PROCÉDÉ MINET
Le procédé Minet offre un intérêt scientifique considérable. D'une part, le procédé Minet est le seul procédé électrolytique qui ait fonctionné en grand; d'autre part, Minet, comme Sainte-Claire Deville, a fait précéder l'installation industrielle de ses procédés de leur étude scientifique et a publié ses résultats sans en rien cacher (?), différant totalement ainsi des autres ingénieurs.
Une première installation a élé faite à Paris, impasse du Moulin- Joli, de mars 1887 à mars 1888; on y a procédé à des études et onn'y a fabriqué que 500 kilogrammes d'aluminium et 1500 kilogrammes d'alliages. Une installation plus importante a ensuite été établie à
@) Mixer, L'aluminium, Paris, 1892, Bernard Tignol, p. 150. (@) Mixer, Comptes rendus, 410, p. 342 et 1190, 1890; Comples rendus, 414, p. 603, 1890: Comples rendus, 412, p. 231, 1891.
Creil et a fonctionné de 1888 à 1891. Elle à été remplacée par l'usine établie à Saint-Michel (Savoie). Toutes ces usines élaient dirigées par MM. Bernard frères. U
Après un choix raisonné, Minet a adopté, pour la composition du bain, un mélange de chlorure de sodium etde cryolithe dont la composition répond à la formule 12NaC1+ AËF6,6 Na F. Le point de fusion de ce mélange est 675°; sa densité à 829° est 1,76; la conductibilité électrique à 870° est 3.1. Il n'émet pas de vapeurs jusqu'à 1056°.
Pendant l'électrolyse, il se forme au pôle négatif de l'aluminium et au pôle positif du fluor et du fluorure de sodium. Le fluorure d'aluminium est détruit d’une façon continue; aussi, pour que le bain ne cesse pas de se prêter à l'électrolyse, faut-il en maintenir la composilion constante; ce à quoi on parvient, soit en y ajoutant du fluorure d'aluminium, soit en yajoulant de l’alumine qui, au contact
du fluor mis en liberté à l’électrode positive, se transforme en fluorure d'aluminium
ALOS + 6F — AFS + O5.
Ces additions sont faites assez fréquemment pour maintenir le niveau du bain constant.
Parallèlement à l'étude de l’électrolyte, Minet a étudié la nature des cuves à employer pour l’électrolyse. Il est de toule nécessité que la cuve ne soil pas attaquée par l’électrolyte; or, aucune substance, autre que le charbon aggloméré, ne résiste aux fluorures fondus. Minet a résolu le problème en employant une cuve parallélépipédique en fonte, établie en dérivation sur l’électrode négative par l'intermédiaire d’une résistance, calculée pour que 95 pour 100 du courant passent dans l’électrolyte et 5 pour 100 dans la cuve. Au moyen de cet arlifice, les parois intérieures de la cuve sont continuellement recouvertes d’une couche d'aluminium infiniment mince qui les protège contre l’action corrosive du bain. Les électrodes positive et négative sont conslituées par des prismes de charbon aggloméré suspendus dans le bain; sous la cathode se trouve disposé une sorte de creuset qui reçoit l'aluminium formé. Cet appareil est figuré dans Minet page 161.
La force électromotrice aux électrodes est voisine de 5 volts et l'intensité généralement voisine de 1000 ampères.
PROCÉDE COWLES(!)
Lespremiers fours Cowles furent installés à Cleveland (Ohio) l'usine fut ensuite transférée à Lockport (N. Y.). La première installation de ce procédé en Europe est celle de Milton (Staffordshire).
Dans ce procédé, qui utilise de hautes tensions, l’alumine est fondue par l'arc, puis réduite par le charbon, suivant les uns, dissociée en ses éléments, aluminium et oxygène, suivant les autres. Dans le premier cas, on a :
ABOS + 5C =-5CO0 + 2AI.
Si, en effet, la production de l'aluminium était due à l’électrolyse, elle ne se ferait que par action d'un courant continu; or, on a constalté un très bon rendement en employant un courant de 900 ampères, une force électromoltrice de 50 volts et 1100 alternances par minute. Par ce procédé, on produit des alliages et non de l’aluminium pur.
Les fours sont construits en briques réfractaires, avec des dimensions de 60><20><36 pouces. Aux deux extrémités, pénètrent, à travers un tube de fonte, les électrodes qui sont des faisceaux de 9 charbons de 2? pouces 1/4 chacun, fixés par leur base dans une garniture de fonte ou de cuivre. Cesélectrodes peuvent être rapprochées ou écartées à volonté.
On commence par recouvrir le fond du four, d’une couche isolante de charbon de chêne qu'on a broyé à la meule, trémpé dans un lait de chaux et fait sécher dans un tambour tournant chauffé à vapeur, puis sur des plaques de fer chaudes.
On introduit alors dans le four une forme rectangulaire en tôle, sorle de boîle sans fond ni couvercle, échancrée à l'endroit où se trouvent les électrodes. Tout l'intervalle compris entre la tôle et la paroi du four est garni de charbon calcaire, Landis qu'on introduit dans la boîte la charge à réduire, c’est-à-dire un mélange d’alumine, de charbon et du métal qui doit entrer dans l’alliage, eton relire avec précaution la forme en tôle. Au moyen de cet artifice, la charge se
RE
(!) CowLes, % Brevet, Moniteur scientifique, p. 162, 1884. — DaGGEr, Chemical News, 45, p. 211 et 225, 1889.
trouve séparée des parois du four par une couche uniforme de malière protectrice.
Le lout étant recouvert de charbon et le fourneau élant fermé par un couvercle en tôle, percé d’un trou pour l'échappementdes gaz, on débute par un courant de 3000 ampères qu'on porte peu à peu à 5000. ILs'échappe un mélange d'acide carboniqne, d'azote et de carbures; le métal fondu gagne le fond du four. L'opération dure une heure et demie. Dès qu'elle est terminée, on fait passer le courant dans un autre four, en sorte que l'opération est continue.