AL/.IKE
Quand Monlèze, Alvarez, j)('nt-<^ire un «lieu Yon.:eur, Nos chrétiens, ma faibles^', au li^nple m'ont conduite, Sûre de ton trépas, à cet liymon réduite;, Enrlialnéc à Gusman par des nœuds éternels, J'adorais ta mc-moire au pied (h; nos autels. Nos peuples, nos tyrans, tons ont su que je t'aime: Je l'ai dit i\ la l(îrre, au ciel, ii Gusman nit^mc; Et dans l'alTreux moment, /aiiiore, où j(; le vois. Je le le dis encor pour la dernit^re fois'.
ZAMOUF.
Pour la derni('>re fois Zamore t'aurait vue!
Tu me serais ravie aussitôt (juc; icndue!
Ah ! si l'amour encor le parlait aujourd'hui!...
ALZUIE.
0 ciel ! c'est Gusman môme, et son père avec lui.
SCÈNi: V.
ALVABEZ, GUSMAN, /AMOHE, ALZIRE, suite.
ALVAREZ, n snn fils.
Tu vois mon bionfailenr, il est auprès d'Alzire.
(yi /tiuKtre.) n loi ! jeune héros, loi par (|ui je respire. Viens, ajoute à ma joie en cet auu'uste jour'; Mens a\cc mon cher (ils partager mon amour.
ZAMORE
Qu'entonds-Je? lui, Gusman! lui, ton Jils, ce barbare?
thaiiU9,c(iininp l'entretien do Uodrijjue et de Chiniènoapr^g la mort
(lu lomii-, (!t Voltaire |»iiniil s'revrr an iiivfuii île ««om n.odèle.
1 rom ce iiinrci'uu est iKliimahle. Tnu.i ont au iiue ;c t'aime . coinnie 11) |irést'rii qui l.iuvf In niuiiuiiaire iX|tiiiiie H«IMeiiieiil Im [utHsiuiil A Gustnitn mnn tsl suMirnt'.
5 la silimlum rsi ilranmiKiiie , iiiuik on regrette «prelle roiI Miiiefiec par mm d'invr;iiseiiil>laiic«'B el ({u'Alvarcz ae serve di» loeiuiniig HiiH>«i luiiguiiiHuiiictf quc cello ci : • Ajoiiie à ma ji)ie en cet auyualo jour. *
Ciel! détourne les coups que ce moment prépare!
ALVAREZ
Dans quel étonnement...
ZAMORE
Quoi ! le ciel a permis Que ce vertueux père eût cet indigne fils?
Gl]^MA^,
Esclave, d'où te vient cette aveugle furie? Sais-tu bien qui je suis?
ZAMORE
Horreur de ma patrie!
Parmi les malh.eureux que ton pouvoir a faits, Connais-tu bien Zamore, et vois-tu tes forfaits?
GUSMAN
Toi !
ALVAREZ
Zamore !
ZAMORE
Oui, lui-même, à qui ta barbarie Voulut ôter l'honneur, et crut ôter la vie; Lui, que tu fis languir dans des tourments honteux. Lui, dont l'aspect ici te fait baisser les yeux '. y"
Ravisseur de nos biens, tyran de notre empire, ^ ■
Tu viens de m'ariacher le seul bien où j'aspire. /'o)'\ Achève; et de ce fer, trésor de tes climats, .^^
Préviens mon bras vengeur, et préviens ton trépas. La main, la môme main qui t'a rendu ton père, Dans ton sang odieux pourrait venger la terre : Et j'aurais les mortels et les dieux pour amis, En révérant le père et punissant le fils.
ALVAREZ, à Gusman, De ce discours, ô ciel ! que je me sens confondre! Vous sentez-vous coupable, et pou vez-vous répondre*?
1 Ce vers est d'une grande beauté, tl exprime la supériorité de Zamore sur Cusman el la confusion de cet orgueilleux vainqueur devant un esclave. Les traits de ce genre, et ils sont rares, sont toujours accueillis avec Iranspurl.
2 11 est au moins étrange qu'Alvarez ait ignoré jusqu'alors les cruautés de son fils.