‹ Alzire, tragédie;Chapitre 8 sur 50 · ACTE I, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV

Par la main du devoir est à jamais tracée ' ; Ce monde Rémissant le pn>sse d'y courir. Il n'espère (|u'en loi : voudrais-Iule Irahir? Apprends à le dompter.

ALZIRE

Quelle science, hélas !

Faul-il apprendre à feindre?

SCKNK V.

GUS.\IAN, ALZIUE.

GUSMAN

J'ai sujet de me plaindre Que l'on oppose encore à mes empressements l/offeiisanle hauteur (](! ces reiardements'. J'ai suspendu ma loi prOle à punir l'audace De tous ct's ennemis dont \ous vouliez la i;râce : Ils sont en liberU: ; mais j'aurais à rougir Si ct! faible ser\ice eût pu ^ous atieiulrir. J'attendais euror moins de mon pouvoir suprême; ^ - J(î xoulais vous dfvoir à ma llamme, à vous-mânie: Et je ne pensais pas, dans mes vœux satisfaits, Que ma félicité vous coûtât des regrets.

ALZn«F.

Que puisse seulement la colère céleste

Ne pas rendre ce jour h tous les deux funeste !

Vous voyez (juel cUVoi me trouble et nie confond :

Il |)arle dans mes yeux, il est pciiil sur mon front.

Tel ( si mon caraclére : et jamais mou \isage

N'a iW. mon cœur encor démenti le langage.

Qui peut se déguiser |)ourrail Irahir sa fol;

CVm un an de l'Hurope : il n'«'st pas fait pour moi' 3

i l'i'ul-tiii (Ure tracer une carrière , comme on dit tracer uui route '^

'i On pciil lomparer eu déhiil avec; eolui de lu sfèu"' qu'Orosiiiuiie oiivri' iMir ces mois : /'iirai.tses. tout csi prét.on vorr» cotnmeiil lu liitToreiiic des siMiliiiieiils «'i des car.n-Ures modille le lungu({e des pcrsoiimigt-s dans une siUialioii sendiUil)lc.

3 Orosinune dit a /une :

l.'»rt u'atl pa* fait peur loi , lu u'en nt pat batuia

20 ALZIRE

GUSMAN

Je vois votre franchise, et je sais que Zamore Vit dans votre mémoire, et vous est cher encore. Ce cacique obstiné, vaincu dans les combats. S'arme encor contre moi de la nuit du trépas. Vivant, je l'ai dompté : mort, doit-il être à craindre? Cessez de m'offenser, et cessez de le plaindre ; Votre devoir, mon nom, mon coeur, en sont blessés; Et ce cœur est jaloux des pleurs que vous versez.

ALZIRE

Ayez moins de colère et moins de jalousie; Un rival au tombeau doit causer peu d'envie : Je l'aimais, je l'avoue, et tel fut mon devoir ; De ce monde opprimé Zamore était l'espoir : Sa foi me fut promise, il eut pour moi des charmes, 11 m'aima : son trépas nie coûte encor des larmes. Vous, loin d'oser ici condamner ma douleur, Jugez de ma constance, et connaissez nion cœur : Et, quittant avec mol cette flerté cruelle, Méritez, s'il se peut, un cœur aussi fidèle.

Page 1