‹ Amador de LatourChapitre 39 sur 50 · DE LATOUR, LE DUNOIS, DUBOSQ · texte numérisé non relu

DE LATOUR, LE DUNOIS, DUBOSQ

Ainsi, Griffart emporte son secret, Nous restons sans savoir quel complice il aurait.

LE DUNOIS

Ce vieillard a rêvé, sa parole m'outrage.

Dubosq, que signifie un semblable langage?

Sans preuves, vous blessez cet homme, un fier soldat;

Il a sauvé mes jours; finissons ce débat.

Vous l'accusez, prouvez!

LE DUNOIS

Gratuite flétrissure!

DUBOSQ.

Oui, j'accuse cet homme et je suis en mesure De prouver l'attentat de ce vil spadassin.

LE DUNOIS

Vos preuves?. . .

DUBOSQ.

Les voici :

(A cet instant Griffart, les habits déchirés, la figure en sang, entre soutenu par le Renard; à pas saccadés il se dirige sur le Dunois qui recule et pâlit. Galaise entre avec deux soldats.)

SCENE XI LES MÊMES, plus GRIFFA RT et le RENARD. LE DUNOis, en apercevant son complice, s'écrie effaré. Lui, Griffart!

GRIFFART

Assassin!

LE DINOIS.

Les morts reviennent donc. . . .

GRIFFART, parlant dun ton saccadé.

Sur le seuil de ma [tombe Où je descends bientôt, une tâche m'incombe: Réparer en entier le mal que j'ai commis. Le Dunois, tu croyais tes crimes endormis En me précipitant dans ces fosses profondes; Le Dunois, tu croyais les noyer sous les ondes, Mais il existe un Dieu: le Renard qui veillait, M'a sauvé du trépas pour clamer ton forfait Et démasquer enfin ton hidevix artifice.

LE Dl'NOIS.

Infâme scélérat, de quel noir maléfice M'accuses-tu?. . . Ma main sauvait le commandant.

GRIFFART

Et cette même main m'avait payé comptant Pour le frapper.

LE DUNOIS

Tu mens!

GRIFFART

Assez de comédie!

Confesse, le Dunois, ta noire perfidie.

, LE DUNOIS

Je ne te connais pas.

GRIFFART, tirant un papier.

Et ce papier, bandit.

Que tu m'as quémandé ? Lisez . . .

(Il passe le papier à de Latour.)

LE DUNOIS s'élance pour arracher le papier.

Papier maudit!

Vous ne le verrez pas!

LE RENARD, s'élançant entre de Latour et le Dunois.

Si le reptile avance, Je lui brise les dents!

(Deux soldats s'emparent de le Dunois.)

Votre mâle assurance . . .

Vous quitte, mon ami.

LE DXTNOIS.

Malheur à toi. vieillard!

DE LATOUR, COUllOUCé.

Enfin la vérité m'apparaît sur le tard. Aveugle que j'étais!. . . cet écrit vous accuse Et me dévoile enfin la scélérate ruse.

En ces murs, tu Jetais le venin du poison, Dans les ombres tramant ta lâche trahison. Tu paieras par la mort ta noire perfidie.

LE RENARD

Mort au chien!

Sous mes yeux, jouant la comédie.

Tu te fis applaudir pour un brave guerrier. Je te pressais la main, la main d'un meurtrier. Trafiquant! tu vendais tes frères de bataille. Pour recueillir demain l'or anglais.

DITBOSQ.

Valetaille

Tu tramais notre perte et, ton plan écroulé. Tu poignardes Griffart pour n'être dévoilé; Et tu venais ramper comme un fauve reptile, Prêt à mordre la main qui te donnait asile. (Désignant Dubosq.)

Tu bavais sur cet homme, un cœur noble et sans

[peur.

(Désignant Griffart.)

Tu frappais ta victime. A genoux, vil trompeur!

LE DUNOIS

M'agenouiller, jamais! ah! je n'ai repentance. Je puis rester debout pour savoir ma sentence. Je te hais, de Latour, sois content! j'ai perdu. . . Tu riras sur mon corps au gibet suspendu, Mais avant de mourir, je veux te broyer l'âme, Y faire entrer mon fiel.

Que veux-tu donc, infâme?

LE DUNOIS

Me rire de tes pleurs et tomber satisfait.

Un tiers — tu le connais — me payait mon forfait.

Tu chercherais en vain à disculper tes crimes, A vouloir impliquer de nouvelles victimes.

LE DUNOIS

Payé rubis sur l'ongle, écoute ... on me comptait Ton fort, tes pouvoirs si Grifïart t'exécutait. . . Parle, assassin! dis-nous le quantum de la vente: Deux mille francs, quel prix!. . .

Judas!

Cet homme invente.

LE DUNOIS

Sais-tu qui m'employait?. . . l'homme porte fleuron, n te touche de près, c'est un noble baron!. . .

Grands dieux, se pourrait-il?. . .

LE DXJNOIS.

Tu perces le mystère:

L'auteur premier du coup.. . .

DE LATOUR, le désignant.

C'est toi, toi!

LE DUNOis, ricanant.

C'est ton père!

Tu mens!

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