‹ Amador de LatourChapitre 9 sur 50 · DUB08Q · texte numérisé non relu

DUB08Q

Se repentir. . . Grilïart? Je l'en crois incapable. C'est un Basque, et toujours j'ai craint ce bras

[coupable.

Vous êtes méfiant.

dx:bosq.

De cet esprit sournois.

Oui; j'observe en dessous cet homme et le Dunois. Ils ont l'allure louche et recherchent les ombres.

Vous avez, cher Dubosq, les pressentiments sombres. Griffart n'était-il pas un combattant zélé, Toujours prêt à la lutte avant ce démêlé? Il semble repentant depuis son escapade. Désireux d'effacer cette folle incartade.

DUBOSQ.

Hier encore, on a vu son ami le Dunois,

Hors ces murs, se glisser, craintif, en tapinois!

Pour accomplir mon ordre: il veille l'atterrage. Profitant de la nuit pour mieux faire l'ouvrage.

DUBOSQ.

Plaise au Ciel que jamais ces êtres dangereux. . .

Crovez-vous. . .

DUBOSQ.

De trahir, je les crois désireux.

DE LATOCK.

Assez! un traître ici!. . . des lâches sous l'armure! Mes braves compagnons que je vois sans murmure, Accablés de fardeaux, à la mort exposés, Griiïart et le Dunois, ces cœurs que vous blessez; Des traîtres, eux?. . . Oh non! demain sur la falaise, Xous les verrons sourire à la mitraille anglaise Et, comme des blés mûrs, tomber au premier rang, Le regard au drapeau rougi de notre sang.

DUBOSQ.

Amador, l'amour seul a dicté ma parole. Vous fûtes, jeune enfant, docile à mon école; Je vous enseignai l'art d'amorcer les fusils, Contenir un coursier, vous rire des périls. Xous quittâmes Paris; votre père, en alarmes, Me confia le soin de veiller sur vos armes, Et c'est pour obéir que je veille partout Sur le salut commun, sur le vôtre surtout.

Merci, cher Dubosq, mais votre sollicitude Vous plonge sans raison dans cette inquiétude. Il est un ennemi bien plus à redouter. Qui braque ses canons prêts à nous molester : Regardez les Anglais. . .

GLARNON.

Nous saurons leur répondre.

D'où viennent ces vaisseaux?

DE LATOUK.

Probablement de Londre, De Sterling ne fait plus à personne un secret De posséder ce sol par un royal décret. Il vient nous ordonner de quitter ces murailles; Nous saurons l'accueillir au bruit de nos mitrailles. Oh! vous verrez, Dubosq, nos cousins les Anglais Seront loin de trouver chez les miens leurs valets.

DUBOSQ.

Je le souhaite, mais J'ai l'oreille attentive, L'œil ouvert, épiant la moindre tentative.

LE RENARD

Mon frère à cheveux blancs sur ce bras peut comp-

[ter.

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