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COMBINAISONS DE CHLORURE D'ALUMINIUM ET D'AMMONIAC

C'est bien à cette place, c'est-à-dire après les hydrates, que doivent être décrits ces composés. En effet, d’après une théorie récente et qui à été surtout établie par M. Franklin (!)}, les combinaisons des chlorures, bromures el iodures métalliques avec l’ammoniaque sont tout à fait analogues aux combinaisons des mêmes chlorures, bromures et iodures avec l’eau. L’ammoniac Joue dans ces composés le même rôle que l’eau de cristallisalion el peut être uommé ammoniac de cristallisation.

Persoz (?), en 1830, admettait l'existence d’une combinaison de formule APCIS,6 Az H°. Rose en 1852 (5) admettaiten plus l’existence d’un composé APCIS,2AzH5. Stillmann et Yoder (‘) ont préparé le composé Al CI5,12 Az.

M. Baud (*) a fait de ces combinaisons une étude d'ensemble qui ne laisse rien à désirer.

1° A CI, 19 Az H°. — Quand on fait passer pendant très longtemps du gaz ammoniac sur un poids donné de chlorure d'aluminium placé dans un petit ballon, on observe d'abord un fort échauffement et la liquéfaction de la masse. La réaction se ralentissant, la masse se refroidit, reprend l'état solide et continue à absorber le gaz ammoniac jusqu'à ce qu'elle ait pour composition A CIS,12 AZI. Le composé ainsi produit constitue une masse blanche ne perdant pas de gaz ammoniac à froid.

AlCISsol. + 12A7 HEgaz. — AI2CIF,12AzHSs0ol, + 26841,95.

(*) FRANKLIN, Journ. of the amer. Chem. Soc., 29, 55, 1907, (@) Persoz, Ann. de Chim. et de Phys., (2), 44, p. 519,

() Rose, Aun. de Clum. el de Phys., (2), 54, p. 28, "832. ne (*) Srismanx et YopEr, Amer. Chemical Journal, 47, p. 748. G\ Baup, lor. vil.

90 AP CI, 18 Az H5. — Si l'on dirige sur le corps Al? CIS,12Az EP refroidi vers — 50° un courant de gaz ammoniac el si, laissant légère ment remonter la température, on provoque le départ de l'excès d'ammoniac liquéfié, on obtient le composé AP CI, 18 AZ,

ABCIsol. + 18AzH5gaz. — AICIS,18Az H°sol. + 517%, 85.

Ce corps se décompose dès la température où il se forme. M. Baud en a déterminé la tension de dissociation; elle devient égale à la

pression atmosphérique à la température de — 14,6. 5° APCIK,6AzH#, etc. — D'après M. Baud, le composé

APCE, 12 Az H5 porté à des températures croissantes perd de l'ammoniaque et donne naissance à de nouvelles combinaisons qui semblent être des composés définis, si l’on en juge par la constance que conserve leur composition lorsqu'on maintient pendant longtemps la température à laquelle elles se forment.

Ainsi, chauffé au bain d'huile, il fournit le composé AP CIS, 10 Az: celui-ci chauffé au bain d'alliage un peu au-dessus de 275° donne APCI,6AzH%. Enfin, AFCI,6AZH*, dans un courant d'hydrogène, perd encore de lammoniaque: il reste, après l'action, un composé de formule Al CI°,24A7 H% ou 3APCIS,7AzH% qui fond vers 280° et distille vers 4009.

OXYCHLORURES D'ALUMINIUM.

Malgré les travaux de nombreux chimistes, les connaissances que l'on possède sur ce sujet ne sont nullement satisfaisantes.

Oxychlorures anhydres. AP CI ,(AP O5)". — Hautefeuille et Perrey (!) ont obtenu des oxychlorures par voie sèche. Ils chauffaient au-dessous du rouge un lingot d'aluminium dans un courant d'oxygène: puis, l’oxygène continuant à passer, iis faisaient arriver en même temps que lui des vapeurs de chlorure d'aluminium. Le lingot devenait incandescent et se délitait de la surface au centre en se transformant en feuillets d’oxychlorure. La composilion du produit obtenu varie avec la température à laquelle il s’est formé; cependant, d'après Hautefeuille et Perrey, on peut admettre comme probable l'existence d’une série d’oxychlorures contenant pour une molécule de chlorure d'aluminium de 2 à 8 molécules d'alumine.

ES me

(0 MaurerEuILLE et PErrey, Comptes rendus, 400, p. 1219, 188.

Ges oxychlorures amorphes sont dédoublés par l’eau en chlorure d'aluminium el alumine; ils perdent la totalité de leur chlorure d'aluminium au rouge vif.

Oxychlorures hydratés (AP CI ,19 H20)[AF(O H}°}". — Graham (!) à montré qu'une solution de chlorure d'aluminium peut dissoudre abondamment l’alumine. Liechti et Suida (?) ont affirmé l'existence d'un certain nombre d'oxychlorures hydratés; mais, comme ils ne les ont obtenus qu’en solution, leur travail est sans valeur. Tomasi (?) a obtenu par action de l’aluminium sur le chlorure de cuivre hydraté le composé APCE, Al(OH),12H°0.

