HISTORIQUE GÉNÉRAL
Comme dans beaucoup d’autres branches de la science, les connaissances que nous possédons sur l'aluminium el ses composés ne se sont pas accumulées d'une façon lente et continue, mais sont le résultat d’un petit nombre de découvertes importantes dont chacune a ouvert des aperçus nouveaux et servi de point de départ à des études de détail.
Vers l’époque de la Révolulion française, un certain nombre de composés importants de l'aluminium sont connus: l'alumine, le sulfate d’alumine, les aluns. Ils sont utilisés dans les arts, mais les chimistes ne connaissent pas la nature de l'alumine plus que celle des terres et des alcalis. En 1797, Chaptal montre que l’on peut préparer le sulfate d’alumine en traitant l'argile par l'acide sulfurique ou plus exactement par un mélange d’acide sulfureux et d'oxygène.
Vauquelin montre, la même année, la nécessité d'ajouter au sulfate d'alumine un sel de potasse pour obtenir l'alun; en 1814, il établit la composition de l’alun par des analyses précises. En 1807, Davy, développant les conclusions générales qui découlent de la décomposition de la potasse par la pile et de la découverte du potassium, annonce que l’alumine doit être un oxyde dont le méta! pourra être extrait par électrolyse. à
OErsted, en 1824, prépare le chlorure d'aluminium anhydre en faisant agir au rouge le chlore sur un mélange d’alumine et de charbon et cette découverte permet à Wohler, en 1898, d'isoler l’aluminium en faisant agir le potassium sur le chlorure anhydre.
De 1855 à 1862, les travaux importants se multiplient. Henri Sainte-Claire Deville découvre le fluorure d'aluminium anhydre: Weber, les bromure et iodure d'aluminium. Développant la découverte de Wohler, Deville prépare l'aluminium pur en assez grande quantité pour en fixer les propriétés. Il consacre plusieurs années à en fonder la préparation industrielle et s'attache, avec une foi robuste, à démontrer ses qualilés et ses avantages el à lui trouver des applications. Non seulement, il crée la fabrication de l’aluminium par des procédés chimiques, mais il établit qu'il peut être préparé par électrolyse des sels fondus.
En 1850, Ebelmen reproduit artificiellement le rubis, c’est-à-dire l'alumine cristallisée et le spinelle, c'est-à-dire l’aluminate de magnésie avec toules les propriétés qu’ils ont dans la nature. Graham, en 1862, au cours de sa remarquable étude sur la diffusion, prépare l’alumine colloïdale.
Après celte grande époque, on constate un temps d'arrêt. Cependant, les méthodes nouvelles dont il est le créateur conduisent Moissan à découvrir, en 1894, le carbure d'aluminium. Vers cette époque, les sulfures, séléniures, tellurures, phosphures d'aluminium sont bien étudiés.
Vers 1889, la fabrication de l'aluminium entre dans une voie nouvelle. [l'est préparé en grand, d'abord par des procédés chimiques fort voisins de ceux de Sainte-Claire Deville, puis par des procédés électriques qui permettent de le produire en abondance à un prix moins élevé que l'étain et à peine supérieur à celui du cuivre.
Les propriétés du métal sont mieux étudiées. En même temps qu'on lui trouve des applications nouvelles, on lui découvre des propriétés jusque-là insoupçonnées. On s'aperçoit que, sous certains
états physiques et à température élevée, il jouit d’affinités chimiques très puissantes et est un réducteur extrêmement énergique. Considéré sous ce jour nouveau, il trouve de nombreuses applicalions comme dans l'affinage de l'acier, la production des métaux difficilement fusibles et des hautes températures par les procédés créés en 1898 par Hans Goldschmidt et que l'on désigne sous le nom d’aluminothermie.