‹ Amador de Latour [microforme]Chapitre 6 sur 61 · SCENE II LE RENARD · texte numérisé non relu

SCENE II LE RENARD

Le Renard, émergeant silencieusemient de derrière un buisson, les regarde s'éloigner, -— Je chef algonquin tient un are À la main, une seule flèche est dans son carquois.

LE RENARD

| Ugh!... Le Renard a-t-il découvert quelque piste ?

Ces gens ont l'air fuyant, le regard louche et triste,

Is parlaient de l’Aiglon; un manitou méchant

Vient rôder avec eux sous le soleil couchant.

Mais j'ai le bras nerveux: alors qu'il se redresse : Les anneaux du serpent possèdent moins d'adresse. | Quand l’astre sourira sur les monts chevelus, | J’accourrai me glisser dans leurs sentiers élus.

* Si les méchants guerriers cherchent une vengeance, : J’entr’ouvrirai mes bras pour broyer cette engeance. ‘ Ugh! des bruits... [ geance.

(Il se penche, l'oreille près du sol.) Cette terre, elle ne me trompe pas:

: C’est mon frère l’Aiglon, je reconnais son pas. SCENE III \MALOR DE LATOUR, DUBOSQ. LE RENARD.

AMADOR DE LATOUR et DUBOSQ entrent en conversant.

J'ai chargé le Dunois de veiller l’atterrage, C’est un brave, alliant la prudence au courage.

Je

(Apercevant le Renard silencieux, appuyé sur son are.)

Mon frère le Renard songe-t-il aux absente?

Je le vois tout pensif...

LE RENARD

Sous les bois fleurissants, | Ye s Mon wigwam est tranquille et mes fils font la chasse.

| Mon frère était penché, cherche-t-il quelque trace? ü Sent-il les loups rôder? (Un

LE RENARD

L'enfant de la forêt Aime de ces grands bois surprendre le secret : L’haleine des esprits dans l’onde qui se sauve. ; Une branche qui ploie au passage du fauve.

(Le Le Renard est habile à dresser l’arc léger.

Et vide est son carquois, n’ose-t-il plus chasser ? LE RENARD. ! Comn

Que l’Aiglon se rappelle: un jour les Maloumines

LA oO HE PET EE LE LE pe

Avaient lancé sur moi leurs bandes de vermines. < J’avais les bras meurtris, ces chiens m’allaient [scalper ;

L’Aïglon fondit sur eux, il me fit échapper.

J’ai juré, ce jour-là, de veiller sur mon frère, De ne bander cet arc qu’en perçant la vipère

Qui mordrait ses talons ou toucherait sa main. SR J’ai dit.-—

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DUBOSQ.

Le brave cœur!

Sans cesse en mon chemin.

: Me suivant comme l’ombre...

DUBOSQ.

Ii acquitte ses dettes.

(Un cliquetis d’armes se fait entendre, des pas cadencés.) DE LATOUR, regardant,

La ronde!.

| SCENE IV LES MÊMES, plus GLARNON et SOLDATS.

(Le lieutenant Glarnon suivi d’un piquet de soldats.) GLARNON.

Commandant!

(Il salue.)

DE LATOUR, A-t-on vu nos vedettes?

GLARNON.

Oui, commandant!

TER DE LATOUR,

Et fait la ronde aux environs?

Rien d’insolite ?

GLARNON.

Rien!

Nos mousquets, les clairons, Nos artilleurs ?

GLARNON.

Sont prêts et chaque soldat raille L'Anglais, lui promettant de solide mitraille.

DIE LATOUR

Vous avez fait sortir Griffart de sa prison ? GLARNON,

Le rustre!... il méritait d'y croupir la saison, Insulter de la sorte...

Une faute légère.

Griffart a repentance, excusons sa colère, À l'heure du péril, je veux que mes guerriers S’élancent, cœurs joyeux, aux combats meurtriers. J’ai même résolu de lui rendre l'épée, Le rang qu’il a perdu par sa folle équipée.

Pour les prochains assauts, Je tiens à lui nantir L'heure de nous prouver un complet repentir.

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DUBOSQ,

Pe repentir... Griffart? Je l'en crois incapable.

C'est un Basque, et toujours J'ai craint ce bras coupable.

Vous êtes méfiant.

DUBOSQ.

De cet esprit sournois,

Oui: j'observe en dessous cet homme et le Dunois.

Jls ont l’allure louche et recherchent les ombres. DE LATOUR.

Vous avez, cher Dubosq, les pressentiments sombres. Griffart n’était-il pas un combattant zélé.

po prêt à la lutte avant ce démélé?

l semble repentant depuis son escapade, Désireux d’effacer cette folle incartade.

« DUBOSQ,.

Hier encore, on a vu son ami le Dunois, °rs ces murs, se glisser, craintif, en tapinois!

Ü DE LATOUR,

Pour accomplir mon ordre: il veille l’atterrage, Profitant de la nuit pour mieux faire l'ouvrage,

DUBOSQ,.

Plaise au Ciel que jamais ces êtres dangereux...

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Croyez-vous... D'où De trahir, je les crois désireux.

DE LATOUR, De St | De po Assez! un traître icil... des lâches sous l’armure! | L ii Mes braves compagnons que je vois sans murmure, a Accablés de fardeaux, à la mort exposés, de À Griffart et le Dunois, ces cœurs que vous blessez; Fu Des traîtres, eux?... Oh non! demain sur la falaise, Nous les verrons sourire à la mitraille anglaise Et, comme des blés mûrs, tomber au premier rang, bte Le regard au drapeau rougi de notre sang. oil DUBOSQ.

Amador, l'amour seul a dicté ma parole. Von : Vous fûtes, jeune enfant, docile à mon école: Je vous enseignai l’art d’amorcer les fusils. Contenir un coursier, vous rire des périls.

Nous quittâmes Paris; votre père, en alarmes, Me confia le soin de veiller sur vos armes.

Et c’est pour obéir que je veille partout Sur le salut commun, sur le vôtre surtout.

Merci, cher Dubosq, mais votre sollicitude co Vous plonge sans raison dans cette inquiétude. PO

Il est un ennemi bien plus à redouter, Qui braque ses canons prêts à nous molester :

Regardez les Anglais... [Un co!

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SITQUX.

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Nous saurons leur répondre.

D'où viennent ces vaisseaux ?

Probablement de Londre, De Sterling ne fait plus à personne un secret De posséder ce sol par un royal décret.

Il vient nous ordonner de quitter ces murailles; | Nous saurons l’accueillir au bruit de nos mitrailles. Oh! vous verrez, Dubosq, nos cousins les Anglais Seront loin de trouver chez les miens leurs valets.

Je le souhaite, meis j'ai l’oreille attentive, . L’œil ouvert, épiant la aoindre tentative.

LE RENARD

: Mon frère à chefeux blancs sur ce bras peut comp- [ter.

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