M. Baud (loco citato) admet que les oxychlorures d'aluminium hydratés peuvent êlre considérés comme des combinaisons de l’hydrate APCI,12H20 avec l'hydrate d'alümine Al(OHY. Il admet l'existence des oxychlorures suivants :

3(AËCIS, 12H20), AP (O Hÿ6.

2(APCI,12H20),5 AP (0 HY.

(ARCI ,12H20),3Al2(0 Hi.

2(ABCIS,12H20),5 AP (O H.

Mais il faut remarquer que l'existence de ces composés est basée sur des données lhermochimiques plutôt que sur des caractères disünclfs inébranlables.

BROMURE D'ALUMINIUM ANHYDRE, AlËBr.

Théoriquement, on doit pouvoir préparer le bromure d'aluminium anhydre en suivant la méthode d'OErsted, c’est-à-dire en faisant passer de la vapeur de brome sur un mélange d’alumine et de charbon porté au rouge. Lœwig(‘) affirme en avoir préparé par cette méthode, mais, au lieu de recueillir le bromure formé à l’état anhydre, ilen a démontré simplement la formation en reprenant la masse par l'eau, ce qui lui fournissait une solution de bromure d'aluminium.

Le bromure d'aluminium anhydre a été préparé par Rudolph Weber () par combinaison directe du brome et de l'aluminium, combinaison qui se fait avec incandescence.

() GRranam, Ann. de Chim. el de Phys., (3), 65, p. 175, 1862,

@) Lixcuri et Suipa, J. Soc. Chim. Ind., (2), p. 599.

@) Tomast, Bulletin Soc. Chimique, (2), 37, P. 445, 1882. |

(4) Lowic. Das Brom und seine chemrischen Verhallnisse. Heidelberg, 1829

DATE k 6) Wrrer, Ann. de Poggendorff, 403, p. 264. IRDK.

Dans un tube de verre, de 7 à 8 pouces de longueur, fermé à un bout et coudé en son milieu, il verse de la poudre d'aluminium. Il enfouce le tube dans du sable sec, puis, à l’aide d’une pipette à orifice étroit, il ajoute lentement du brome en le faisant couler le long des parois. La combinaison se produit et le sable, agissant comme réfrigérant, assure la condensalion du bromure formé. L'aluminium ayant élé employé en léger excès, on scelle le tube et constitue ainsi une sorle de tube de Faraday. On chauffe la branche qui contient l'aluminium, le produit distiile eL se condense dans l’autre branche; on le fait repasser dans la branche contenant l'aluminium et le redistille jusqu'a ce qu'il ne soil plus coloré par le brome libre.

Sainte-Claire Deville et Troust (!) ont préparé un peu plus lard du bromure d'aluminium pour la délermination de la densité de vapeur. Ils employaient la même méthode et purifiaient le bromure en faisant passer ses vapeurs sur de l'aluminium porté au rouge.

Le procédé de préparation indiqué par Gustavson(?) semble demander moins d'habileté de la part de l'opérateur et être moins dangereux. Il produit un courant continu de vapeur de brome en laissant couler goutle à goulle du brome dans un ballon chauflé à 100°-120° dans un bain de paraffine. Il dirige ensuile cette vapeur sur de l’:luminium en feuilles placé dans un tube à combustion de 40 à 50 centimètres de long ct de 15 millimètres de large, légèrement incliné de façon que le bromure formé s'écoule dans une cornue qui est placée à sa suite. Enfin, il redisulle le bromuie d'aluminium dans cette cornue en rejetant.les premières portions colorées par du brome.

Propriétés. — Le bromure d'aluminium anhydre est incolore et crislallisé. La forme cristalline n’a pas été déterminée. Il est plus déliquescent encore que le chlorure. 11 fond à 93", mais il est suscepüble d'une surfusion prolongée bien au-dessous de cetle température, à laquelle la masse revient lorsque la solidification s'opère. Sa densilé à l'état solide est 2,54, d'après une déterminalion faile dans l'huile de naphie par Devilie et Troost.

Son point d'ébullilion esL 2649,

Sa densilé de vapeur déterminée par les mêmes savants dans la vapeur de soufre (440°) est de 18,62 et correspond à la formule AP Br.

(!) Devizce et Troosr, Ann. de Chim. et de Plhys., 38, p. 279, 1860. (®) GusTAvsON, Chemische Centralblutt, 4, p. 814, A9u1.

Sa chaleur de formation est 139«1,6.

Le bromure d'aluminium se dissout dans l’eau avec une forte élévalion de tempéralure; il est soluble dans le sulfure de carbone. Il possède des propriélés très voisines de celles du chlorure d'aluminium el la même tendance à former des combinaisons moléculaires avec les bromures métalliques, avec l’ammoniaque et beaucoup d'autres corps. Toutefois, ces combinaisons ont été moins étudiées.

