SCENE X
LE DUNOIS, GRIFFART. Griffart entre.
GRIFFART
Présent!. . .
LE DUNOIS
Approche, on pourrait nous entendre!
(A l'oreille.)
De Latour est à nous, il faut savoir le prendre.
Te souvient-il des feux qui vous intriguaient tous?. .
GRIFFART
Les signaux de l'Anglais!
LE DUNOIS
Je fus au rendez-vous, L'amiral approuva toutes mes exigences.
Sur le prix débattu, prends ces quelques avances,
(Il sort de son pourpoint une bourse qu'il donne à Griffai!.)
Argent de bon aloi, pour toi ces mille francs! Demain, le double si les siens sont triomphants. Mais pour gagner cet or, il ne faut de clémence, Il faut tuer Latour. — Ton rôle ici commence. Lorsque vers cet endroit tu l'entendras venir, Sors ton stylet. . .
GRIFFART, ricanant.
Compris, l'heure de tout finir!
LE DUNOIS
Nous fuyons, un canot amarré dans une anse Nous attend, et demain. . . à nous la récompense! Demain, Je serai chef; maître de ce rempart. . .
Moi, vengé!. . .
GRIFFART
LE DUNOIS
Tu seras mon lieutenant, Griffart.
Oh! ne le manque pas!
GRIFFART, la main au cou.
La veine jugulaire, TTn râle, c'est fini, c'est le coup populaire!
LE DUNOIS
Bravo!
(Le Dunois va pour ?e retirer.)
GRIFFART
Sergent, \n\ mot.
LE DXINOIS.
Mais certes!
GRIFFART
Le métier Est un jeu périlleux.
LE DUNOIS
Eh bien?
GRIFFART
Lis eè papier. . .
LE DUNOIS, intrigué, prend le papier que lui présente Griffart.
Un écrit. . .
(Il lit.)
Tu voudrais!
GRIFFART
Oui, je veux que tu signes. . .
LE DUNOIS
Ce papier?. . . Jamais!
GKIFFAKT
Bien! redonne-moi ces lignes.
Voici tes mille francs, trop chiches ces appâts.
LE DUNOIS
Et ta vengeance, donc!
GEIFFART.
Tu ne paraphes pas?
LE DUNOIS
Griffait, mais. . .
GRIFFART va pour se retirer.
Adieu, frère, entre seul dans la lice.
LE DUNOIS, à la cantonade.
La brute!. . . •
(Naturel.)
Donne donc!
(Il signe son nom.)
Es-tu content, complice?
((Jriffart regarde l'écrit et le serre soigneusement sur sa poitrine.)