigration soit condamné par la haute raison des indigènes, une moyenne de 5, 000 jeunes gens, chaque année, ne peuvent prendre sur eux de servir l'Allemagne et passent la frontière.

A quelles difficultés pourtant ces réfractaires se livrent de leur plein gré ! Et d'abord, en France, comment les traitons-nous ? On doit à INI. Emile Keller une loi de juillet 1889 qui per-

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met aux jeunes Alsaciens-Lorrains de recouvrer, par une simple déclaration, leur nationalité française et d'entrer dans nos régiments et dans nos Ecoles militaires. Mais personne, dans le gou- .vernement, ne s'est préoccupé de l'application de cette loi qu'on a obtenue très difficilement et sur laquelle on fait le silence le plus complet. Les jeunes annexés ne savent même pas qu'elle existe ; ils arrivent dans nos bureaux de recrutement sans être munis des papiers exigés, et l'on trouve commode de les enrôler dans la Légion étrangère et de les envoyer mourir ou perdre la santé au Tonkin, à Madagascar. Les Allemands exploitent notre maladresse.

Dans les villages, ils ont beau jeu à gouailler : « Si vous passez en France, on vous enverra périr des fièvres. »

Les décès sont toujours soigneusement relatés et commentés par les journaux allemands.

Malgré leurs déboires et les obstacles de toute sorte, ces jeunes gens aiment mieux affronter toutes ces misères, si bien dépeintes par les journaux allemands et en partie réelles, que de faire en Allemagne un service moins pénible, moins long et suivi d'un tranquille retour au pays.

Jamais, jamais on n'a entendu un seul de ces jeunes gens se plaindre de

la France, et ceux qui, dégoûtés, déçus, tourmentés par la nostalgie, reviennent au pays endosser l'uniforme allemand après avoir porté le français vantent encore à leurs camarades la douce France.

Quelques indigènes ont invoqué une raison tirée du profond de leur être, disent-ils, pour accepter la nouvelle situation politique faite à TAlsace-Lorraine par le traité de Francfort. ^Sl.Zorn de Bulach a coutume de dire : « Que voulez-vous ? Je suis un féodal ; ma famille a toujours joué un rôle sur cette terre d'Alsace ; je ne pouvais pas me résoudre à n'y rien être. Je suis les destinées de ma terre. » Un journal allemand a répliqué par la phrase suivante dont nous nous contenterons :

« Il n'y a en Alsace qu'une seule catégorie de citoyens que nous puissions respecter : ceux qui se renferment dans la résignation et le silence ; tout le reste n'est qu'hypocrisie ou politique de courtisan. » Et sans vérifier la sincérité des Zorn de Bulach, nous dirons que leur conscience, si c'est elle qui parle, est tout exceptionnelle en Alsace. La conscience collective de ce peuple se fait connaître par des traits bien différents de ces déchéances individuelles.

Voyez l'exemple de cette femme qui

mourait à l'hôpital. Elle demanda à voir son fils, soldat en France et clairon. Il vint et elle dit :

— Je voudrais tant l'entendre jouer de sa trompette !

L'interne, après avoir hésité, accorda à la moribonde sa dernière fantaisie. Le fils se procura une trompette et il joua avec entrain: «Y a d'ia goutte à boir'làhaut... La mont'ras-tu la côte... ? »

C'était un très beau garçon. Elle le regardait doucement et elle mourut.

Voilà de l'amour et avec lui collabore la haine. Au cimetière de Raon-lès- Leau, dernier village français sur la route du Donon, j'ai copié l'inscription suivante : « Le 24 septembre 1887, deux Français, de Wangen, officier de dragons, et J.-B. Brignon, citoyen de Raon, ont été, l'un blessé grièvement, l'autre tué sur le territoire de Vexaincourt par le soldat allemand Kauffmann. » A deux kilomètres de là, on m'a montré la maison forestière où l'assassin était garde en 1887.

— Qu'est-il devenu ? ai-je dit.

— Un grand propriétaire lui a fait une belle situation en Poméranie.

Tournons-nous maintenant vers les intellectuels. Chaque année, les jeunes étudiants alsaciens-lorrains se réunissent en un banquet d'où les éléments suspects sont longtemps d'avance exclus

avec soin ; ils sont là cent cinquante à deux cents. Un petit orchestre est composé d'étudiants ; on représente des saynètes, on dit des monologues, interrompus par des chœurs. On distribue un programme illustré en français, et puis un recueil de chansons imprimé aux frais des étudiants. Voici quelques titres : les Gueux, de Béranger; les Volontaires, de Métra; le Père la Victoire, la Marche Lorraine, etc. Les toasts et les discours encouragent les camarades à devenir bons Alsaciens et parlent de la France en termes voilés. Vers une heure du matin on se lève de table, et tous les cent cinquante en file indienne, par de petites ruelles écartées, sans bruit, se dirigent vers la place Kléber ; arrivés près de la statue, ils se découvrent et silencieusement, la tète nue, les yeux dirigés sur Kléber, défilent trois fois autour de la statue. Et voyez la puissance de ce symbole sur leurs esprits : la police les suit et les surveille ; au moindre cri, elle interviendrait. Eh bien ! malgré les libations et la gaieté bruyante de tout à l'heure, pas une exclamation ne vient troubler le silence et, quand ils se séparent, leurs mains dans l'ombre se serrent avec force. Voilà trente ans que cette cérémonie intime se reproduit chaque année. Et notez que ces jeunes gens,

qui n'ont que dix-huit à vingt ans au plus, sont tous nés après quelques années de régime allemand.

Les Alsaciens-Lorrains, politiquement séparés de la France, se sont maintenus attachés à elle par un lien moral. Et nous aussi nous devons travailler à cela: les maintenir dans la conscience française.

Notre devoir, c'est de fortifier la France ; peu importe le temps: ce n'est pas un élément qui compte dans la vie des peuples. Si vous créez une force, elle développera dans un délai quelconque tout ce qu'elle porte en elle. Si vous créez une France armée et organisée, vous pouvez être certains que de l'autre côté de la frontière, à l'instant que la politique aura choisi comme favorable, on entendra un immense cri d'amour s'élever vers la France faisant le geste béni d'appel.

Quant à nous, il y a un devoir oii nous devons persévérer utilement pour les annexés : c'est de développer et d'éclairer la conscience française, de la, fonder sur la terre et les morts. Dans cette harmonie qui s'appelle la France, gardons sa place à la voix de l'Alsace et de la Lorraine. Il faut que nous continuions, malgré l'accident de 70-71, à considérer ces deux provinces comme des parties de l'organisme français. Nous

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devons les écouter et le leur faire savoir. Il faut que les Alsaciens-Lorrains continuent à être ce qu'ils étaient au lendemain de la guerre : des favoris du peuple français.

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