Ainsi, Weber a observé, qu'il absorbe le gaz ammoniac en se boursouflant et se transformant en une poudre blanche et qu'il se combine à l'hydrogène sulfuré à chaud, mais il n’a pas analysé ces coimbinaisons. |

Helle et Urich(!) ont décrit une combinaison de formule APBrf,Br$,2CS° et Plotnikow (?) une autre formule AP Br°, Br‘, CS?, qui seraient des combinaisons de sulfure de carbone et de perbromure d'aluminium.

BROMURE DOUBLE D'ALUMINIUM ET DE POTASSIUM, AlBrt,2K Br.

Ce composé se prépare en fondant dans un tube scellé du bromure de potassium avec un léger excès de bromure d’aluminium et éliminant ensuile par une plus forte élévation de température l'excès de bromure d'aluminium.

Il est analogue par ses propriétés au chlorure double correspondant.

BROMURE D’ALUMINIUM HYDRATÉ, Al2Br6,12H20.

Ce bromure hydraté semble avoir été préparé pour la première fois par Berthemot(®) qui, en dissolvant l’alumine hydratée dans l'acide bromhydrique, obtenait une solution aqueuse de bromure cristallisant en aiguilles courtes, très déliquescentes. Berthemot n’a pas analysé le corps obtenu.

Weber (Loc. cil.), en dissolvant le bromure anhydre dans l’eau et évaporant à froid la solution, a également obtenu des cristaux en aiguilles qui, essorés par expression et séchés dans le vide, répondaient à la formule APBrf,12H?0.

@) Hezce et Uricu, Berichte der deutsch. Chem. Gesell., 45, p. 275, 1882. () PLornikow. Journ. Soc. Ch. Russe, 33, p. 429, 1901. (2) BeRTHEMOT, Ann. de Chim, el de Phys., (2), 44, p. 394, 1850.

Paufilloff (!), en refroidissant l’eau mère de l'hydrate Al:Br°;121°0, aurait obtenu l'hydrate APBr°,15H°0, résultat qui demanderait à être confirmé, à cause de l’analogie du bromure avec le chlorure d'aluminium, qui donne un hydrate à 18 molécules d'eau dont l’exis-

lence est cerlaine.

IODURE D'ALÜMINIUM ANHYDRE, Al1I°.

D'après Weber(?), la formation de l'iodure d'aluminium par action de l’iode sur un mélange d’'alumine et de charbon est impossible. Pour préparer ce corps, il a recours à l’action directe de l'iode sur l'aluminium métallique. Dans un tube de verre de 7 décimètres de long, fermé à un bout, il fait passer une partie de limaille d’aluminium, puis au-dessus 10 à 11 parties d’iode. La réaction est presque nulle à la température ordinaire; mais, si l’on chauffe avec précaution, la combinaison se produit avec développement de chaleur el de lumière. L'aluminium métallique ayant été employé en léger excès, on chauffe de nouveau très légèrement, ce qui élimine l’iode libre. L'iodure d'aluminium reste sous forme d’une masse cristalline d’un blanc sale.

Pour le purilier, Weber courbe le Lube à la lampe et il chauffe l'iodure qui, après avoir fondu, entre en ébullition et se sublime sous forme de feuillets d’un blanc éclatant dans les parties froides.

Sainte-Claire Deville et Troost(?) l'ont préparé par la même méthode pour en déterminer la densité de vapeur.

L'iodure d'aluminium peut également être préparé en laissant en contact pendant deux jours un mélange en proportions convenables d'aluminium pulvérisé el d’iode avec 3 parties de sulfure de carbone, le mélange élant maintenu au froid. Après quelques jours, il ne reste qu’à chasser le sulfure de carbone; toutefois, l’iodure obtenu ainsi est toujours chargé d’iode libre (Gustavson) (i).

Propriétés. — L'iodure d'aluminium anhydre est une matière solide, incolore et fusible à 125°. Il est cristallisable par fusion. Sa densité à l'état solide est 2,63. IT bout à 360%. À quelques degrés au-dessus de cette température, la vapeur d’iodure d'aluminium mélangée

(!) PAUFILLOFF, J. Soc. Ch. Russe, 27, p. 717, 1895.

;) WEBER, Ann. de Poggendorff, 401, p. 465, 1857.

#) Device et TroosT, Ann. de Chim. et de Phys., (3), 58, p. 257, 1860 ) G 5 s .

( { (*) GusraAvsoN, Ann. de Liebig, 472, p. 173, 1874.

ALUMINIUM ET COMPOSÉS. al

d'air détone à l'approche d'un corps enflammé, en sorte qu'il pourrait survenir des accidents si on ne prenait la précaution de le disüller dans un gaz inerte.

Sa densité de vapeur a élé délerminée par Deville et Troost dans la vapeur de soufre et trouvée par eux de 27, alors que la densité calculée correspondant à la formule API est 98,3.

L'iodure d'aluminium est soluble dans l'eau avec dégagement de chaleur, dans l'alcool absolu et dans le sulfure de carbone. Chauffé à l'air, il se décompose en donnant de l'iode libre.

1 semble différer très notablement par ses propriétés chimiques du chlorure et du bromure. Ainsi, il ne se combine ni à l’'ammoniaque ni à l'hydrogène sulfuré.

On connaît un iodure hydraté de formule API5,12 H20.

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